LES BROUILLARDS DE L'ATHÉISME
fidèles et par conséquent les modestes traducteurs d'une cause dont la modestie est le premier mérite. Si de la question de la force en général, nous passions à celle de l'âme, nous obsenrerions que dans le domaine de la vie animale ou humaine, nos adversaires ne craignent pas d'affirmer, sans plus de preuves que précédemment, que la personnalité de l'être vivant et pensant n'existe pas, que l'esprit, comme la vie, n'est qu'une résultaifte physique de certains groupements d'atomes, et que la matière gouverne Phomme aussi exclusivement qu*elle gouverne, selon eux, les astres et les cristaux. Le phénomène le plus curieux, c'est qu'ils s'imaginent éclaircir le problème par leurs obscures explications : « L'esprit, dit le docteur Hermann Scheffler*, n'est autre chose qu'une force de la matière résultant immédiatement de l'activité nerveuse. » Mais d'où vient celte activité nerveuse?
— De l'éther (?) en mouvement dans les nerfs. De sorte que les actes de l'esprit sont le produit immédiat du mouvement nerveux délerminé par l'éther ou du mouvement de l'éther dans les nerfs —à quoi il fautajouterun changement mécanique, physique ou chimique, de la substance impondé rable des nerfs et des autres éléments des corps..»
— Voilà, j'espère, la question bien éclairée.
« Vivre, dit Virchow, n'est qu'une forme parti' culière de la mécanique. » — « L'homme n'est qu'un produit de la matière, dit Bùchner, il n'est point Fêtre que les moralistes dépeignent ; il n'a
* Korper und Geist, etc.
28 LIVRE I. — U FORCE ET Li MATIÈRE.
aucune faculté intellectuelle en privilège. » — « U y a dans tous les nerfs un courant électrique, dit Dubois-Reymond, et la pensée n'est qu'un mouvement de la matière. » — « Les facultés de l'âme, dit Vogt, ne sont que des fonctions delà substance cérébrale ; elles ont avec le cerveau à peu près le même rapport que Turine avec les reins*. » — « Le sentiment de soi, la conscience, dît Moleschott, n'est qu une sensation de mouvements matériels, liée dans les nerfs à des courants électriques et perçus par le cerveau. »
Nous aurons lieu de signaler plus loin un dithyrambe du môme auteur sur le phosphore du cerveau, sur les. pois, les haricots et les lentilles. Quant à présent, bornons-nous à ces édifiants témoignages.
Mais admirons la conclusion fondamentale : « C'est par ces motifs que les savants définissent la force une simple propriété de la matière. Quelle est la conséquence générale et philosophique de cette notion, aussi simple que naturelle? Que ceux qui parlent d'une force créatrice qui aurait créé le monde d'elle-même ou de rien, ignorent le premier et le plus simple principe de Tétude de la nature, basée sur la philosophie et sur Tempirisme. »
Et, ajoute-t-on, « quel est l'homme instruit, quel est celui qui, avec une connaissance seulement superficielle des résultats des sciences naturelles, pourrait dquter que le monde ne soit pas gouverné, comme on dit habituellement, mais que les mou->
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