‹ Dieu dans la natureChapitre 141 sur 167 · DE L'INTELLIGENCE DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

DE L'INTELLIGENCE DES ANIMAUX

sance, de bonté, digne d'être offerts en modèle à une partie notable du genre humain.

On pourrait écrire une série de volumes sur les preuves de l'intelligence des animaux , particulièment le chien , sans épuiser le sujet. D'ailleurs, nos adversaires admettent ces faits avec nous. Nous citerons même un intéressant exemple d'une délifbération d'hirondelles rapportée par l'auteur de Force et Matière, « Un couple d'hirondelles, dit-il, avait commencé à bâtir son nid sous le faîte d'une maison. Un jour il arriva une foule d'autres hirondelles, et une longue discussion s'entama entre celles-ci et les propriétaires du nid. Toutes sur le toit de la maison et non loin du nid commencé, elles jetèrent de hauts cris et gazouillèrent à gorge déployée. Après que cette délibération eut duré quelque temps, pendant que quelques hirondelles se détachaient de la troupe pour inspecter le nid, rassemblée se sépara. Le résultat fut, que le couple abandonna le nid commencé, et se mit à en bâtir un autre à un endroit mieux choisi. »

Un fait plus remarquable encore a été rapporté récemment. Aux environs d'une ferme dans le village de Weddendorg, près de Magdebourg, des cigognes, après une délibération sérieuse, ont jugé une cigogne adultère. Son mari et les autres cigognes la tuèrent à coups de bec et la jetèrent hors du nid S

' Nous possédons un grand nombre de documents sur lesprcuTes de rinlelligence des animaux; maisnocs ne pouvons insister ici trop longuement sur ce point. Ajoutons à l'exemple précédent

154 LITBE n. -* DESTI$ATI05 DES tTBES Ef DES CHOSES.

Agassiz exalte plus que nv\ amtre les facultés utellectuellcs des animaux. Après avràr miMitrè les difiicullés qui empêchent encore d'établir une comparaison scientifique des instincts et des facultés des animaux et dePhomme, il expose les idées suivantes : « Le développement des passions chez ranimai est aussi étendu que dans Tesprit humain, et je serais fort embarrassé de saisir des différences dans leurs natures, quoiqu'il y en ait de grandes dans les d^és de leurs manifestations et dans la forme de leur expression. De plus, la gradation des facultés morales entre les animaux et

que, si Ton en croit les obserfatiras de eataios batelfiors anglais, appelés punters, les canards saava^^es ont des réuBions padementaires et votent. Ces oiseaux ont, comme toutes les bêtes, des expressions spéciales pour marquer leurs sensations de joie, de douleur, de (aini, d'amour, de crainte, de jalousie, etc., et certains punters expérimentés les comprennent quand ils parlent de 4épart, de repos, d^ danger, de colère, eU. Ces tenues varieirt même selon les espèces. Avant chaque départ matinal, yne discussion trés-bruyante et très-vive a lieu pendant dix à vingt miautes, et ce n'est qu'après celte déUJ»ération qu'en procède aa départ. On rapporte aussi qu'une oie, tombée malade en couvant, se rendit cbez une autre et lui parla à sa façon ; par suite de cette conversation , la dernière remplaça la malade, ceUe^ prit place i c6lé d'elle et mourut une heure après. D'après E. W. Grii' ner le renard a dans la voix des inflexions et des intonations trèsdifférentes, lie chien joyeuif aboie a^t^ement que lorsqu'il est ea colère. Le langage de geste et de son des insectes (abeilles, fourmis, scarabées, etc.), par le moyen des antennes et par les moulements divers des ailes, etc., est, conmie on sait, très-riche et très-varié. Nous n'allons pas jusqu'à Je traduire en français avef Dupont de Nemours; mab on ne peut nier que les animaux se manifestent mutellemcnt leurs impressions. — Ils ont même sar nous ce privilège de comprendre nos paroles tandis que nous ne comprenons pas les leurs, et de se comprendre en quelque pays qu'ils se rencontrent, tandis qu'un Français ne comprend pas uo allemand ou un Chinois.

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