DIEU. CAUSE DU MOUVEMEIST
raclion de la pensée divine. Lumière, chaleur, électricilo, magnclisme, attraction, affinité, vie végétale, instinct, intelligence, prennent leur source en Dieu. Le sentiment du beau, l'esthétique des sciences, l'harmonie mathématique, la géométrie, illuminent ces forces multiples d'une attrayante clarté et les revêtent du parfum de Tidéal. Sous quelque aspect que Pesprit méditatif observe la nature, il trouve une voie aboutissant à Dieu, force vivante, dont on croit sentir les palpitations sous toutes les formes de l'œuvre universelle, depuis le tressaillement de la sensitive jusqu'au chant cadencé de l'alouette matinale. Tout est nombre, rapport, harmonie, révélation d'une cause intelligente agissant universellement et éternellement. Dieu n'est donc pas, comme disait Luther, « un tableau vide sur lequel il n'y a d'autre inscription que celle que nous y mettons nous-mêmes. » Il est, au contraire, la force intelligente, universelle et invisible, qui construit sans cesse l'œuvre de la nature. C'est en sentant Téternelle présence de ce Dieu que nous comprenons les paroles de Leibnitz : « Il y a de la métaphysique, de la géométrie, de la morale partout; » et l'antique aphorisme de Platon * que nous pouvons traduire : « Dieu est le géomètre éternellement agissant. » C*est en dehors des agitations de la société humaine, dans le recueillement des solitudes profondes, qu'il est permis à l'âme de contempler en
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face la gloire de rinvisible manifeslée par le visible. C'est dans celte entrevue de la présence de Dieu snr la Terre que Tâme s'élève dans la nolion du vrai*. Le bruit lointain de Focéan, le paysage solitaire, les eaux qui sourient silencieusement, les forêts qui soupirent dans des sommeils anxieuxi les orgueilleuses et vigilantes montagnes qui regardent tout d'en haut, sont des manifestations sensibles de la force qui veille au fond des choses. Je me suis parfois abandonné à votre douce conlemplalion, 6 vivantes splendeurs de la nature, et j'ai toujours senti qu'une ineffable poésie vous enveloppait de ses caresses. Lorsque mon âme se laissait séduire par la magie de votre beauté, elle entendait des accords inconnus s'échapper de voire concert. Ombres du soir qui floltez sur le versant des montagnes, parfums qui descendez des bois, fleurs penchées qui fermez vos lèvres, bruits sourds de l'océan dont la voix ne s'éteint pas, calme profond des nuits étoilëes! vous m'avez entretenu de Dieu avec uno éloquence plus intime et plus irrésistible que les livres des hommes. En vous, mon âme a trouvé la tendresse d'une mère et la pureté candide de l'innocence, et lorsqu'elle s'est endormie sur voire sein, elle s'est réveillée dans la joie et dans le bonheur. Colorations splendides des crépuscules! ravissements des dernières clartés I recueillements des avenues solitaires ! vous gardez à ceux qui vous aiment de
* Ascensio mentis in Deum per scalas renim creatarum Bel» larmin.
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délicieux instants dMvressel Le lis s'ouvre et boit avec exlase la lumière descendue des cîeuxl En ces heures de contemplation, Pâme devient une fleur qui aspire avec avidité le rayonnement céleste. L'atmosphère n'est plus seulement un mélange de gaz; les plantes ne sont plus seulement des agrégations d*atomes de carbone ou d'hydrogène; les parfums ne sont plus seulement des molécules insaisissables se répandant le soir pour préserver les fleurs du froid; la brise embaumée n'est plus seulement un courant d'air; les nuages ne sont plus seulement des vésicules de vapeur aqueuse ; la nature n'est plus seulement un laboratoire de chimie ou un cabinet de physique : on sent une loi souveraine d'harmonie, d^ordre, de beauté, qui gouverne la marche simultanée de toutes choses, qui entoure les plus petits êtres d'une vigilance instinctive, qui garde précieusement le trésor de la vie dans toute sa richesse, qui, par son rajeunissement éternel, déploie dans une immuable puissance la fécondité créée. Dans cette nature tout entière, il y a une sorte de beauté universelle, que Ton respire et que Tâmc s'identifie, comme si cette beauté tout idéale appartenait uniquement au domaine de l'intelligence. Étoile âvant-courriôre de la nuit! char du septentrion! magnificences constellées! perspectives mystérieuses de l'insondable abîme! Quel est l'œil instruit de vos richesses qui pourrait vous regarder avec indifférence? Combien de regards rôveiils se sont perdus parmi vos déserts, ô solitudes de l'espace ! Combien de peu-
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sées anxieuses ont voyagé d'une île à Taotre de totre étincelant archipel! Et dans les heures de l'ahsence et des mélancoliques attitudes, combien de paupières humides se sont abaissées sur des yeux fixés vers une étoile préférée!
