‹ Dieu dans la natureChapitre 19 sur 167 · LKS PRÉTENTIONS DE L'ATHÉISME · texte numérisé non relu

LKS PRÉTENTIONS DE L'ATHÉISME

mérile que le dédain, » et ils Toublient dès le début de leur discours. Ce sont des prédicateurs d*un nou\*eau genre : Faites ce que je dis et non pas ce que je fais. Nous constaterons eu effet que ceux qui affirment que la force ne donne pas l'impulsion à la matière, prennent cette idée dans leur imagi* nation et non dans la science.

Écoutons quelques autres affirmations gêné* raies. « La matière, dit Dubois-Rcymond, nest pas un véhicule auquel, en guise de chevaux, on mettrait et on ôterait alternativement les forces. Les propriétés sont de toute éternité inaliénables, intransmissibles. »

Sur la destinée de l'homme, Moleschott s'ex* prime ainsi . € Plus nous concevons clairement que nous travaillons au plus haut développement de Thumanité par une judicieuse (?) association d'acide carbonique, d'ammoniaque et de sels, d'acide humique et d'eau, plus aussi deviennent nobles la lutte et le travail, » etc.

Et dans notre pays même : <x Une idée, dit la Revue médicale, est une combinaison analogue h celle de Tacide formique; la pensée dépend du phosphore ; la vertu, le dévouement et le courage, sont des courants d'électricité organique, » etc.

Qui vous a dit cela, messieurs les rédacteurs? Vos lecteurs doivent s'imaginer que vos maîtres enseignent de telles plaisanteries. Or il n'en est rien. Au point de vue scientifique, ces raisonnements sont absolument nuls. Vraiment on ne sait lequel admirer le plus, ou de Taudace de ces singuliers

^ LIVRE L — LA FORCE ET LA mAiiEinis.

représentants de la science, ou de la naïveté de leurs prétentions.

Newton disait : « Il nous semble. . . » Kepler disait : ^e vous soumets ces hypothèses... Ces messieurs di* ient : J* affirme^ je nie, ceci est, ceci nest pas, la science a jugéy la science a prononcé, la science eondamne, bien que dans ce qu'ils allèguent, il n'y ait pas l'ombre d'un argument scientifique.

Une telle méthode peut avoir le mérite de la Jarté; mais, à coup sûr on ne lui reprochera pas d'élre trop modeste ni d'être vraiment scientifique.

Vous avez la hardiesse d'imputer à la science la lourde somme de vos hérésies. Si la science vous entendait, messieurs — mais elle doit vous entendre, car vous êtes ses fils — si la science vous en^ tend, messieurs, elle doit légèrement sourire de votre illusion.

La science affirme, dites-vous, la science nie^ la science ordonne, la science défend... Vous lui mettez de grands mots sur les lèvres, à cette pauvre science, vous lui supposez un grand orgueil dans le cœur.

Non, messieurs, et vous le savez bien (entre nous) en ces matières, la science n'affirmé rien, ne nie rien ; la science cherche !

Réfléchissez donc que la forme de vos phrases trompe les ignorants, et qu'elle peut induire en erreur tous ceux qui n'ont pas eu la faculté de faire les mêmes études que vous, et songez que lorsqu'on se présente sous le litre d'interprète delà science, on doit à ce titre de ne pas le travestir, et de rester lo6

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