‹ Dieu dans la natureChapitre 12 sur 167 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

nous placera dans la position scientifique la plus favorable pour nous permettre déjuger à la lois, et la mystérieuse grandeur de l'Être suprême, et l'incontestable aveuglement de ceux qui ferment les yeux pour se convaincre qu'il n'existe pas.

Le véritable titre de cet ouvrage serait : La Contemplation de Dieu à travers la nature. Depuis plusieurs années qu'on annonce ce travail comme étant sous presse, nous en avons modifié à différentes reprises le titrci qui d'abord était purement scientifique (De la Force dans l'univers) , pour nous arrêter définitivement à celui qu'il porte actuellement. Sans doute un titre n'est pas d'une importance essentielle, et ne mérite peut-être pas que l'auteur s'explique si formellement à son égard. Mais, dans le cas présent, nous croyons utile de déclarer de suite que celui qui verrait dans les quatre mots écrits sur la couverture de ce livre l'expression d'une doctrine panthéiste serait dans une erreur com* plète. Il n'y a ici ni panthéisme ni dogme» Notre but est d'exposer une philosophie positive des sciences^ qui comporte en elle-même

INTRODUCTION. m

une réfutation non théologique du matérialisme contemporain. Peut-être est-ce une trop imprudente hardiesse de tenter ainsi une voie isolée entre les deux extrêmes qui ont toujours réuni de puissants suffrages; mais lorsque nous nous sentons emportés et soutenus par une conviction particulière et par un ardent amour d*un nouvel aspect de la vérité, pouvons-nous résister à Tordre intérieur qui nous inspire? C'est à l'observateur à examiner notre œuvre et à décider si quelque illusion nous séduit et se cache pour nous sous le prestige de la vérité. Nous ne pouvons nous empêcher d'avouer, toutefois, que le jour où nous avons lu dans Auguste Comte que la science avait mis à la retraite le Père de la Nature, et qu'elle venait de « reconduire Dieu jusqu'à ses frontières, en le remerciant de ses services provisoires, x> nous nous sommes senti quelque peu blessé de la vanité du dieu-Comte, et nous nous sommes laissé entraîner au plaisir de discuter le fonds scientifique d'une telle prétention. Nous avons alors constaté que l'athéisme scientifique est une erreur, et que Tillusion religieuse en est

ex lî^TRODUCTION.

une Tvutre (pour le dire en passant, le chrisliaiiisme nous paraît encore ésotérique). Nos connaissances actuelles sur la nature et sur la vie nous ont représenté l'idée de Dieu sous un caractère dont la théodicée comme l'athéisme ne pourront sans doute méconnaître la valeur. A nos yeux, Thomme qui nie simplement l'existence de Dieu, et celui qui définit cet Inconnu et remet sur son compte toute explication embarrassante, sont Tun et Tautre deux êtres naïfs dont Terreur est égale. Mais nous n'avons pas à nous engager ici dans la méthode antinomique, et surtout nous ne voulons pas nous revêtir d'une apparence de mystère. Entrons donc de suite dans le cœur de notre sujet, en déclarant que nous avons fait nos efforts pour exposer avec la plus sincère indépendance ce que nous croyons être la vérité. Puissent ces études aider à gravir le sentier de la connaissance, aux esprits qui prennent au sérieux leur passage sur la terre et le progrès de Thumanité.

Paris, mai 18G7.

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