‹ Dieu dans la natureChapitre 24 sur 167 · LOIS DES MOUVEMENTS CÉLESTES · texte numérisé non relu

LOIS DES MOUVEMENTS CÉLESTES

des planètes autour du soleil et des salellîles autour de leury planètes tels que les a détermines Kepler, se déduisent comme des conséquences nécessaires de la môme loi, et comment les orbilcs des comètes elles-mêmes ne sont que des cas particuliers des mouvements planétaires. Passant ensuite à des applications difficiles, il fait voir comment les inégalités si compliquées du mouvement delà Lune tiennent à Faction perturbatrice du Soleil, comment les marées naissent de l'inégalité de Fattraclion que ces deux astres exercent sur la Terre et l'Océan qui Tentoure. Il fait voir, enfin, comment la précession des équinoxes n'est qu'une conséquence nécessaire de la même loi.

C'est à Texécution de ces lois qu'est confiée Tharmonie du système planétaire; c'est à ces lois que les mondes doivent leurs années, leurs saisons et leurs jours; c'est en elles qu'ils puisent la lumière et la chaleur distribuées à des degrés divers par la source étincelante, c est d'elles que descend le rayonnement de la vie, forme et parure des corps célestes. Sous l'action irrésistible de ces forces colossales, ces mondes sont emportés dans l'espace avec la rapidité de l'éclair, et parcourent des centaines de mille lieues par jour, incessamment, sans arrêt, suivant scrupuleusement la route sûre, tracée d'avance par ces forces elles-mêmes. S'il nous était donné de nous affranchir un instant des apparences sous l'empire desquelles nous nous croyons en repos au centre du monde, et s'il nous était permis d'embrasser dans un coup d'œil d'ensemble,

les mouyements dont toutes les sphères sont ani-* mées, nous serions étrangement surpris de là majesté de ces mouvements. Sous nos yeux émerveillés de vastes globes tourbillonneraient rapidement sur eux-mêmes, lancés à toute vitesse dans les déserts du vide, comme de gigantesques boulels qu'une force de projection inimaginable aurait envoyés dans l'infini. Nous nous étonnons de ces trains rapides qui roulent sur nos voies ferrées en dévorant l'espace, et semblent emportés par les dragons flamboyants de Tair; mais les globes célestes, plus volumineux que la Terre, s'envolent avec une rapidité qui dépasse autant celle des locomotives que celles-ci surpassent la marche d'une tortue. La Terre où nous sommes, par exemple, vogue dans l'espace avec une vitesse de six cent-cinquante mille lieues par jour. Autour de ces mondes, nous verrions des satellites roulant alentour, à différentes distances, emportés et gouvernés par les mêmes lois. Et toutes ces républiques flottantes, penchant tour à tour leurs pôles vers la chaleur et la lumière, gravitant sur leur axe et présentant chaque matin les différents points de leur surface au baiser de l'astre-roi; puisant dans la combinaison même de leurs mouvements la rénovation incessante de leur jeunesse et de leur beauté ; renouvelant leur fécondité par la succession des printemps, des étés, des automnes et des hivers; couronnant leurs montagnes de forêts où le vent soupire ; ornant leurs paysages du miroir des lacs silencieux ; s'enveloppant parfois dans Id duvet de leur atmo-

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sphère comme d'un manteau protecteur, ou 8*cnvironnant aux jours de colère des foudres retentissantes et des tempêtes ; déployant à leur surface rimmensité des ondes océaniques qui, ellesaussi, S6 soulèvent sous l'attraction des mondes comme un sein qui respire; illuminant leurs crépuscules des splendeurs d'adieu que le soleil^ donne à son dernier regard^ et frémissant à leurs pôles sous les palpitations électriques d'où s* élancent les éventails de l'aurore boréale; enfantant, berçant et nourrissant la multitude des êtres qui constituent et renouvellent le royaume de la vie, depuis les plantes, vestiges du passé, jusqu'à Ihomme, contemplateur de Tavenir... Tous ces mondes, toutes CCS demeures de Tespace, toutes ces républiques de la vie, nous apparaîtraient comme des navires guidés par la boussole, et portant à travers TOcéan céleste des populations qui n'ont à craindre ni les écueils, ni T ignorance du capitaine, ni le manque de combustible, ni les famines, ni les tempêtes. Étoiles, soleils, mondes errants, comètes flamboyantes, systèmes étranges, astres mystérieux, tous procla* meraient Tharmonie, tous seraient les accusateurs de ces esprits qui condamnent la force à n'être qu'un attribut de l'aveugle matière. Et lorsque, suivant les rapports numériques qui lient tous ces mondes au Soleil comme au cœur palpitant d'un même être, ncHis aurons personnifié le système planétaire dans le Soleil lui-même, foyer colossal qui les absorbe tous dans son éclatante et puissante personnalité; alors nous contemplerons^ce soleil et ce sys-

tème dans leur cours à travers les vides infinis, et bientôt, sachant que toutes les étoiles sont autant de soleils, entourés comme le nôtre d'une famille qui respire autour d'eux leur vie et leur lumière, nous observerons que toutes les étoiles sont guidées les unes et les autres par des mouvements divers, et qu'au lieu d'être fixes dans l'immensité, elles parcourent cette immensité avec des vitesses terriîianles, plus formidables encore que celles mentionnées plus haut. C'est alors que Tunivers tout entier éclatera à nos yeux sous son véritable jour , et que les forces qui le régissent proclameront avec réloquence merveilleusement brutale du fait, leur valeur, leur mission, leur autorité et leur puissance. Devant ces mouvements indescriptibles, nous pouvons même dire inconcevables, qui emportent dans les déserts infinis, ces milliards et ces milliards de soleils, devant cette chute immense, cette pluie d'étoiles dans l'infini ; devant ces routes, ces orbites incommensurables, qu'ils suivent aussi docilement que Faiguille d*une horloge, la pomme qui tombe, ou la roue d'un moulin suivent la pesanteur; devant l'obéissance des €orps célestes à des règles que la mécanique et les formules de Tanalyse peuvent tracer d'avance, et devant cette condition suprême de la stabilité et delà durée du monde : quel est celui qui osera nier que la force ne régisse pas la matière, qu elle ne la gouverne pas souverainement, qu'elle ne la dirige pas suivant la loi inhérente ou affectée à la force elle-même? Quel est celui qui prétendra asservir la force à la con-

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