‹ Dieu dans la natureChapitre 55 sur 167 · MATÉRIALISME ANCIEN ET MODERNE · texte numérisé non relu

MATÉRIALISME ANCIEN ET MODERNE

à expliquer la naîssancc des animaux. Il est croyable que la terre contenant des germes tout frais propres à la génération, produisit hors de son sein des espèces de bulles creuses de forme analogue à des utérus, et que ces bulles, arrivées à maturité, crevèrent comme cela était nécessaire et mirent au jour de jeunes animaux. La terre fut alors gonflée par des humeurs semblables au lait, et les nouveau-nés vécurent à Taide de cet aliment. Les hommes, ditÉpicure, ne sont pas nés autrement. De petites vésicules, des espèces d'utérus, attachées à la terre par des racines, grossirent frappées des rayons brûlanfs du soleil, donnèrent issue à de frôles enfants, soutinrent leur vie naissante à l'aide du liquide lacté que la nature avait élaboré en elles. Les premiers hommes sont la tige de l'espèce humaine, qui, depuis, se propagea par des voies usitées aujourd'hui.

Voilà une hypothèse assez simple, j*espcre. Elle explique en même temps comment les hommes de la période actuelle sont moins grands et moins robustes que ceux de l'époque primitive. L'espèce humaine alors naissait spontanément et du sein même de la terre, et aujourd'hui ce sont des hommes qui donnent naissance à d'autres hommes*. La pen-

* L'origine de Thomme et des animaux a fort occupé les anciens. Plutarque rapporte que quelques pliilosophes enseignaient qu'ils étaient nés d'abord dans le sein de la terre humide, dont la surface, desséchée par la chaleur de l'atmosphère, avait formé une croûte, laquelle, s'étant enfin crevassée, leur avait ouvert les passages libres. Selon Diodore de Sicile et Célius Rhodiginus, c'était l'opinion de» Égyptiens. Celte ancienne nation préton-

lUI LIVRE II. — LA VIE.

séc se manifeste par renchaînement des mouvements, qui, développés d'abord dans une substance dépourvue de raison, finissent par se reproduire artificiellement et non spontanément et aveuglément.

Les mouvements des atomes sans doute ont lieu au hasard et sans l'avis de la raison; et pourtant, lors de l'origine du monde, il est arrivé que des animaux, en quelque sorte protolypes de toute une race, existaient. Une fois ces animaux formés des atomes qui çà et là couraient, opérant des mouvements, se rapprochant, s*éloignant, se joignant, s'excluant, les uns seulement \enaient s*adapter, se combiner aux atomes de l'animal prototype : c'étaient les atomes de môme nature que les siens ; les autres, au contraire, étaient repoussés ; c'étaient ceux qui ne ressemblaient en rien aux atomes constitutifs de l'animal. Tout est donc expliqué, excepté pourtant comment, dans Torigine du

dait être la première du monde et croyait le prouver par ces rats et CCS grenouilles qu'on voit, disait-on, sortir de la terre dans la Thcbaïde, lorsque le Nil s'est retiré, et qui ne paraissent d'abord qu'à demi organisés. Ovide décrit ainsi ce phénomène : c Ainsi, bloque le Nil aux sept bouches a quitté les champs qu'il fertilise en les inondant, et i>esserré ses flots dans ses anciens rivages, le limon qu'il a déposé, desséché par les feux de l'astre du jour, produit de nombreux animaux que le laboureur trouve dans SCS sillons; ce sont des êtres imparfaits qui commencent d'éclorc, dont la plupart sont privés de plusieurs organes de la vie, et souvent, dans le même corps, une partie est animée, et l'autre est encore une terre grossière. » C'est ainsi, disait-elle, que les premiers hommes sont sortis du même terrain. L'opinion relatée plus bas (Liv. IV) que le genre humain vient des poissons; est une des plus anciennes hypothèses. Plutarque et Eusèbc nous ont transmis à ce r^ei l'opinion d'Anaximandrc.

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