LA VOLONTÉ HUMAINE. — EXEMPLES
pharmacien; Faraday, ouvrier relieur; Franklin, apprenti imprimeur, Diderot, fils d*un coutelier deLangres; Cuvier, Geoffroy Saint-llilaire et cent autres; le physicien de Hautefeuille, fils dun boulanger d'Orléans; Gassendi, pauvre paysan des Basses-Alpes; Haûy, le minéralogiste, fils d'un tisserand; Bufibn, qui se faisait verger de Teau glacée sur la poitrine pour se réveiller de meilleure heure et comballre son indolence (sa santé le servit peu, quoiqu'on disent nos adversaires, et ses plus grands travaux furent accomplis pendant sa longue et cruelle maladie) ; le chimiste Vauquelin, paysan de Saint André d'Hébertot (Calvados) qui, après avoir servi comme garçon de laboratoire chez un apothicaire de campagne arriva à Paris n'ayant que son havre-sac sur le dos et un écu dans sa poche. En quoi Fazote ou le phosphore entraient-ils dans la sécrétion de la volonté de ces savants illustres, et de quqlle façon le carbone s'y prit-il pour les conduire au faite de la sphère intellectuelle? Malgré les circonstances défavorables contre lesquelles ils eurent à lutter dès leurs premiers pas dans la vie, ces hommes éminenls se firent par le seul exercice de leurs facultés une répulation aussi durable que solide et que toutes les richesses du monde n'auraient pu payer.
Citerons-nous maintenant les chirurgiens John Hunter, Ambroisc Paré et Dupuytren nés en de si humbles condiiions. On raconte de Dupuytren qu'à l'époque où il étudiait au collège de la Marche, il occupait avec un camarade d'école une
chambre dont tout le mobilier consistait en trois chaises, une table et une espèce de lit dans lequel, à tour de rôle, les deux jeunes gens reposaient. Leurs ressources étaient si minces, que bien souvent ils se virent réduits à ne vivre que de pain et d'eau. Dupuylren se mettait à l'ouvrage dès quatre heures du malin. On sait assez qu'il devint le plus grand chirurgien de soo temps. Citerons-nous encore Joseph Fourrier, fils d'un tailleur d'Auxerre ; Conrad Gesner, le naturaliste, fils d'un corroyeur de Zurich. Citerons-nous Pierre Ramus, Shakespeare, Voltaire, Rousseau, Molière, Reaumarchais, grands ouvriers de la pensée, qui renversèrent, par leur seule force mentale, les barrières que les castes sociales avaient étendues sur le peuple?
Il nous serait facile de présenter un nombre infini d'exemples de ce genre. Dans toutes les branches de l'activité humaine, sciences, beauxarts, littérature, affaires, ils sont réellement si nombreux, qu'on se trouve en présence d'un véritable embarras de richesses, et qu'il est trèsdifficile de faire un choix parmi cette foule d'hommes remarquables qui ont dû leur succès à leur ardeur au travail et à leurs patients efforts ^ Il suffit, par exemple, de jeter un coup d'œil sur le
• V. Flammarion, lez Héros du Travail^ discours d'ouverture de la fondation de rAssociation polytechnique de la Haute-Marne (18C6), et conférence faite à l'Asile impérial de Vlncennes. — On comprend que nous ne puissions ici qu'appeler l'attention sur ces faits importants, et les opposer simplement aux fautaisiet matcriaiiktcs