CONSTIIUCTION DES ÊTRES VIVANTS
Devant celle contemplation toutes les objections dérivées d'une étroite application à l'homme disparaissent en fumée.
Concentrons maintenant notre attention sur la construction intelligente des organes qui servent à transrpetlre à la connaissance du cerveau Tétat du monde exlérieur, sur celle des sens et particulièrement sur celle de Toeil. La beauté de la conformation optique de Tœil ne peut être contestée par personne; affirmer que l'œil est fait pour voir et Toreille pour entendre, c'est presque commettre un pléonasme. Répéter que Torganisation de l'œil est plus parfaite que celle de n'importe quelle chambre noire de photographe ou n'importe quel appareil d'opticien, c'est encore tomber dans la banalité, tant la chose est évidente. Mais pour combattre un adversaire sur le même pied et sur le même terrain, il est nécessaire d'entrer un instant dans les détails et de nous rappeler la description anafomique de l'œil.
La vision, dans les yeux des hommes et des animaux, disait Euler, est la chose la plus merveilleuse. La forme du globe de l'œil est en général celle d'une sphère et se compose de trois feuillets. La membrane la plus extérieure porte le nom de sclérotique (blanc de l'œil), est opaque, très-épaisse et entoure à peu près les trois quarts postérieurs du globe de l'œil, dont elle constitue la forme et la solidité : sa partie antérieure offre une ouverture arrondie dans laquelle est enchâssée la cornée
114 UVRE lY — DESTIN ATIOK DES ÊTRES ET DES CHOSES.
transparente. A cette membrane s'attachent les muscles destinés à mettre l'œil en mouvement. Au-dessous de cette première membrane est la choroïde d'un noir très-foncé, qui fait de l'œil une véritable chambre obscure et absorbe les rayons qui pourraient iiriter la rétine : à sa partie antérieure elle forme une espèce de cloison diaphragmatique, qui porte le nom d'iris, disque circulaire percé d'une ouverture à son centre, et coloré de diverses nuances, dont la douce attraction est parfois merveilleusement puissante.
L'ouverture que l'on voit au centre est la pupille ou prunelle : on sait que la pupille n'est pas un objet, comme on est tenté de le croire, mais, au contraire, une ouverture; et celte ouverture se fait plus ou moins grande, selon la quantité de lumière qui frappe Tœil, car l'iris jouit de la propriété curieuse de se contracter ou de s'étendre selon l'exacte quantité de lumière, afin que l'œil n'en reçoive jamais trop ou trop peu. C'est par cette ouverture variable de l'iris que les rayons lumineux pénètrent dans la chambre obscure située derrière.
Une lentille biconvexe est suspendue là pour recevoir ces rayons : c'est le cristallin.
Toute la partie postérieure, depuis cette lentille jusqu'au fond de rœil,est remplie d'une masse gélatineuse, diaphane, qui ressemble au blanc transparent d'un œuf cru, et qu'on nomme l'humeur vitrée.
Enfin, au fond de celle humeur et vis-à-vis la pupille, il y a la membrane la plus délicate et la plus importante de toutes, celle qui sert d'écran