LE CIEL
ment de la vérilé, mais surlout Je rulililé de leur découverte et de son influence favorable sur le sain progrès de cette petite humanité. D'ailleurs, ils ont fait savoir aux membres de cette humanité, que tous ceux qui ne partageaient pas leur opinion étaient en contradiction avec la science de la na« ture ; et que la meilleure qualification dont on puisse honorer ces retardataires, est celle d'ignorantîssimes et d'entêtés. Ne vous exposez donc pas à être jugées aussi défavorablement par ces messieurs, ô resplendissantes étoiles I Faites en sorte de distinguer notre imperceptible spleil, notre atome terrestre, notre mite raisonneuse; et vous unissant à cette déclaration importante, arrêtez le mécanisme de Tuni vers, suspendez à la fois la mesure et l'harmonie, substituez le repos au mouvement, l'obscurité à la lumière, la mort à la vie ; puis, lorsque toute puissance intellectuelle sera anéantie, toute pensée bannie de la nature^ toute loi supprimée, toute force atrophiée, l'univers se dissolvera en poudre, vous pleuvrez en poussière dans la nuit infinie, et si Tatome terrestre existe encore, messieurs les philosophes, derniers vivants, seront satisfaits. Il n'y aura plus d'esprit dans la liature!
Su
LA TERlIff
I^i des combinaisons chimiques. -^ Proportions définies. *- De Finfiniment petit et des atomes. — Circulation des molécules sous la direction des forces physico-chimiques. — La géométrie et l'algèbre dans le règne inorganiqiie. Esthétique des sciences. — Que le Nombre régit tout. — Harmonie des sons. — Harmonie des couleurs. — Importance de la loi; moindre importance de la matière, son inertie. -^ Le premier éveil 4e ia toc# organique dans le monde végétal.
Les démonstrations en faveur de la dignité de la force, que nous tirons du spectacle de l'univers sidéral et de Tintelligence de la mécanique céleste, peuvent au même titre être puisées dans Texamen des corps terrestres. Là, c'était l'hymne de TinSniment grand ; ici c'est la causerie de Tinfiniment petit. La force régit les mouvements des atomes aussi bien que les orbites immenses des sphères éthérées. Elle change d'objet ; elle change de nom dans les classifications humaines; mais c'est la même force : c'est l'attraction universelle. On la
LES LOIS DANS LE MONDE TERRESTUE. 5ê
nomme cohésion lorsqu'elle groupe les atomes constitutifs des molécules, et gravitation, lorsqu'elle fait rouler les astres autour de leur centre commun de gravité. Mais le nom humain ne différencie pas le fait physique.
Les molécules constitutives des substances sont formées par une réunion géométrique d*atomes pris parmi les corps que la chimie appelle simples. Chaque molécule est un modèle de symétrie et représente un type géométrique. Ainsi, par exemple, la molécule d'acide sulfurique monohydraté est un solide géométrique régulier, un octaèdre à base carrée, composé de 7 atomes SHH)*. Les corp$ simples, pour former les corps composés, ne peutent ^e combiner qu'en nombres proportionnels, déterminés et invariables. On sait qu'on désigne sous le nom à* équivalents les nombres qui expriment les rapports des quantités pondérables des divers corps susceptibles d'entrer, elles ou leurs multiples, dans les combinaisons chimiques, et de s'y remplacer mutuellement pour former des composés chimiquement analogues. Cent parties d'oxygène, en poids, se combinent par exemple avec 12,50 d'hydrogtoe, pour former de Teau : car l'eau sera toujours composée dans ce rapport, et il serait absolument impossible d'ajouter àla combinaison qui constitue une molécule d'eau, une partie de plus d'hydrogène ou d'oxygène. L'eau formée par la combustion d'une flamme est identiquement la même quç celle des fontaines et des fleuves. De même 100 parties d'oxygène se combineront avec
350 de fer, pour former du protoxyde de fer. Ce sont là des règles absolues, auxquelles la matière est forcée d'obéir. La nature a horreur du hasard, comme on disait autrefois qu'elle avait horreur du vide. Et non-seulement ces équivalents représentent numériquement toutes les combinaisons des corps avec l'oxygène, mais encore toutes celles deces corps entre eux, de telle sorte, dans notre exemple, que si le fer se combine avec Thydrogène, ce sera toujours dans le rapport de 350 (équivalent du fer), à 12,50 (équivalent de l'hydrogène). De plus, toutes ces combinaisons s'effectuent suivant des règles géométriques, et la cristallisation des corps peut toujours être ramenée à l'un des six types fondamentaux : le cube, les deux prismes droits, le rhomboèdre, et les deux prismes obliques. Pour expliquer, non-seulement les combinaisons, mais encore tous les mouvements multiples qui s opèrent dans les incessantes transformations de la matière, dans les phénomènes de contraction et de dilatation, dans la manifestation des diverses propriétés des corps^ on admet que les atomes ne se touchent pas, même dans les corps les plu& denses et les plus solides, qu'ils sont isolés les uns des autres, et qu'en raison de leur petitesse, les intervalles qui les séparent sont les mêmes relativement à eux que les intervalles qui séparent les corps célestes; et enfin, de même que les corps célestes se meuvent les uns autour des autres sans cesser de rester unis par un lien solidaire, de même les atomes oscillent autour de leur position respeo