LES CAUSES FINALES
la regardent des yeux intéressés à la voîr au-dessous de sa position réelle.
Bizarrerie inexplicable pour dés hommes judicieux, ils prétendent qu'en admettant Pexistence de Dieu, on est forcé d'admettre l'arbitraire dans la naturel Comme si la volonté suprême n'était pas nécessairement infiniment sage, et par conséquent univei:'sellement régulière. « Quiconque ne voit dans tous les mouvements de la nature que des moyens pour atteindre un but, dit Moleschott, arrive d'une façon toute logique à la notion d'une peD sonnalité qui, dans ce but, confère à la matière ses propriétés. Cette personnalité désignera aussi le but. S'il en est ainsi, si une personnalité désigne le but et choisit les moyens, la loi de la nécessité disparaît de la nature. Chaque phénomène devient le partage du jeu du hasard et d'un arbitraire sans fin. »
J. B. Biot était mieux inspiré lorsqu'il concluait dans les termes suivants de l'examen de la nature : « Pour moi, disait-il *, plus je considère Tordre de l'univers, son immensité et toutes les merveilles de la création, plus j'admire cet arrangement admirable, mais moins je me crois en état de l'expliquer; et j'oserai même dire, pour en avoir fait bien souvent Tépreuve, que ces explications imparfaites, ces rapports faux ou vagues que quelques écrivains modernes veulent nous donner comme des harmonies sublimes, ne paraissent jamais pluj
• J. B. Ciol, Mélangi'i icientiflques et iiHéraire$t t 11.
téméraires et plus futiles qu'en présence de la nature. Quand on a eu le bonheur de connaître et de sentir les véritables beautés qu'elle présente, on est tenté de regarder comme des profanateurs et comme des impies ceux qui la défigurent par d'indignes travestissements. Tous les êtres organisés ont ainsi en eux leurs moyens propres de vie, aussi nombreux, aussi multipliés dans les variations de leur mécanisme que les étoiles du ciel. Et encore n'en apercevons-nous que ce qui paraît au dehors; le plus merveilleux nous est caché. Qui a jamais pu comprendre les actions chimiques des membranes vivantes, la cause des mouvements volontaires et involontaires, que dis-je, le vol d'une mouche, les jeux d'un papillon? Quand notre entendement peut tout au plus arriver jusqu'à reconnaître les dispositions extérieures de l'organisme, et à saisir les relations intentionnelles qu'ont entre elles <juelques-unes des pièces qui le composent, il y aurait, ce me semble, une contradiction logique à ne pas voir au fond de cet ensemble, le principe intelligent lui-même ayant tout ordonné et réglé. Pour moi, je veux du moins avoir la philosophie de mon ignorance. »
L'ordre que nous constatons dans les faits non produits par l'homme, observerons-nous encore avec un écrivain distingué % nous montre que les
* J. M. de la Codre, les desseins de Dieu, Cet essai de philosophie religieuse et pratique caractérise l'une des heureuses tendances de notre époque contre Tenvahissement de l'athéisme. Les arguments développés dans cet ouvrage se résument comme il suit :
L'impossii le n'est pag, il y a de Tordra dans l'univers, et