XVI INTRODUCTION
laisser vaincre. Nous sommes bien obligé alors de les frapper sous une tactique un peu plus rude, et de les forcer à convenir, par Targument irrésistible du plus fort, qu'ils sont effectivement les plus faibles dans cette guerre de principes ! Et au surplus, il n'est pas besoin d'ajouter que ce sont toujours ces principes que nous attaquons, et jamais la personne de ceux qui les soutiennent. Toute personnalité est par la nature même de la question en dehors du champ de bataille. D'ailleurs, nous ne croyons même pas que nos adversaires mettent en pratique le matérialisme absolu, celui des vils intérêts et des 'passions égoïstes ; et nous n'avons d'autre intention que de discuter les théories.
Nous diviserons notre argumentation générale en cinq parties. Notre intention est de démontrer en chacune d'elles la proposition diamétralement opposée à celle que soutiennent les éminenls défenseurs de l'athéisme. Ainsi, dans la première, nous nous efforcerons d'établir, d'abord par l'observation des mouvements célestes, ensuite par celle du monde inorganique terrestre, que la force
INTHODUCTION. xvii
n'est pas un attribut de la nature, et qu'elle est au contraire sa souveraine, sa cause directrice. Dans le second livre, nous constaterons par l'étude physiologique des êtres que la vie n'est pas une propriété fortuite des molécules qui les composent, mais une (orce spéciale gouvernant les atomes suivant le type des espèces. L'étude de l'origine et de la progression des espèces servira elle-même notre doctrine. Dans le troisième livre nous observerons, par l'examen des rapports du cerveau à la pensée, qu'il y a dans l'homme autre chose que la matière, et que les facultés intellectuelles sont distinctes des afflnités chimiques; la personnalité de l'âme affirmera son caractère et son indépendance. Le quatrième montrera dans la nature un plan, une destination générale et particulière, un système de combinaisons intelligentes, au sein desquelles l'œil non prévenu ne peut s'empêcher d'admirer par une saine conception des causesfinales,la puissance,la sagesse et la prévoyance de la pensée qui ordonna l'univers. Enfin le cinquième livre, point général auquel aboutissent toutes les voies précédentes.