‹ Dieu dans la natureChapitre 22 sur 167 · A QUOI SE RÉDUIT L'ATHÉISBUB · texte numérisé non relu

A QUOI SE RÉDUIT L'ATHÉISBUB

taisisfe^ arbitraire et nullement démonli^ée : que la force est une propriété de la matièce.

Et c'est en feignant de suivre rigoureusement les démonstrations scientifiques^ et de ne s'appuyer que sur des vérités reconnues, c'est en s*abritanl sous lélendard de la science, c'est en empruntant ses formules et ses gestes, c'est en se dérobant sous son masque, que les orateurs de l'athéisme et du néant proclament leurs belles et touchantes doctrines.

Afais la science n'est pas un masque. Elle parle le visage découvert» elle ne revendique pas les fausses manœuvres et les clartés mensongères : calme et pure dans sa grandeur, elle se prononce simplement, humblement, comme un être qui a conscience de sa valeur intime, et qui ne cherche pas à en imposer, et surtout elle n'avance pas les choses dont elle n'est pas sûre, et au lieu d'affirœer ou de nier, elle cherche et poursuit laborieusèment son œuvre.

L'exposé précédent a déjà laissé deviner, sans doute, la tactique de l'athéisme contemporain, il n'est point le résultat direct de l'étude scientifi que,mais cherche à s'insinuer sous cette apparence, il y a évidemment ici illusion chez ces philosophes, car nous savons qu'un certain nombre d'entre eux ont une conviclion sincère ; c'est àforce de désirer marier leurs théories à la science qu'ils ont fini par voir se réaliser dans leur esprit cette union, cette mésalliance. Ces théories ne peuvent pas invoquer en leur faveur une seule des grandes expérimentations scientifiques de notre temps, n'importe,

elles se donnent comme le résultat de tout le travail scientifique moderne : elles le répètent, et c'est par de tels mots qu'elles abusent les ignorants et la jeunesse légère, et tendent à leur faire croire que les sciences, à force de progresser, ont fini par découvrir et démontrer qu'il n'y a ni Dieu ni âme. Ce sont eux qui forment la science. On dirait à les entendre qu'il n'y a rien en dehors d'eux. Les grands hommes de l'antiquité, du moyen âge et des temps modernes ne sont plus que des fantômes, et la philosophie tout entière doit disparaître devant l'athéisme prétendu scientifique.

Il ne faut pas que les imaginations populaires se laissent abuser par un jeu de paroles, qui vraiment ressemble parfois à une comédie. Il convient que les esprits pensent eux-mêmes, jugent en connaissance de cause, et acquièrent la certitude que les faits scientifiques, interrogés sans parti pris , ne comportent pas les conclusions dogmatiques qu'on leur impose.

Vue de près, la pierre angulaire posée à grands frais par le matérialisme contemporain, laisse deviner qu'elle n'est qu'un vieux bloc de bois vermoulu, et au fond les partisans de ce système ne sont guère plus assurés de la solidité de leur scepticisme que ne l'étaient les chauves disciples d'Heraclite ou d'Épicure. Quoi qu'ils veuillent nous en faire accroire, leur système tout entier n'est autre chose qu'une hypothèse, plus vaine et moins fondée que bien des romans scientifiques.

Et puisqu'ils déclarent eux-mûmes que toute

POSITION DU PROBLËMB. 5S

hypothèse doit être bannie de la science, c'est par leur expulsion qu'il faut commencer.

De quel droit, en effet, viennent-ils faire de la force en attribut de la matière? De quel droit affirment-ils que la force est soumise à la matière j qu*elle obéit humblement aux caprices de celle-ci, et qu'elle est l'esclave absolue des éléments inertes, morts, insouciants et aveugles? — Il nous semble que nous avons un droit mieux fondé et plus évident de proposer le contraire, et de renverser ainsi par sa base leur fameux édifice.

Terminons donc cet exposé du problème en décidant que la question se pose en ces termes fondamentaux : La force est-elle soumise à la matière, ou, bien la matière est-elle soumise à la force?

Il s'agit de discuter Tun et l'autre et de choisir ; ou pour parler plus exactement, il s'agit d'observer la nature et de se décider d'après Tobservation.

Or, puisque les honorables champions de la matière affirment si fermement le premier point, nous commençons pur le révoquer en doute et par proposer Tallégation contraire.

Au frontispice de cet œuvre nous inscrivons donc l'interrogation : La force est-elle soumise à la matière, ou au contraire, la force ne régit-elle pas la matière? c'est le dilemme qui doit être résolu par les faits eux-mêmes.

Le spectacle général de l'univers va nous offrir une première démonstration de la souveraineté de la force et de l'illusion des matérialistes. Delà matière nous nous élevons aux forces qui la régissent,

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des forces aux lois qui les gouvernent, de ces lois à leur mystérieux auteur. L'harmonie remplit le monde de ses accords, et Foreilie de certains petits êtres humains se refuse à Tentendre. La mécani^ que céleste lance hardiment dans l'espace l'arc def orbites stellaires, et Tœil d'un parasite de ces glo bes méconnaît la grandeur de son architecture. La lumière, la chaleur, l'électricilé, ponts invisibles jetés d'une sphère à l'autre, font circuler à travers les infinis, le mouvement, l'activité, la vie, le rayonnement de la splendeur et de la beauté, et de faibles créatures à peine écloses à la surface d'une pauvre sphère, aiment mieux grelotter dans l'ombre que d'avouer le rayonnement céleste. Estce folie ou sottise? est-ce orgueil ou ignorance? quelle peut être l'origine et quel peut être le but d'une aussi singulière aberration ? Pourquoi, lorsque la force vitale, joyeuse et féconde, palpite depuis le paternel soleil jusqu'au papillon qui nait et meurt le même matin, depuis le chêne séculaire de nos forêts jusqu'à la violette printanière; — pourquoi lorsque la vie brillante et magnifique dore les moissons de juillet, caresse les boucles blondes de la pétulante jeunesse, tressaille dans le sein virginal de la fiancée ; — pourquoi nier la beauté, pourquoi travestir la bonté, pourquoi méconnaitre l'intelligence? pourquoi empoisonner les vertus élernelles qui soutiennent l'édifice du monde, et éclipser tristement la lumière immaculée qui descend des cieux?

