‹ Dieu dans la natureChapitre 34 sur 167 · LA RÉVÉLATION PAR LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LA RÉVÉLATION PAR LA SCIENCE

force I quelle sagesse ! quelle indéfinissable perfection ! J'ai observé comment les êtres animés se superposent et s'enchaînent au règne végétal, les végétaux eux-mêmes aux minéraux qui sont dans les entrailles du globe, tandis que ce globe gravite dans un ordre invariable autour du soleil auquel il doit sa vie. Enfin j'ai vu le soleil et tous les autres astres, tout le système sidéral, immense, incalculable dans son infinitude, se mouvoir dans l'espace, suspendu dans le vide par un premier moteur incompréhensible, l'Êlre des êtres, la Cause des causes, le Guide et le Conservaleur de Tunivers, le Maîlre et l'Ouvrier de toute Toeuvre du monde...

« Toutes les choses créées portent le témoignage de la sagesse et de la puissance divine, en même temps qu'elles sont le trésor et l'aliment de noire félicité. L'utilité qu'elles ont atteste la bonté de celui qui les a faites, leur beauté démontre sa sagesse, tandis que leur harmonie, leur conservation, leurs justes proportions, et leur inépuisable fécon^ dite proclament la puissance de ce grand Dieu !

« Est-ce cela que vous voulez appeler la Providence? C'est en effet son nom, et il n'y a que son conseil qui explique le monde. Il est donc juste de croire qu'il est un Dieu, immense, éternel, que nul être n'a engendré, que rien n'a créé, sans lequel rien n'existe, qui a fait et ordonné cet ouvrage universel. Il échappe à nos yeux qu'il remplit toutefois de sa lumière ; seule la pensée le saisit ; c'est dans ce sanctuaire profond que se cachecelte majesté. »

Nos adversaires ne comprennent pas ces éleva-

lions de Tâme. Au surplus, pour sentir la poésie des choses, il faut d'abord la posséder en soi ; il faut que l'âme entre en vibration. L'esprit qui sabâisse au rôle de produit chimique n'est pas capable de ces jouissances.

Par circonstance, et puisque nous parlons ici de l'esthétique de la nature inanimée, notons en passant un exemple de la tendance de nos chimistes à étendre sur toutes choses la rigueur de leurs conceptions. Laissons-nous choir de Tidéal vrai dans un réalisme non réel.

M. Moleschott est certainement l'apôtre de la réalité physico-chimique ; il est même d'un réalisme sensiblement exagéré. Jugez plutôt de sa manière de poétiser la nature. Vous aimez sans doute le pur éclat des fleurs, leurs nuances si tendres, leurs parfums si suaves. Hélas! vous ne vous doutez guère de la position où vous êtes quand vous abaissez vers une rose vos narines dilatées. Écoutez la révélation du chimiste : « Quand nous respirons le parfum embaumé de nos parterres, nous aspirons de vraies substances excrémentielles végétales. Certes, nous n'avons pas le droit de nous étonner que les coléoptères fimicoles et des animaux d*un ordre supérieur mangent des charognes {sic) et des excréments, ni que tout le monde végétal vive des excrétions des animaux, puisque nous savourons avec délices des substances qui se sont décomposées par l'effet de la vie des plantes, et qui ont une origine analogue à celle de Turine et des matières fécales. »

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