DES .GÉNÉRATIONS ÉQUIVOQUES
ment des éléments chimiques, de lliydrogène, du carbone, de l'ammoniaque, de la boue, de la fange, de la pourriture? On l'a cru pendant longtemps, et aujourd'hui encore une école positive s'applique à démontrer expérimentalement la vérité de cette hypothèse. Écoutons quelques-uns des anciens et des modernes. Puisons au hasard. — Si Ton comprime une chemise sale {sic) dans Torifice d'un vase contenant des graines de froment, dit Van Helmont, le froment se transformera en êouris adultes après 21 jours environ. — Creusez un trou dans une brique, dit le même docteur, mettei^y de rherbe de basilic pilée, appliquez une seconde brique sur la première, de façon que le trou soit parfaitement couvert; exposez les deux briques au soleil, et, au bout de quelques jours, l'odeur de basilic, agissant comme ferment, changera rherbe en véritables scorpions. Le même alchimiste prétendait que Peau de fontaine la plus pure, mise dans un vase imprégné de l'odeur d'un ferment, se moisit et engendre des vers. — Donnez-moi de la farine et du jus de mouton, disait Needham, dans ses Nouvelles découvertes microscopiques^ et je vous rendrai des anguilles. — Voltaire lui répondait en souriant qu'il espérait bien qu'on ferait un jour des hommes de cette façon-là. — Sachs enseigne que les scorpions sont le produit de la décomposition de la langouste. — Dans la matière des corps morts et décomposés, disait Buffon lui-même, les molécules organiques, toujours actives, travaillent à remuer la matière putrifiée, et for*
ment une multitude de petits corps organisés dont les uns, comme les vers de terre, les champignons, etc., sont assez grands. Tous ces corps n'existent que par la génération spontanée. Aujourd'hui, le docteur Cohn, de Breslau, prétend que la mort de la mouche commune en automne est causée par la formation soudaine de champignons dans le corps de cet insecte. Il y a sans doute ici, comme en beaucoup de choses, une limite à cette facullé des éléments organisés, et nous serions plus disposés à admettre la formation de champignons microscopiques sur l'organe atrophié d*une mouche, aussi bien que des fucus dans le poumon d'une poitrine malade ou des moisissures sur un tronc de bois, que de croire, avec lés bonnes vieilles qui ti liaient le chanvre pendant les veillées d'automne de notre première enfance, qu'un crin arraché avec sa racine à la queue d'un cheval blanc, et placé dans un ruisseau, se transforme au bout de trois jours en une petite anguille blanche. Ce dernier fait esl pourtant bien arrêté dans certaines campagnes de l'est de la France. Nous nous souvenons d'en avoir essayé l'expérience sous le régne de Louis-Philippe ; mais comme nous n'étions alors âgé que de six ans, notre ignorance candide ne s'est sans doute pas placée dans les conditions requises pour réussir.
Pour n'avoir pas poussé jusqu'à leur terme ses observations entomologiques, Aristote garda l'erreur que (f les insectes se forment sur les feuilles vertes, de môme que les poux viennent de la
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qu'aussitôt qu'il »ylla lui fit obserte simple, comme uer la vaste et pe-
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omme d'une ques- , son parent, prit it-il à Alexandre, aut supposer que icipes des grands 'œuf a précédé la it en juger par les
sens, il est plus simple, et la poule plus composée. En général, le principe est antérieur à ce qui en procède. On dit que les veines et les artères sont les parties qui se forment les premières dans un animal. Il est vraisemblable aussi que l'œuf a existé avant l'animal, comme le contenant précède le contenu. Les arls commencent leurs ouvrages par des ébauches grossières et informes ; ensuite ils donnent à chaque partie la forme qui leur convient. Le statuaire Polyctète disait que rien n'était plus difficile dans son art que de donner à un ouvrage sa dernière perfection. Il y a lieu de croire aussi que la nature, lorsqu'elle imprima le premier mouvement à la matière, Tayant trouvée moins docile, ne produisit qu6 des masses informes, sans figure déterminée, comme sont les œufs, et que Tanimal n'exista qu'après que ses premières ébauches furent perfectionnées. La chenille est formée la première : quand ensuite la sécheresse Fa durcie, sa coque s'ouvre, et il en sort un animal ailé qu'on appelle nymphe. De même ici Tœuf existe le premier, comme la matière de toute production ; car, dans tout changement, l'être qui passe à un autre état est nécessairement antérieur à celui dont il prend la forme. Voyez comment les teignes et les artisons s'engendrent dans les arbres et dans les bois : ils y sont produits par la putréfaC" tion ou la coction de? parties humides, et personne ne niera que cette humidité ne soit antérieure aux animaux qu'elle produit, et que natu-