POSITION DU PROBLÈME
Rôle de In science dans la société moderne. — Sa puissance et sa grandeur. — Ses limites ; de la tendance à les outrepasser. T^ les sciences ne peuvent donner aucune définition de Dieu. — Procédé général de l'athéisme contemporain. — Objections cMitra Texistence divine tirées de Timmutabilité des lois et de l'union intime entre la force et la matière. — Illusion de ceux qui affirment ou nient. — Erreurs de raisonnement. — La qiuestion générale se résume à établir les rapports réciproques de la force et de la êubstMCfi*
Le siàcle où nous vivons est désormais inseril en caractères inefiaçableasur les tablettes do Thistoire. Depuis les âges reculé» des civilisations antiques, aucune époque n'a vu comme la nôtre ce réveil magnifique de l'esprit humain affirmant à la fois ses droits et sa puissance. Le monde n'est plus cette vallée du moyen âge, où l'âme venait pleurer la faute du premier père, et s'isolant dans la retraite et la prière, croyait gagner une place au paradis en persécutant son corps dans le cilice et la cendre. Les travaux de Tintelligence ne sont plus ces Ion-
gucs, obscures et inlerminables discussions d'une métaphysique inféconde, bâties sur des pointes d'aiguilles, échafaudées sur les subtilités de la scolastique, auxquelles de vastes génies se livrèrent aveuglément et consacrèrent une précieuse vie d'études, sans s'apercevoir qu'ils perdaient à la fois leur temps et celui d'un grand nombre de générations. Là, où des cloîtres enfermaient dans leurs murs les moines et les prie-Dieu, on entend aujourd'hui retentir les lourds marteaux de l'industrie, grincer les cisailles de fer, siffler la vapeur des machines enflammées. Si les institutions monastiques ont eu leur rôle aux siècles des invasions barbares, leur fin a sonné comme celle de toute œuvre périssable : le travail fécond de l'ouvrier et de Tagriculteur fait succéder la jeunesse à la décadence. Dans l'amphithéâtre des Sorbonnes où l'on discutait à perte de vue sur les six jours de la crcalion, les flammes de la Pentecôte, le miracle de Josué, le passage de la mer Rouge, la forme de la grâce actuelle, la consubstantialilé, les indulgences partielles ou plénières, etc., et mille sujets aussi difficiles à approfondir, on ^oit aujourd'hui le labo^ ratoire du chimiste au sein duquel les éléments de la matière viennent docilement se faire mesurer et peser ; la table de Tanatomiste sur laquelle le mécanisme du corps et les fonctions de la vie se dévoilent ; le microscope du botaniste, qui laisse surprendre les premiers pas chancelants du sphinx de la vie ; le télescope de l'astronome, qui montre par delà les cieux transparents les mouvements for*