LE CORPS SE TRANSFORME PERPÉTUELLEMENT
Slalil, les alouettes perdent en un jour la graisse qui s'est développée pendant la nuit dans leui corps. Le développement des cellules s'opère dans le sang en sept ou huit heures aux dépens des maiicres fournies par le chyle. Qui ne sait, du reste, qu'il suffit de peu de jours pour rendre un homme presque méconnaissable par Tamaigrissemcnt?
« La rapidité de l'échange des matières, que toutes ces observations démontrent^ est ce qu'il y a àr, plus propre à diminuer notre étonnemenl. Elles iiousapprennenlqu'unadullepesant cent vingt-huit livres sécrète en vingt-quatre heures près de trois livres de salive, au moins deux livres et demie de bile et plus de vingt-huit livres de suc gastrique, de sorte qu'un fumeur affecté de la mauvaise habitude de cracher peut expulser, en une demi-journée, la quatre-vingt-cinquième partie de son poids. Dans le cours de vingt-quatre heures, il coule dans notre corps près du quart de notre poids de suc gastrique, circulant du sang à Testomac et de Testomac au sang. Chaque individu échange la matière avec une vitesse différente. L^homme, la femme, Tenfant et le vieillard manifestent des aptitudes différentes par la propriété dont l'homme jouit d'échanger plus de matières que la femme, l'adulte plus que le vieillard et l'enfant. L'ouvrier et le penseur changent la composition*de leurs corps dans un temps plus court que les gens oisifs et les viveurs. Il y a des hommes qui vivent vile; chez eux, 1 espérance, la passion et
l'abattement craintif, qui se transforme rapidement en confiance joyeuse, mettent vivement le sang en mouvement, lis vivent vile, parce que réchange des matières s'exécute vite dans leur corps.
« Tant que l'équilibre existe entre la sanguîfîca* tion et Télimination, le corps ne souffre aucune altération dans sa provision générale de matières Cet équilibre se maintient dans l'échange des matières de ladulte. Chez le vieillard, Féquilibre est détruit. La digestion n'est plus aussi puissante que chez Ihomme à la fleur de l'âge. L'absorption des aliments et des boissons se règle très-vite sur la digestion. L'action de loxygéne et la désassimilation des tissus qui en est l'effet ne discontinue pas. Il en résulte immédiatement une diminution du suc nourricier qu'on peut reconnaître non-seulement par la pesée, mais aussi par l'inspection directe. Des parties qui, comme le globe de Tœii, contiennent beaucoup de liquide, sont moins remplies, moins tendues dans un âge avancé ; la cornée s'aplatit, ce qui est cause que la myopie diminue d'année en année, et môme peut se convertir en Tinfirmité opposée. Les os des vieillards ont perdu une partie de leur élasticité, parce qu'ils sont moins riches en eau que ceux des adultes. (Fremy.)
« Dès que la recomposition ne fait plus équilibre à la désassimilalion, le dépérissement des tissus s'ensuit inévitablement. La mâchoire inférieure diminue de volume, ce que trahit le menton poialu
LA CincUUTIO^ï DE LA MATIÈRE. Hi
des vieilles gens. La graisse sous-cutanée subit une déperdition considérable ; aussi, sur le front cl les mains, la peau, devenue trop large, $e ride. Les muscles, amincis, manquent de contractilité ; iU ne peuvent plus redresser l'épine dor$aIe et laissent tomber la tête eu avant. Aussi admironsnous comme une chose rare Tallure assurée et droite des vieillards vigoureux. Les cordes vocales deviennent plus sèches, elles perdent de leur fh^xibilité et de leur élasticité* La voix devient rauquc et sourde ou aigre et criarde. A partir de la cinquantième année, le poids du cerveau diminue aussi. (Peacock.)
<{ Tout doit contribuer, chez le vieillard, à accroître le défaut de proportion entre la sanguificatîonet la désassimilation. Avec la matière, la force diminue. La fin s'approche doucement. La mort est un épuisement qui résulte de lappauvrissement matériel'. »
Cest ainsi que s'exprime Uaieschott : pas une pajpqlk ne vient
couronner lai sécheresse de cette description. Nous demandons la permission de lui comparer la dernière phrase d'un chapitre analogue d'un autre physiologiste aUemand* Scbieiden, et de demander fen quel côté les aspirations de l'âme se sentent attirées. « Notre perception de la vie et de la mort, dit celui-ci, devient tout autre d^ns la vieillesse, toute opposée à eeile que nous Avi<Nis dans notro icuoesse. Les éléments s'accumulent de plu? en plus dans le corps; les organes mous et flexibles deviennent roides, s'ossifient et refusent leur service ; la poussière altii^ le corps de plus en {dus Tr€rs la poussière, jusqu'à ce qu'enfin l'àme, lasse de cette contrainte, se dépouille de son enveloppe trop lourde pour elle. Elle abandonne le corps, né de la poussière, i la combustion lente que nous appelons pourriture. L'âme, elle seule, immortelle et incorruplible, quitte l'esclavage des lois matérielles et s'envole vers le Ucijulatcur de la liberté spirituelle. *
ilî LIVRE lî. — U VIE.
Ces allégations sont contestables. Il n'est pas encore prouvé que le corps humain se renouvelle entièrement en moins d'un mois. Certains tissus ne se renouvellent même que très-lentement, si tant est qu'ils se renouvellent tous. On a retrouvé à tous les âges des cellules embryonnaires, qui pourtant sont destinées à disparaître dans le fœtus même. Les grêlons de la paupière qui succèdent aux petites inflammations (orgelets) ne se résorbent généralement d'eux-mêmes qu'en une année. Les ongles mettent en moyenne six mois à se renouveler; à l'état de santé, ils croissent de 2 millimètres environ par mois ; de sorte que si Ton gardait l'ongle de l'index, par exemple, enfermé dans un étui cylindrique pendant une soixantaine d'années, comme on le fait pour ménager certains arbres rares, on n'aurait encore après ce laps de temps, qu'une griffe de 1 mètre et demi, etc. Nous pourrions donc contester les vingt-cinq jours d j renouvellement de l'organisme et demander un mlervalle légèrement plus étendu. Mais un mois-ou un an nous importent peu. Le temps ne fait rien à l'affaire, comme dit le satiriste français. Au contraire, plus cette réno vation de la matière corporelle est formidable et rapide, et mieux l'expérience sert noire théorie.
Les adorateurs de la matière concluent leur fameuse assertion des faits qui viennent d'être exposés. Ils déclarent que la non-existence de l'âme est prouvée par ces transformations chimiques. Pour nous, au contraire (voyez la singulière différence 1), nous déclarons que ^'existence le Tâmc est désor-