‹ Dieu dans la natureChapitre 163 sur 167 · DERNIÈRES VUES SUR LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

DERNIÈRES VUES SUR LA DOCTRINE

lier si dans la nature c'est la matière qui est souveraine de la force ou si c'est la force qui régit la matière. Les affirmations des matérialistes nous ont paru dès le premier aspect purement arbitraires et de simples pétitions de principes faciles à démasquer.

Notre examen du rôle de la force dans la nature a commencé par le panorama des grandeurs célestes. Nous avons vu que dans l'immensité de l'espace les mondes sont gouvernés par la loi, par la loi mathématique, et que c'est à l'exécution de cette loi que Ton doit l'harmonie des mouvements célestes, la fécondité des astres, l'entretien des êtres vivants à leur surface, la vie et la beauté de l'univers. La matière inerte ne nous ayant pas paru capable de comprendre et d'appliquer le calcul infinitésimal, nous avons conclu que Tordre numérique de l'organisation astronomique est dû à un esprit, supérieur sans doute à celui des astronomes qui ont découvert la formule de ces lois. Les objections qu'on nous oppose ont réfuté d'ellesmêmes leurs puérilités réciproques.

L'examen des lois qui président aux combinaisons chimiques, du rôle de la géométrie et de l'algèbre dans l'infîniment petit, des forces qui régissent les phénomènes du monde inorganique et ordonnent les voyages des atomes, de l'harmonie révélée dans les vibrations de la lumière comme dans celle du son, et du premier éveil de la force organique dans le monde des plantes, nous a démontré que sur la Terre comme dans le ciel une

inlellîgence inconnue ordonne rarrangement du monde, en constitue la grandeur et la beauté.

Cet établissement de la théorie véritable des rapports entre la force et la matière a pour épigraphe l'ancienne devise des Pythagoriciens : les Nombres régissent le monde.

Pénétrant alors dans le domaine de la vie, le premier aspect qui domina notre contemplation fut Punité en laquelle tous lesêlressont enveloppés. La substance des êtres nous a bientôt paru ne pas leur appartenir en propre et passer incessamment de Tun à l'autre, l'organisation vitale de notre planète ayant Pair pour médium. Les procédés de la respiration et de l'alimentation nous ont montré la solidarité qui relie les animaux aux plantes. Le corps humain s'est présenté à nous se transformant sans cesse. Le grand phénomène de la circulation de la matière a établi que l'existence d'une force centrale constituant la vie dans chaque être est absolument nécessaire pour expliquer la permanence de l'organisme, Péquilibre des fonctions vitales, l'existence même. Cette force organique ne peut se transmettre que par la génération. L'exposé des dernières conquêtes de la chimie organique a continué PafGrmation de la force comme la physiologie Pavait établi.

Remontant alors au delà de la vie actuelle, à Porigine des êtres sur la Terre, la cause du spiritualisme a révélé progressivement sa nécessité et sa vérité. Nous avons comparé Pancicnne hypothèse malériaiiste de la création à la nouvelle, et

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nous avons trouvé qu'elles ne font qu'une et sont insuffisantes. La même recherche nous a conduits au problème non résolu des générations spontanées. Le point particulier de la question fut de constater que dans Thypothèse même de la matière s'organinisant elle-même, la théologie naturelle n'est pas en cause, et que la force directrice garde son ab* solue nécessité. Nous avons vu, au surplus, que ce ne sont pas les maîtres qui opposent leurs théories à l'admission de Dieu, mais seulement les disciples inexpérimentés : la loi règne dans la transformation des espèces,dans leur progression comme dans leur création séparée. Et quant à Fhomme luimême, nous avons vu que sa place caractéristique dans la création est moins son caractère anatomique que sa valeur intellectuelle considérée dans sa raison et dans le progrès dont il est capable.

Cette étude générale sur la vie terrestre a pour épigraphe la proposition fondamentale de l'œuvre d'Aristote: L'âme est la cause efficiente et le principe organisateur du corps vivant.

Mais c'est surtout dans l'homme lui-même que nous avons reconnu avec évidence l'inattaquable souveraineté de la force. Notre examen du cerveau a fait justice d'abord de l'illusion des métaphysiciens qui dédaignent le laboratoire et la dissection, et eroient tenir la nature dans une définition ; il a établi les rapports du cerveau et de la pensée, et montré que la composition du cerveau, sa forme, son volume et son poids, sont loin d'être étrangers à Tâme. L'action de l'esprit sur le cerveau est alors

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