‹ Dieu dans la natureChapitre 18 sur 167 · LES ILLUSIONS DE L'ATHÉISME · texte numérisé non relu

LES ILLUSIONS DE L'ATHÉISME

agissant au dehors des choses. » Mais encore une fois, qui vous parle de cela ? « La force n'est pas un Dieu qui pousse, dit Molescholl, ce n*est pas une essence des choses isolées du principe matériel, » Personne n'aura la \ue assez bornée, dit-il ailleurs, pour voir dans les actions de la nature des forces qui ne seraient pas liées à un substrat matériel. Une force qui planerait librement au-dessus de la matière serait une idée absolument vide.

Décidément, il y a encore aujourd'hui des chevaliers errants, qui guerroient autour des vieux manoirs du Rhin et qui volontiers se battent contre des moulins à vent, à la façon des héros de Cervantes. Car enfin, quel est le philosophe d'aujourd'hui qui enseigne un Dieu ou des forces en dehors de la nature? — Nous voyons en Dieu Fessence virtuelle qui soutient le monde dans chacune de ses parties infiniment petites; d'où il résulte que le monde en est comme baigné, imbibé de toutes parts, et que Dieu est présent dans la composition même de chaque corps.

Ainsi, la première tranchée creusée par nos adversaires pour le siège du spiritualisme a été comnlée par eux-mêmes ; la seconde n'est pas même dirigée contre la citadelle, et nos soldats allemands ne font que battre la campagne.

Une troisième erreur capitale et impardonnable pour des savants d'un certain âge, c'est qu'ils s'imaginent avoir le droit d'affirmer sans preuves, et qu'ils se bercent de la naïve confiance qu'on est forcé de les croire sur parole. Ils affirment là où

la vraie science garde le plus profond silence. Ils affirment^ comme s'ils avaient assisté au conseil de la création, ou comme s'ils avaient créé le monde eux-mêmes.

Voici quelques, spécimens de ce genre de raisonnements, dont l'infaillibilité est si fièrement proclamée. Que les esprits un peu accoutumés à la pratique de la science se donnent la peine d'analyser les affirmations suivantes :

c( La force, dit Molescholt, ti^est pas un dieu, donnant Timpulsion, elle 7i*est pas un Cire séparé de la substance matérielle des choses (voulez-vous dire séparé ou distinct?) C'est la propriété inséparable de la matière, qui lui est inhérente de toute éternité. Une force quine seraitpas attachéeàla matière serait une idée absurde. L'azote, le carbone, l'hydrogène et l'oxygène, le soufre et le phosphore ont des propriétés, qui leur sont inhérentes de toute éternité., .Honch matière gouverne l'homme. »

Chacune de ces affirmations ou de ces négations est une pétition de principe : tout dépend du sens que l'on donne aux termes discutables employés ici; elles se résument à déclarer que la force est une propriété de la matière. Or c'est précisément là qu'est la question. Ces fiers champions qui prétendent représenter la science et parler en son nom, ne daignent même pas suivre la méthode scientifique, qui est de ne rien affirmer sans preuves. Ils onl stéréotypé une maxime qui brille en lettres d'or sur le déploiement de leur drapeau : c< Toute proposition non démonlrôo e>'pcrimcnla]omcnt ne

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