LES SENS. - L'OREILLE
sant, qu'elle laisse le mauvais pour prendre le bon, cl tend sans cesse à la réalisation des formes les plus parfaites. Mais cette tendance, ce progrès instructif, ce besoin de grandir : qu'est-ce? sinon l'acte d'une force universelle qui dirige le monde vers ridéal. Qu'est-ce que cette marche simultanée de tous les êlres vers la perfection, sinon la révélation éloquente d'une cause qui sait où elle mène le char et comment elle le mène, et contre la volonté de laquelle la matière servile n'a jamais su opposer le moindre obstacle ?
Ce que nousvenons dédire du mécanisme de Tœil peut aussi bien se rapporter à celui de roreille,car celui-ci n'est pas moins admirablement construit selon les lois de l'acoustique que le premier selon les lois de l'optique. Nous pourrions pent-êlre concevoir que les ignorants, qui n'ont jamais observé d'organes et qui ne connaissent aucune loi de la physique aient la fantaisie de croire que l'œil n'est pas fait pour voir ni l'oreille pour entendre. Mais que des hommes instruits, qui ont tenu ces sens sous leur scalpel et qui ont observé leur parfaite et inimitable construction, viennent enseigner que ces organes sont le produit de forces inintelligentes, c'est là une perversion d'esprit difficile à justifier. .N'aurait-on vu qu'une construction en cire de ces appareils merveilleux, que cette vue serait suffisante pour exalter l'esprit et lui faire reconnaître l'existence d'un mécanicien au courant des lois de la nature. Qui n'a pas senti à la fois dans son esprit çt dans sa poitrine l'évidence et
rémotion éclater, en admirant le mécanisme de rouie. L'oreille extérieure, dont les gracieuses ondulations amènent les ondes sonores jusqu'à leur centre, n'est autre chose qu'un pavillon destiné à diriger ces ondes vers le conduit auditif. Ce £on« duit, portant le son de Touverture de Foreille à la membrane du tympan, le transmet dans son intégrité au nerf qui doit effectuer la sensation ; il est tapissé d'une substance muqueuse, où des glandes sécrètent une humeur destinée à modérer l'impression trop irritante de Fair et à interdire aux corps étrangers l'entrée de l'organe deTouïe. En arrière de la membrane du tympan est une petite chambre dans laquelle deux fenêtres, l'une ronde, l'autre ovale, situées à l'opposé du tympan, communiquent avec Foreille interne. Celle-ci se compose d'abord d'une cavité osseuse contournée en spirale, appelée limaçon, puis de trois cavités en demi-cercle, enfin d'une cavité centrale remplie d'un liquide aqueux dans lequel baigne le nerf acoustique qui y vient aboutir. Les vibrations sonores arrivent aux membranes de la fenêtre ovale et de la fenêtre ronde, passent par la rampe du limaçon et de là par les canaux demi-circulaires, et arrivent enfin à la cavité centrale remplie du liquide qui transmet au nerf acoustique ces vibrations. Celui-ci est ébranlé, et c'est seulement cette impression transmise au cerveau qui constitue l'audition. Tel est dans son ensemble le mécanisme du sens de l'ouïe. Nous n'entrons pas dans les détails, parce que c'est suffisamment compliqué comme cela. Or en se bor-