C'est que la nature a de douces paroles sur ses lèvres, des trésors d'amour dans ses regards, des sentiments d'exquise affection en son cœur; c'est qu'elle ne consiste pas seulement dans une organisation corporelle, mais encore dans sa vie et dans son âme. Celui qui n'a jamais entrevu que son aspect matériel ne la connaît qu'à demi. La beauté intime des choses est aussi vraie et aussi positive que leur composition chimique. L'harmonie da monde n'est pas moins digne d'attention que son mouvement mécanique. La direction intelligente de l'univers doit être constatée au même titre que la formule mathématique des lois. S'obstiner à ne considérer la créature qu'avec les yeux du corps, et jamais avec les yeux de l'esprit, c'est s'arrêter volontairement à la surface. Nous savons bien que nos adversaires vont nous objecter que l'esprit n'a pas d'yeux, que c'est un aveugle-né, et que toute affirmation qui n'est pas donnée par l'œil corporel n'a aucune espèce de valeur. Mais c'est là une supposition arbitraire fort mal fondée elle-même. Nous avons vu que l'on ne peut de bonne foi révoquer en doute les vérités de l'ordre intellectuel, et que c'est dans notre jugement même que s*établit la certitude de toute vérité. Nous franchirons donc sans trouble ces triâtes objections. Pour nous, la
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nature est un être vivant et animé ; elle est plus encore: une amie; toujours présente, elle nous parle par ses couleurs, par ses formes, par ses sons, par ses mouvements; elle a des sourires pour toutes nos joies, des soupirs pour toutes nos tristesses, des sympathies pour toutes nos aspirations. Fils de la Terre, notre organisme est en vibration avec tous les mouvements qui constituent la vie de la nalure : il les comprend, les partage et en laisse dans notre être un retentissement profond lorsque Tarlifice ne nous a pas atrophiés. Fille du principe de la création, notre âme retrouve l'infini dans la nature. Pour la science spiritualiste il n'y a plus, en face l'un de l'autre, un mécanisme automate et un Dieu relire dans son absolue immobilité ; Pieu est la puissance et Tacte de la nature; il vit en elle, et elle en lui; Tesprit se fait pressentir à travers les formes changeantes de la matière. Oui, la nature a des harmonies pour Tâme. Oui, elle a des tableaux pour la pensée. Oui, elle a des biens pour les ambitions de l'esprit. Oui, elle a des tendresses pour les aspirations du cœur. Car elle ne nous est pas étrangère, elle n'est pas séparée de nous; mais nous ne faisons qu'un avec elle.
Or la force vivante de la nature, celte vie mentale qui réside en elle, cette organisation de la destinée des êtres, cette sagesse et cetle toute-puissance dans l'entretien de la création, celte communication intime d'un esprit universel entre tous les êirôs : qu'est-ce autre chose,
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sinon la révclalion de l'existence de Dieu? Qu'cslce, sinon la manifestation de la pensée créatrice, éternelle et immense? Qu'est-ce que la faculté élective des plantes, rinstincl inexplicable des animaux, le génie de l'homme? Qu'est-ce que le gouvernement de la vie terrestre, sa direction autour du foyer de sa lumière et de sa chaleur, les révolutions célestes des soleils dans l'espace, le mouvement universel des mondes innombrables qui gravitent ensemble dans l'infini, sinon la démonstration vivante et impérieuse de la volonté inaccessible qui tient le monde entier dans sa puissance et toutes nos obscurités dans sa lumière? Qu'est-ce que l'aspect spirituel de la nature, sinon le pAle rayonnement de la beauté éternelle? splendeur inconnue que nos yeux dévoyés par les fausses dartés de la terre peuvent à peine entrevoir aux heures saintes et bénies où l'Être divin nous permet de senlir sa présence.
Les lois de la nature nous ont prouvé l'existence d'une Intelligence ordonnatrice. Elles sont nonseulement constantes, dît sir John Herschel *, mais concordantes, intelligibles. Il est facile de les saisir à l'aide de quelques recherches plus propres a piquer qu'à éteindre la curiosité; si nous appartenions à une autre planète, et »]ue, transportés tout à coup dans une de nos sociétés, nous nous missions à observer ce qui s'y passe, nous serions d'abord embarrassés de dire si cette société est
A Oa the sludy of the natuial pliilosopliy'.