Avant de pénétrer les mystères du royaume si

POSITION DU PROBLEIIE. Sj

riche et si intéressant de la vie, nous devons d*abord considérer l'esquisse matérielle de Tunivcrs et commencer par démontrer la souveraineté de la force dans le dessein de cette esquisse même. Nous diviserons cette première considération en deux sections : le Ciel et la Terrê^ afin d* établir, d*abord . pBv les lois astronomiques, wsuite par les lois tcr« reslres, qu'en chaquepoint de la oréation lamatiëre n'a jamais été qu'une esclave servile, universelle* ment dominée par la souveraineté des forces qui la régissent. Cette division ne doit pas un seul instant nous rappeler l'antique comparaison du ciel et de la Terre ; nous savons tous que ce sont là deux termes non comparables. En valeur absolue; le ciel est tout, la Terre n*est rien. La Terre est un atome imperceptible perdu au sein de Finfini ; le ciel Tenloure, Tenveloppe, sans bornes; elle fait partie de la population céleste, sans exception, sans privilège particulier. Accoler ces deux expressions : le ciel et la Terre, c'est dire : les Alpes et im petit caillou ; rOcéan et une goutte d'eau ; le Sahara et un grain de sable. C'est comparer la minime partie d'un tout à ce tout lui-même.

n importe donc de ne pas attacher une interprétalion littérale à notre division ; elle n'a d'aulre raison d'être que la clarté du sujet. Pour nous, liabilanls de la Terre, cet astre est quelque chose, de même que pour la petite chenille qui éclôt sur un brin d'herbe, ce brin d'herbe est quelque chose, malgré son insignifiance dans la prairie entière.

Moire sphère d'observation se divise naturelle-

ment en deux parts : ce qui appartient à noire monde et ce qui ne lui appartient pas. Or, nous allons établir que hors de noire monde, aussi bien que sur lui, la matière en tout et partout n'est qu'une chose inerte, aveugle, morte, composée d'éléments incapables de se diriger eux-mêmes, qui ne pensent ni n'agissent par leur propre im«pulsion, et que dans les sentiers invisibles de l'espace, aussi bien que dans les canaux de la sévc ou du sang, ce qui groupe les atomes, ce qui dirige les molécules, ce qui conduit les mondes, c'est une Force, qui manifeste à la fois le plan, la volonté, rintelligencc, la sagesse et la puissance de son auteur.

LE CICL

Les Imrmonîpsdu monde sidéral. — Lois de Kepler. — Attr«ctlM universelle. — Ordonnance des orbes et des mouvements. — Que la force régit la matière. — Caractère intelligent des lois astronomiques ; conditions de la stabilité de l'univers. — Puissance, ordre, sagesse. — Négation athôej reproches curieux à l'organisateur ; objections singulières au mécanicien. — Est-il Trai qu'il n'y ait aucune marque d'intelligence dans la construction de la nature? — Réponse aux juges de Dieu

La contemplation de la nature terrestre offre, sans contredit, des charmes particuliers à Tesprit instruit, qui découvre dans Forganisation des êtres le mouvement incessant des atomes dont ils sont formés et rechange permanent qui s^opère entre toutes choses. Nous admirons avec justice les manifestations de la vie à la surface de la terre. La chaleur^ solaire qui garde àTétat liquide Veau des fleuves et des mers, élève la sève vers le front des arbres, fait battre le cœur des aigles et des co« lombes, La lumière qui répand la verdure sur les

prairies, nourrit les plantes d'un souffle incorporel, peuple l'atmosphère de ses merveilleuses beautés aériennes. Le son, qui tremble dans le feuillage, chante à la lisière des bois, gronde au bord des mers; en un mot, la corrélation des forces physiques qui réunit le système de la vie tout entière sous la fraternité des mêmes lois. Or, autant est fervente T admiration excitée par le rayonnement de la vie à la surface de la terre, autant et plus elle est applicable à tous ces mondes qui rayonnent au-dessus de nos têtes pendant la nuit silencieuse. Ces mondes lointains, qui se balancent comme le nôtre dansTéther, sous le bercement des mêmes énergies et des mêmes lois, sont comme le nôtre le siège de ractivité et de la vie. Nous pourrions présenter ce grand et magnifique spectacle de la vie universelle comme un éloquent témoignage de rintelligence, de la sagesse et de la puissance de la cause innommée qui trouva bon, des l'aurore de la création, de voir refléter sa splendeur dans le miroir de la nature créée. Mais ce n'est pas sous cet aspect que nous voulons développer ici le panorama des grandeurs célestes. Nous voulons seulement appeler les négateurs de l'intelligence créatrice devant le théâtre des lois qui régissent le monde. Si, consentant à ouvrir les yeux devant ce théâtre, ils persistent à nier cette intelligence, nous avouons que la plus grande justice à leur rendre en réponse à cette négation mcompréhensible, c'est à notre tour de douter de leur faculté mentale* Car à parler franchement,

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