‹ Dieu dans la natureChapitre 111 sur 167 · DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

DE LA LIBERTÉ

Cl fixe son alfention sur ceux qui paraissent proférables; il connaît la tradition ; sa raison décide et forme la volonté éclairée, qui est souvent en contradiction avec les désirs.

Une dernière condition de la liberté est Tinfluencc de la volonté sur les instruments quidoivenf opérer ses ordres personnels. L'homme n'est pa*? responsable de ses désirs, ou de ses facultés affectives, qui ne dépendent pas de lui. La responsabilité de l'individu commence avec la réflexion et avec la puissance qui lui est donnée d*agir volontairement. Dans Fétat de santé, les instruments des actions sont sous rinfluence de la volonté. La faim est involontaire, mais si ayant faim je ne mange pas, j'exerce l'influence de ma volonté sur les instruments du mouvement volontaire. La colère est involontaire, mais je ne suis pas forcé de battre ou de maltraiter ceux qui m'ont fâché, parce que la volonté a de rinfluence sur les bras et sur les pieds. Si cette influence delà volonté est perdue, l'homme n'est plus libre. C'est ce qui arrive souvent chez des aliénés, qui éprouvent des désirs, recormaissent leur inconvenance, et les blâment par leur raison ; mais ils ne se sentent pas la force de restreindre leurs mouvements volontaires, et ils demandent même quelquefois qu'on les empêche de s'y livrer.

La liberté morale est la base même de la société, et si celte liberté n'est qu'une illusion, le genre humain tout entier, aussi bien les nations inférieures qui s'ouvrent seulement à la connaissance

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du vrai que les civilisations les plus avancées, qui cultivent les sciences et gouvernent la matière, aussi bien les peuples qui vécurent il y a des mil* liers d'années que ceux dont nous sommes contemporains, le genre humain tout entier, disonsnous, est dupe de Terreur la plus colossale qui fut jamais, et engagé dans la voie la plus fausse et la plus injuste qu'on puisse imaginer. Que disons-nous : injuste? Ce mot lui-même n'exprime plus rien dans ce système, et puisque le bon et le mauvais n'existent plus, puisqu'il n'y a pas d'ordre moral, il est clair que tous les mots qui se rattachent à la description de cet ordre, toutes les pensées, tous les jugements n'ont plus aucune raison d'être. Mais à moins de faire abstraction de sa conscience, on ne peut consentir à de pareilles conclusions. « Quelles que soient les conclusions théoriques auxquelles les logiciens arrivent sur la question du libre arbitre , disait Samuel Smiles, nous sentons tous parfaitement que nous sommes pratiquement libres dechoisirentre le bien et le mal ; que nous ne sommes point comme la bûche qui, jetée au torrent, ne peut qu'indiquer en le suivant le eours de Feau, mais que nous avons en nous les ressources du nageur, et que nous pouvons choisir la direction qui nous convient, lutter contre les vagues et, en dépit du courant, aller à peu près où il nous plaît. Aucune contrainte absolue ne pèse sur notre volonté, et nous sentons et savons qu'en ce qui concerne nos actions, nous ne sommes enchaînés pcr aucune sorte de magie. Toutes nos

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