‹ Dieu dans la natureChapitre 51 sur 167 · U FORCE GOUVERNE · texte numérisé non relu

U FORCE GOUVERNE

nomène, si humble qu il soit, qui ne les place en face de deux idées sur lesquelles la méthode expérimentale n'a aucune prise : en premier lieu, Tessence de la substance modifiée par les phénomènes ; en second lieu, la force qui provoque ces modifications. Nous ne connaissons, nous ne voyons que des dehors, des apparences ; la vraie réalité, la réalité substantielle et la cause nous échappent. Il est digne d'une philosophie élevée de considérer toutes les forces particulières dont les efforts sont analysés par les sciences diverses comme issues d*une force première, éternelle, nécessaire, source de tout mouvement, centre de toute action. En se plaçant à ce point de vue, les phénomènes, les êtres eux-mêmes ne sont plus que des formes changeantes d'une idée divine. »

L'unité vers laquelle tend la chimie peut -elle nous faire supposer que des lois complètement identiques régissent le monde animé et le monde brut ? Devons-nous nous flatter de pouvoir un jour non-seulement refaire artificiellement toutes les matières organiques, mais reproduire à volonté les conditions dans lesquelles naîtra la végétation ou la vie. A cette question un physiologiste autorisé, M. Maury, répond comme M. Berthelot : « Je ne le peux pas. La physiologie et la chimie sont deux domaines bien autrement distincts que ne Tétaient, il y a un siècle, la chimie organique et la chimie minérale. Nulle part la plante même la plus élémentaire, l'animal le plus bas placé dans l'échelle zoologique, ne sont nés du concours d*affinités

chimiques. Quelques progrès que fasse la chimie organique, elle sera toujours arrêtée par l'impossibilité de donner naissance à la force vitale, dont elle ne dispose pas. »

Non, messieurs, malgré votre position affirmafive et audacieuse, vous ne pouvez créer la vie, vous ne pouvez même seulement savoir ce que c'est que la vie, et vous êtes contraints d'avouer votre ignorance en même temps que vous vous laissez opposer les preuves de votre impuissance.

En vain ripostez-vous par des faux fuyants ou des suppositions gratuites : « Pour soutenir l'existence d'une force vitale propre, dites-vous, on invoque constamment l'impuissance où nous sommps de faire des plantes et des animaux. Mais $i nous pouvions nous rendre maîtres de la lumière, de la chaleur, de la pression atmosphérique! comme des rapports du poids de la matière, non-seulerpent nous serions à même de recomposer des porps organiques, mais nous serions capables de remplir les conditions qui donnent naissance fmx corps organisés. »

Puis vous ajoutez, sans vous apercevoir que vos paroles même continuent de tourner à l'avantage de notre cause : « Quand les élénients, le carbone, l'hydrogène, l'oxygène et l'azote ^ont me fois orga* nisés^ les formes arrêtées qui en résultent ont le pouvoir de persister dans leur état, et, ainsi que Texpérience acquise jusqu'à ce jour nous l'apprend, elles se conservent à travers des centaines et des milliers d'années. Par le moyen des semen-

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