ORGAMSATION VITALE DE LA TERRE. SO
verte des fleurs. Un roouveinent universel emporte les atomes comme les mondes. Mille ondulations s'entre-croisent dans T atmosphère; mille variétés de forces se combinent. Nuit et jour, matin et soir, en toute saison,* ce même mouvement à la fois insensible et formidable, que l'œil ne saisit pas, et que pourtant les chiffres les plus élevés ne sauraient écrire *, ce mouvement indestructible s'exerce à travers le laboratoire du cosmos. Et le résultat de ce mouvement, c'est la Vie.
Hors de ce résultat, le monde n'offre plus qu'un médiocre attrait à l'imagination curieuse. C'est par les aspects ou les sensations de la vie que notre être pensant se rattache à la nature. Si la contemplation solitaire des cieux pendant la nuit silencieuse répand en nous une impression de tristesse indéfinissable; si Taspect des vastes déserts brûlés d'un ardent soleil nous laisse froids devant eux ; si Tétude des combinaisons chimiques les plus merveilleuses qui s'opèrent dans une cornue, nous touche moins intimement que la vue d'un petit oiseau dans son nid ou même d une violette
* Si l'homme savait apprécier les forces journellement en action dans la nature, il serait confondu d'étonnement. Pour n'en citer qu'un exemple facile à saisir, il semble que la vapeur d'eau qui insensiblement s'élève du sol pour former les nuages, et ces nuages qui se résolvent en pluies pour remonter ensuite, n'accusent pas le déploiement d'énergies colossales. Eh bien, si l'on admet qu'il tombe par an sur le sol entier une couche d'eau de i mètre d'épaisseur et que la hauteur moyenne des nuages soit de 3,000 mètres, il faudrait, pour effectuer le môme travail, un total de quinze cents milliards de chevaux travaillant sept heures par jour. La terre ent)èrç ne ^nilirait pas à les nourrir.
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qui ifégète doucement au pied d'un arbre ; c'est parce que ces contemplations ne nous révèlent pas une vie immédiate. Notre âme est surtout accessible aux impressions qui nous viennent des autres êtres vivants, et parmi ces êtres, ceux qui se rapprochent le plus de notre nature sont encore le plus entièrement écoutés. Une voix aimée trouve dans le fond de notre être un éclio plus sûr et plus vibrant que Féclat du tonnerre. Un regard de . ses yeux nous pénètre plus profondément que les rayons du soleil. Un sourire de ses lèvres nous attire avec un charme plus irrésistible que le paysage le plus magnifique. Sur ses épaules, sur ses bras, dans ses cheveux, les diamants, les perles, les pierreries, les émeraudes et les saphirs voient pâlir leut* éclat et descendent au rang de simples pierres. G^est qu'ici surtout la vie nous apparaît sous la manifestation terrestre la plus belle et la plus exquise; c'est que la vie est vraiment la grande attraction de la nature.
Mais le caractère qui frappe le plus vivement l'observateur, dans Fensemble de la vie terrestre, c'est la loi générale qui préside à la vie universelle. Au premier aspect, tous les êtres divers nous paraissent isolés, Le sapin qui couronne les cimes alpestres ne parait avoir aucun point de commun avec le lièvre qui court dans le sillon. La rose de nos jardins ne connaît sans doute pas le lion du désert. L'aigle et le condor des hauts plateaux de l'Asie centrale n'ont pas goûté aux fruits de nos vergers. Le blé et la vigne ne paraissent pas