DE L'INFLUENCE DES MILIEUX
Tavons déjà entrevu, que la liberté de la volonté humaine est complètement anéantie. Moleschott le déclare. Non-seulement l'air que nous respirons à tout moment de notre vie modifie Tair dans les poumons, change le sang veineux eii sang artériel, non-seulement il métamorphose les muscles en créatine et en créatinine, le muscle du cœur en hypoxanthine, le tissu de la rate en hypoxanthine et en acide urique, l'humeur vitrée de Tœil en urée ; il change aussi à tout moment la composition du cerveau et des nerfs. L'air même que nous respirons change tous les jours, il n'est pas lo même dans les forêts que dans les villes, il n'est pas le même au-dessus dé l'eau que sur les montagnes, il n'est pas le même au haut d'une tour que dans la rue. Nourriture, naissance, éducation, relations, tout autour de nous roule dans un mouvement qui se communique constamment. — Toutes ces propositions sont vraies. Elles prouveni que l'homme est au sein d'un monde à Tinfluence duquel il est soumis: elles prouvent peut-être en* core que le libre arbitre n'est pas aussi absolu que certains psychologues enthousiastes l'ont avancé : elles ne prouvent pas que la volonté humaine n'existe pas.
Tous les matérialistes ne poussent pas l'excen* tricité jusqu'à affirmer que Thomme n'a pas con^ science de son existence et qu'il n'a pas davantage la liberté de ses déterminations et de ses actes. Bûchner est moins exagéré. Nous disons avec lui que l'homme est l'œuvre de la nature, que sa per-
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sonne, ses actions, sa pensée et même sa voiontè, sont soumises aux lois qui régissent TuniTers. Les actions et la conduite des individus dépendent sans contredit de leur éducation, du caractère, des mœurs et du jugement du peuple ou de la nation dont il est membre, et celte nation est à un certain degré le«produit des rapports extérieurs dans les* quels elle vit, et dans lesquels elle s'est développée . On peut par exemple remarquer avec Desor que le type américain s'est développé depuis les premiers colons anglais, il y a deux siècles et demi. Ce résultat peut être attribué principalement à Tinfluence du climat. Le type américain se distingue par le peu d'embonpoint, par le cou allongé, par le tempérament actif et toujours fiévreux. Le peu de développement du système glandulaire, qui donne aux femmes américaines cette expression tendre et éthérée, l'épaisseur, la longueur et la sécheresse des cheveux, peuvent provenir de la sécheresse de Tair, On croit avoir remarqué que l'agitation des Américains augmente beaucoup avec le vent du nord-est. Il résulte de ces faits que le développement grandiose et rapide de TAmérique serait un peu le résultat de rapports physiques. De même qu'en Amérique, les Anglais ont aussi donné nais-^ sance à un nouveau type en Australie, notamment dans la Nouvelle-Galle méridionale. Les hommes y sont très-grands, maigres et musculeux , les femmes d'une grande beauté, mais très-passagère. Les nouveaux colons leur donnent le sobriquet de Comstalks (brins de paille). Le caractère de l'An-