‹ Dieu dans la natureChapitre 129 sur 167 · L'ŒIL S'EST-IL FAIT LUI-MÊME? 4S · texte numérisé non relu

L'ŒIL S'EST-IL FAIT LUI-MÊME? 4S

formé d'un nerf optique revêtu de pigment et recouvert d'une membrane transparente, en un instrument optique aussi parfait que puisse le posséder un représentant quelconque de la grande famille désarticulés.

U semble tout naturel de comparer Tœil à un télescope. Or, nous savons que cet instrument a été perfectionné successivement par les efforts longtemps continués d'intelligences humaines d'or- * dre supérieur; et nous en inférons que l'œil doit avoir été formé par un procédé analogue, a Une telle induction n'est-elle pas bien présomptueuse? remarque-t-il avec quelque raison. Quel droit avons-nous d'affirmer que le Créateur travaille à l'aide de^s mêmes facultés intellectuelles que l'homme? i» Malgré cette remarque, Darwin continue à appliquer à l'œuvre de Dieu les idées écloses dans son cerveau. Et voici comment il expose la formation lente dans les espèces vivantes de l'instrument d'optique qui nous fait voir. C'est une hypothèse dans laquelle il n'y a pas mal de suppositions. « U faut nous représenter^ dit-il, un nerf sensible à la lumière placé derrière une épaisse couche de tissus transparents renfermant des espaces pleins de fluides, puis nous supposerons que chaque partie de cette couche transparente change continuellement et lentement de densité, de manière à se séparer en couches partielles différentes par leur densité et leur épaisseur, placées à différentes distances les unes des autres, et dont les deux surfaces changent lentement de forme. De

124 LIVRE lY. — I ESTINATION DES ÊFRES ET DES CUOSES.

plus, il faut admettre qu'il existe un pouvoir Intel* ligent, et ce pouvoir intelligent, c'est lelection naturelle, constamment à Taffût de toute altération accidentellement produite dans les couches transparentes, pour choisir avec soin celles d entre ces altérations qui, sous des circonstances diverses, peuvent, de quelque manière et en quelque degré, tendre à produire une image plus distincte. Nous pouvons supposer encore que cet instrument a été multiplié par un million sous chacun de ses états successifs de perfection, et que chacune de ces formes s'est perpétuée jusqu'à ce qu'une meilleure étant découverte, Tancienne fût presque aussitôt abandonnée et détruite. »

Chez les êtres vivants, la variabilité produira les modifications légères de Tinstrumenl naturel, la génération la multipliera ainsi modifiée jusqu'à l'infini, et l'élection naturelle choisira avec une habileté infaillible chaque nouveau perfectionnement accompli. Que ce procédé continue d*agir pendant des millions de millions d'années, et chaque année sur des milliers d'individus de toutes sortes, est-il donc impossible de croire qu'un instrument d'optique vivant puisse se former ainsi a jusqu'à acquérir sur ceux que nous construisons en verre loute la supériorité que les œuvres du Créateur ont généralement sur les œuvres de l'homme? »

Les observateurs peuvent remarquer dans le sysr tème de Darwin une réserve en faveur de Dieu ; mais cette réserve ne convient pas aux émancipaleurs plus absolus de la matière. Son traducteur

Page 1