‹ Dieu dans la natureChapitre 21 sur 167 · LES RAISONNEMENTS DE U L'ATHÉISHE · texte numérisé non relu

LES RAISONNEMENTS DE U L'ATHÉISHE

vcmcnts de la matière sont soumis aune nécessité absolue el inhérente à la matière elle-même? »

Ainsi, de par rautorilé de quelques Allemands^ qui viennent naïvement déclarer, dés la première page, qu^ils ne veulent à tout prix ni de l'existence de Dieu, ni de celle deTâme, et asservir une ombre de notion scientifique à la prétendue justification de leur fantaisie; il nous faudrait, selon eux, ou cesser de faire de la science, ou cesser de croire en Dieu. Si seulement ils avaient eu la précaution d'appliquer les règles du syllogisme à leur méthode, s'ils avaient eu soin de poser d'abord des prémisses irréfutables et de n'en tirer qu'une conclusion légitime, on pourrait les suivre dans leur raisonnement et leur décerner un prix de rhétorique. Mais observez en quoi consiste leur procédé :

Majeure. La force est une propriété de la matière.

Mineure, Or, une propriété de la matière ne peut être considérée comme supérieure, créatrice ou organisatrice de celte matière.

Conclusion. Donc, l'idée de Dieu est une conception absurde.

Ils posent ainsi d'abord en principe le sujet h discuter. Tout en combattant la méthode du christianisme, ils ressemblent fort à ceux qui, pour prouver aux Romains la divinité de Jésus, corn* mençaient ainsi :

Jésus est Dieu^ — et tiraient ensuite leurs déduc* tiens de ce principe non prouvé.

Et nous faisons beaucoup d'honneur à ces écrivains en appliquant à leurs allégations les règles du

raisonnement, car ils n'ont peut-être jamais songé à suivre ces règles.

Nous pourrions encore mettre leurs prélenlions sotis une autre forme plus naïve :

Antécédent. On renconire toujours ensemble la matière et la force.

Conséquent. Donc^ la force est une qualité de la fnatière.

Voilà, j*espère, un enlhymème d'un nouveau genre, et la conséquence est bien évidente, n'est-ce pas? Mais c'est ainsi que MM. les Allemands raisonnent, et leurs clairvoyanls imitateurs, les posi^ tivistcs de la jeune France.

Dans le premier cas, le raisonnement pèche par sa base ; dans le second, il ne mérite mémo plus ce reproche : c'est un enfantillage.

Il est pénible de l'écrire, mais en vérité, c'est à cette puérilité, ou, pour mieux dire, àceltc perversion de la faculté raisonnable, que se réduit le for« midable mouvement du matérialisme contemporain. C'est le cas ou jamais d'appliquer ce mol d'un misanthrope, qui, modifiant légèrement la qualification de notre espèce, disait que l'homme n'est pas un animal raisonnable, — mais raison-* neuf.

Tout le fondement de cette grande querelle, toute la base de cet édifice hétérogène dont la chule imminente pourra écraser bien des cervaux dans ses ruines, toute la force de ce système qui prétend dominer le monde et l'avenir, toute sa valeur et toute sa puissance reposent sur cette assertion fan-

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