‹ Dieu dans la natureChapitre 123 sur 167 · DIFFICULTÉS. — LES MONSTRES · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS. — LES MONSTRES

loi du progrès est le principe et la fin. L'auteur de Force et Matière renchérit ardemment sur ces... boninients destinés à dissimuler le saut de la coupe... en exhibant sur des tréteaux tous les monstres de terre et de mer. « Un des fails les plus importants qui dément les causes finales dans la nature, ce senties monstres. Le simple bon sens pouvait si peu concilier ces êtres avec la croyance d'un créateur agissant à ses fins, qu'on les a considérés dans un âge plus reculé comme les signes de la colère des dieux ; et encore de nos jours, les ignorants les regardent comme une punition du ciel. Nous avons vu dans le cabinet d'un vétérinaire une chèvre nouveau-née qui était parfaitement bien formée dans toutes ses parties, mais elle était née sans têle. Y a-t-il quelque chose de plus absurde et de plus contraire au but, que d'achever en toute perfection la forme d'un animal dont Texistenee est d'avance impossible et de permettre qu'il vienne au monde? Le professeur Lotze à Gœttingue se surpasse lui-même en disant à propos de monstres que lorsqu'un fœtus manque de cerveau, la seule chose conforme au but d'une puissance absolue, serait de suspendre ses effets, ne pouvant compenser ce manque. — Un corps étranger dans la glotte en est peut-être rejeté par la toux ; mais un corps étranger dans l'œsophage peut par la surexcitation des nerfs du larynx causer la suffocation.— Chaque jour, chaque heure, le médecin peut se convaincre par les maladies, les blessures et les avorlements etc., de l'a-

m LIVRE IV. — DESTINATION DES ÊTRES ET DES CnOSES.

bandon dans lequel la nature laisse ses créatures, et de ses efforts de guérison souvent contraires au but et sans succès. A quoi bon les médecins, si la nature agissait conformément à son but? » Sous les exagérations qui précèdent il y a une vérité constante, qui certainement est Tune des plus grandes difficultés qu'on puisse nous opposer. Nous avouons nous-mêmes n'avoir jamais vu de monstres sans nous sentir gênés dans nos convictions. Le cabinet d'anatomie de Strasbourg, si riche en monstres acéphales et en spécimens de tératologie, nous est particulièrement désagréable sur ce point. Quelle fut Tâme de ces fœtus arrêtés et détournés dans leur développement normal ? C'est la question que ni saint Augustin ni saint Thomas ne nous apprennent à résoudre, et sur laquelle la science nous éclaire peu. Mais en considérant les choses à leur juste point de vue, on voit que ce sont là des exceptions fort rares qui ne peuvent infirmer l'enseignement de l'ensemble. Qu'une plante se boursoufle au-dessus d'un ligament, que les veines se gonflent lorsqu'en comprimaRt le bras on s'oppose au retour du sang, qu'un fœtus s'arrête ou qu'un organe s'atrophie par suite d'une particularité organique : ces anomalies sont plus apparentes que réelles et montrent que les lois sont générales et que Dieu n'est pas un petit être modelant son action suivant les obstacles passagers apportés par Thomme ou par des accidents. Nos adversaires outre passent la portée de ces difficultés lorsqu'ils en induisent que Dieu

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