‹ Dieu dans la natureChapitre 53 sur 167 · LA CHIMIE KE CRÉE PAS · texte numérisé non relu

LA CHIMIE KE CRÉE PAS

Enfin, si les raisonnements qui précèdent n'ont pas.suffipour établir votre erreur, nous consentons, en concluant cet exposé de la circulation de la matière, à admettre que la nature emploie dans la construction des êtres vivants les mêmes procédés que rhomme, c'est-à-dire qu'elle traite simplement par la chimie des matières inorganiques. Or, dans cette hypothèse même, vous ne pouvez éviter la nécessité pour le constructeur de savoir ce qu'il veut faire ou d'agir conformément à un ordre. Une nature intelligente, ou ministre d'une intelligence, remplace le chimiste. L'œuvre du génie, consiste précisément à faire découler d'un petit nombre de principes facilement formulables les applications les plus ingénieuses et les inventions les plus puissantes. Or ce génie dont les plus merveilleuses intelligences humaines ne sont que des réductions infiniment petites, a ramené à une simplicité extrême, à la plus grande simplicité possible, toutes les opérations de la nature ; l'intelligence divine nous apparaît comme la conscience d'une loi unique et simple embrassant tout Tunivers, et dont les applications indéfinies engendrent une multitude de phénomènes qui se groupent par analogie et sont régies parles mêmes lois secondaires, découlant de la loi primordiale. Certes, le chimiste ne remplace pas encore la vie, et ne sait encore former cet embryon dans lequel le germe joue un rôle si merveilleux; mais dans ses actes, il s'efforce de se substituer à la nature, et comment? par l'intelligence. 11 existe un élément dont il est

absolument impossible de se passer ; c'est Yinteh ligence.

L'intelligence souveraine s'impose nécessairement à la pensée de celui qui étudie la nature. Elle est visible dans ces règles qui peuvent être déterminées à Tavance, calculées, combinées, parce qu'elles ont entre elles un admirable enchainemeni et qu'elles sont immuables dans des conditions identiques, parce qu'elles ont reçu l'inflexibilité de l'infinie sagesse.

11 est donc surabondamment démontré que h circulation de la matière ne s'accomplit que sous la direction d'une force intelligente.

Mais par quelque route que nous passions, dans quelque détour que nous consentions à vous suivre, nous revenons toujours et quand même au mode de formation de la nature, à la cause même de toute existence ; et ici , le champ devient plus vaste encore, plus immense. Les procédés humains n'embarrassent plus le regard. A l'extrémité de toutes nos avenues, nous arrivons au point capital; et il s'agit pour nous maintenant d'examiner rorigfûîe même delà vie sur la Terre. Les êtres vivants sont-ils éclos a la surface du globe ? sont-ils apparus en six jours à l'ordre de la baguette d un magicien ? se sont-ils éveillés soudain au fond des bois, sur le rivage des fleuves, dans les vallées endormies? Quelle est la main qui apporta du ciel le premier homme dans les bosquets de TÉden ? Quelle est la main qui s'ouvrit dans l'atmosphère et mit en liberté la multitude chantante des oi-

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seaux à la brillante parure? Seraient-ce les forces physico-chimiques qui, par une expansion féconde, auraient donné naissance aux habitants de la mer et des continents ? Ces forces sont-elles donc stériles aujourd'hui? Nous ne rencontrons pas d*êtres qui ne soient nés d'un père et d'une mère, ou dont la naissance ne se rattache aux lois établies de la génération. Comment les espèces animales et végétales sont-elles apparues à la surface de la Terre ? c'est là la question qui vient actuellement dominer notre intérêt ; après le spectacle de la salle, après le préambule et les causeries des spectateurs, levons le rideau qui nous cache la véritable scène, et pénétrons sur le théâtre. La nature elle-même en est l'invisible machiniste. Essayons de la surprendre ! et berçons-nous de Tespérance qu'elle n'est pas assez fme, et que d'ailleurs elle n'a aucune raison pour soustraire son jeu à notre rude perquisition !

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