CE QUE FAIT U CHIMIE ORGANIQUE
nommer minislres de pareils logiciens? La science elle-môme vit retirée dans son sanctuaire, et les laisse autour de son temple battre le rappel et faire l'exercice.
Quelle conclusion définitive l'école matérialiste (ire-t-elle de ces manipulations? C'est que laclnmie et la physique nous offrent les preuves les plus claires que les forces connues des substances inorga^ niques exercent leur action de la même manière dans la nature vivante que dans la nature morte. De même qu'ils ont été obligés de diviniser la matière pour remplacer Dieu, de même on les voit ani^ mer sans s'en douter la matière pour détrôner la vie. « Les sciences, dit l'auteur de Force et mor tière^ ont suivi et dérpontré l'action de ces forces dans les organismes des plantes et des animaux, quelquefois jusque dans les combinaisons les plus subtiles. Il est à présent généralement constaté que la pliysiologie, ou la science de la vie, ne peut plus se passer de la chimie et de la physique, et qu'aucun procédé physiologique n'a lieu sans les forces chimiques et physiques. »— « La chimie, dit Mialhe a, sans contredit, part i la création, a la croissance et à l'existence de tous les êtres vivants, soit comme cause, soit comme ^((éL Les fonctions de la respiration, de la digestiop, de l'assimilation et de la sécrétion n'ont lieu que par la voie chimique. La chimie seule peut nous dévoiler les secrets de ces importantes fonctions orgahiques »
L'oxygène, Thydrogène, le carbone, l'azote, dé-
lii LIVBE 11. — LA VIE.
clarent pompeusement nos matérialistes, entrent sous les conditions les plus diverses dans les combinaisons des corps, s'allient, se séparent, agissent conformément aux mêmes lois que quand ils se trouvent en dehors de ces derniers. Les corps composés môme peuvent présenter les mêmes caractères. L'eau, incomparablement la plus volumineuse substance de tous les êtres organi- t ques, et sans laquelle il n'y a ni vie animale ni végétale, pénètre, amollit, dissout, coule, tombe suivant les lois de la pesanteur ; elle s'évapore, se précipite et se forme exactement au dedans de l'organisme comme au dehors. Les substances inorganiques, les sels calcaires que Teau renferme à l'état de composition, elle les dépose dans les os des animaux ou dans les vaisseaux des plantes où ces substances affectent la même solidité que dans la nature inorganique. L'oxygène de Pair qui, dans les poumons entre en contact avec le sang veineux de couleur noire, lui communique la couleur vermeille que le sang acquiert, si on Tagite dans un vase au contact de l'air. Le carbone qui se trouve dans le sang éprouve dans ce contact les mêmes modifications par la combustion (en se changeant en acide carbonique) que partout ailleurs. On peut avec raison comparer l'estomac à une cornue dans laquelle les substances mises en contact se décomposent, se combinent, elc , conformément aux lois générales de l'affinité chimique. Un poison qui est entré dans l'estomac peut être neutralisé, comme si Ton faisait ce procédé au dehors ; une
LA CHIMIE ORGANIQUE ET LA YiE. U*o
substance morbifique qui s'y est fixée est neutralisée et détruite par les remèdes chimiques, comme si ce procédé avait lieu dans un vase quelconque, et non dans l'intérieur de Torgane. La digestion est un acte de simple chimie.
On peut pérorer longtemps sur ce point. « Les observations, dit Miahle, nous apprennent que toutes les fonctions organiques ont lieu à Faide de procédés chimiques, et qu'un être vivant peut être comparé à un laboratoire chimique, dans lequel s'accomplissent les actes qui constituent la vie dans leur ensemble. Les procédés mécaniques déterminés par les lois physiques de l'organisme vivant ne sont pas moins clairs. La circulation du sang a lieu par un mécanisme aussi parfait qu'on puisse l'imaginer. L'appareil qui la produit ressemble tout à fait aux œuvres mécaniques exécutées par la main de l'homme. Le cœur est pourvu de valvulves et de soupapes, comme une machine à vapeur, et leur jeu produit un bruit distinct. L'air en entrant dans les poumons frotte les parois des bronches et cause le bruit de la respiration. L'inspiration et la respiration sont le résultat de forces purement physiques. Le mouvement ascensionnel du sang des parties inférieures du corps au cœur, contrairement aux lois de la pesanteur, ne peut avoir lieu que par un appareil purement mécanique. C'est par un procédé mécanique que le canal intestinal, au moyen d'un mouvement vermiculaire évacue les excréments de haut en bas ; c'est encore d'une manière mécanique qu'ont lieu toutes
les actions des muscles, et que les hommes et les animaux exécutent les mouvements de locomotion. La construction de l'œil repose sur les mêmes lois que la chambre obscure, et les ondulations du son sont transmises à l'oreille comme à toule autre cavilé. » — « La physiologie a doncparfaitement raison, conclut Bùchner, de concert avec Schaller, en se proposantaujourd'hui de prouver qu'il n'y a pas de différence essentielle entre le monde organique et le monde inorganique. »
Pas de différence entre le monde organique et le monde inorganique I Mais il n'y a pas au monde une proposition plus fausse que celle-là. Les réactions qui s'opèrent dans les corps vivants sont bien loin d'être identiques avec celles que l'on peut faire avec les mêmes liquides dans une cornue de laboratoire. Les forces organisatrices, comme le dit Bichat, échappent au calcul, agissent d'une façon irréguUèreetvariable.Lesforces physico-chimiques, au contraire, ont leurs lois régulières et constantes. L'auteur d'un livre récent, intitulé : la Science des athéesy fait très-bien ressortir cette vérité en présentant les exemples suivants : ce Injectez dans les veines d'un animal les éléments constitutifs du sang, moins celui qui en produit la synthèse et qui n'est pas à votre disposition : au lieu de lui continuer là vie vous lui apportez la mort. Et même le sang qui est resté peu de temps hors d'une veine, de nouveau interjeté par l'ouverture qui lui a donné issue, peut occasionner les troubles les plus graves. Mettez dans Testomac d'un cadavre des