‹ Dieu dans la natureChapitre 30 sur 167 · LES LOIS DANS LA PHYSIQUE ET LA CHIMIE · texte numérisé non relu

LES LOIS DANS LA PHYSIQUE ET LA CHIMIE

tive sans s*écarler des limites réglées par la cohésion ou par raffmilé moléculaire. Il n'y a de pas de différence essentielle entre le monde des étoiles et le monde des atomes. Grossissez ce cristal, cette molécule, supposez-la grandissant, se développant jusqu'à atteindre le volume du système planétaire, d'une nébuleuse : vous aurez un véritable système avec ses forces et ses mouvements. Par contre, supposez que le système planétaire se désenfle pour ainsi dire, que toutes les distances se resserrent, que tous les corps qui le composent s'amoindrissent et qu'il arrive finalement à la dimension d*un agrégat chimique : nous sommes revenus au microcosme. Au surplus, les mesures, les expressionsd'infiniment graniet d'infiniment petit sont en nous, et non dans la nature, parce que nous rapportons tout à nous comme à un point de comparaison. Les idées de grand et de petit sont purement relatives. La nature ne connaît pas ces manières de voir.

Les phénomènes de la chaleur, de la lumière, du son, du magnétisme, s'expliquent par celle conception des mouvements atomiques. Sous l'influence de ces forces extérieures, les molécules se resserrent ou s'écartent et modifient leurs mouve menls, comme on voit dans l'espace les mondes précipiter leur cours à leur périhélie et le ralentir aux régions lointaines de leur aphélie. Lorsque nous occasionnons par un choc des vibrations dans les corps sonores, leurs molécules s'agitent en cadence, suivant le mode de leur harmonie. Or, ces

atomes sont d'une inexprimable pelilesse. On a calculé que le nombre des atomes renfermés dans un pelit cube de matière organique gros comme une tête d'épingle, devait s'élever au nombre inconcevable de huit sextillions (8 suivi de 21 zéros). En supposant, dit Gaudin, qu'on veuille compter ces atomes en en prenant un milliard par seconde, on emploierait deux cent cinquante mille ans à faire ce compte. Nous ne vérifierons pas. Quoiqu'il en soit, la substance des corps est un petit monde, un monde analytique, dans le sein duquel l'infiniment petit est réglé par des lois aussi rigoureuses que rinfinintient grand du monde sidéral. Lorsqu'on sait qu'un pouce cube de tripoli renferme quarante mille millions de galionelles fossiles ; lorsqu'on songe que dans la classe des infusoires le microscope nous permet dedistinguer des vibrions dont le diamètre n'excède pas un millième de millimètre, et que ces petits êtres qui se meuvent dans l'eau avec agilité sont pourvus d'appareils de locomotion servis par des muscles et des nerfs, qu'ils se nourrissent et possèdent des vaisseaux nutritifs, qu'ils sont actifs, cherchent, poursuivent leur proie, la combattent et se lancent parfois dans les abîmes de la goutte d'eau avec une vitesse et une force relativement supérieure au galop d'^un cheval, lorsqu'on ajoute à cette observation que ces animalcules sont enfin servis par des organes de sensibilité, on n'a pas de peine à croire que les molécules d'albumine et de gélatine qui les constituent sont vraiment d'une ténuité inimaginable, et que les atomes dont ces molécules

Page 1