‹ Dieu dans la natureChapitre 148 sur 167 · LES CAUSES FINALES. — DIFFICULTÉS · texte numérisé non relu

LES CAUSES FINALES. — DIFFICULTÉS

cotnpoèilîon dé Fâir, faits cosmiques parfaitement appropriés à la Végôlatioti des plantes, à la vie des animaux, de uôme qu*il serait invraisemblable de Croire que des tnillieis de caractères d'imprimerie, jetés au hasard, aient produit Y Iliade ou la Jérusalem délivrée; si, pour échapper à la conclusion, on disait que ces qualités sont Vel'fët de dispositions inhêrenteSj la nécessité logique d'une intervention suprême et intelligente ne serait pds évitée.

Ajoutons à cette image un aphoirisme peu discutable : Toute fin suppose ufte intention ; toute intention une conscience; toute consdenceune personne.

La question des causés finales^ répétons-le, eit plus compliquée et plus difficile à résoudre qu'elle' ne le parait aux imaginations légèrôSi Elle se trà^duit$ comme auraient dit les anciens, plutôt en puissance qu'en acte. Le fait général là décide; Id^ faits particuliers s'en esquivent. Pour la bien saisirj il fiiut que Tesprit s'astreigne à un examen sévère^ et que d'un coup d'oeil il embrasse la totalité ou au moins là majorité dès choses connues, au double point de vue du temps et de l'espace. Lé premier effet de cette étude rigoureuse et critique est précisément de l'éloigner de toute croyance, et de le tenir en garde contre ces mesquines interprétations de l'homme, qui rapporte tout à soi comme . ftu centre de l'œuvre. On se rit alors des illusions de la vanité et des tentatives insensées de l'orgueil. Et c'est là le premier résultat de l'élude générale des êtres. Mais lorsqu'on poursuit ses investiga-

lions jusqu*à la perception des forces intimes qui soulieniient chaque être créé, et jusqu'à la découverte des lois universelles qui régissent à la fois cl rédifice de la vie tout entière, et chaque partie de cet édifice immense, alors on dislingue les traces d'un plan général, on aperçoit ici et là des lignes de solidarité qui relient au même dessein les corps les plus éloignés, on reconnaît Punité de la pensée qui a présidé (ou plutôt qui préside éternellement et sans temps) à Tarrangement universel, et qui gouverne sur la route de Tinfini le char colossal de la création. Enfin en s'accoutumant à ces contemplations essentielles, on arrive à trouver encore que celte notion de la divinité est trop humaine pour être vraie; que cette force permanente qui soutienne monde, celte puissance qui le fait vivre, cette sagesse qui le guide, cette volonté qui lui propose éternellement une perfection inaccessible, cette unité de pensée qui se révèle sous les formes transitoires de la matière n'est pas une force, une puissance, une sagesse, une volonté humaines; mais qu'elle appartient à un être innommé, incompréhensible, inconnu, sur la nature duquel nous ne pouvons que nous taire, et dont la connaissance nous est scientifiquement inabordable. Ce résultat final de la direction des recherches positives explique comment, dans cette discussion, nous paraissons tendre la main gauche à Berlin et la main droite à Rome. A cette observation particulière, nous pouvons répondre que ce n'est ici qu'un fait géographique, résultant de notre teq-

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