‹ Dieu dans la natureChapitre 131 sur 167 · LA COISSTRIIGTION DES SENS PROUVE DIEU · texte numérisé non relu

LA COISSTRIIGTION DES SENS PROUVE DIEU

Disons-le donc avec fermeté. En admettant même sans réserve tous les faits invoqués par les matérialistes, en se rangeant de plus avec Darwin, Owen, Lamarck, G. Sainl-Hilaire, et avec ces savants surtout (car il e&t des gens plus royalistes que le roi), en supposant que Tœil, les sens, les hommes, les animaux, les plantes, les êtres vivants, eq un mot, ne soient formés sous la puissance permanenlô d'une force naturelle, cela ne prouverait pas que Dieu n'existe pas ; cela prouverait que Dieu existe. Seulement au lieu de nous apparaître sous l'idée de maçon, il nous apparaîtra sous ridée d'architecte. Nous ne voyons pas qu'il y perde beaucoup.

Nous avons déjà assisté à cette métamorphose de l'idée de Dieu dans notre étude générale (liv. II, ch. u) sur la force et la matière. Au point de vue de la destination des êtres et des choses, l'idée corrélative subit la même progression ; loin d'affaiblir l'antique beauté du plan de la création, elle la développe et l'agrandit en d'immenses proportions. Si nous supposons qu'au lieu d'une main construisant le prototype de chaque espèce végétale et animale, c'est une force intime ordon* née à la matière : en quoi cette modification détruit-elle la conviction d'une intelligence créatrice et d'un but dans la création? Ne faut-il pas se fermer tout exprès les yeux de l'entendement pour refuser de voir dans cette force intime de la nature l'effet d'une pensée intelligente? Ne faut-il pas être aveugle pour mécon-

naîlrc Tindice évident d'une cause puissanle et éternelle?

Que si l'on prétend que la nature se forme seule et qu'elle progresse instinctivement dans son œuvre dans une direction permanente vers des résultats sans cesse plus parfaits, c'est avouer à demi que cette nature est dirigée vers cet idéal par une cause intelligente. Comment la matière inerte aurait-elle Vidée de s'agencer successivement sous la forme végétale, animale, humaine? de former ces organes qui constituent Têtre vivant et conservent la vie à travers les siècles? de construire ces appareils par lesquels Têlre vivant est en communication permanente avec les choses qui ne sont pas lui ? Par quelle bizarrerie du hasard ces organes se trouveraient-ils peu à peu formés pour cette communication des sens, et reliés au cerveau pensant qui, seul, juge et connaît. Comment se fait-il qu'ils soient si bien construits? Pourquoi la plupart des appareils sont-ils réussis, et non pas inutiles ou manques? Comment les organismes vivants se perpétuent-ils dans leur intégrité par la génération? Pourquoi la création est-elle composée de genres, d'espèces, de familles? Pourquoi l'esprit humain peut-il établir des classifications fondées dans Tensemble des êtres? Comment se fait-il qu'il y reconnaisse un ordre général? Pourquoi la nature n'est-elle pas un chaos de monstruosités? A toutes ces questions on répond par la loi d'élection naturelle. On explique tous les problèmes en répétant que la nature est poussée vers un progrès inces*

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