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LES GÉNÉRATIONS SPONTANÉES

tantôt à la manière des corps bruts, tantôt par la transmission de la puissance vitale, qu'on sait exister chez les animaux qui s'engendrent successivement, qui doivent à des parents leur existence, leur forme, leur type. Mais à l'époque de la Renaissance, un grand mouvement se fit dans les esprits. Au dix-septième siècle, il se forma, à Florence, une société de physiciens, de naturalistes, de médecins, ayant pour but la solution des questions examinées par voie d'expérimentation ; cette société choisit le nom significatif d'Académie del ci-' wi^nfe (de rexpérience). Un des membres de cette société, Redi, voulut soumettre à des investigations positives cette théorie si généralement admise de la génération spontanée. Il voulut savoir si les êfres nouveaux avaient pris naissance sans le concoxirs de parents, sans avoir été engendrés par des corps vivants, ou s'ils étaient formés par l'organisa* tion spontanée de la matière morte, et voir si l'hypothèse des anciens était l'expression de la vérité ; il fit des expériences sur la production de ces corps vermiformcs, que Von appelle vulgairement des asticots^ qui n'appartiennent en aucune manière à la cla'sse des vers, mais sont des larves d'insectes. Chacun sait que dans les matières animales en putréfaction, ces larves se montrent promptement si la température est un peu élevée; c'est ce qu'observa le naturaliste florentin. Il remarqua que certaines mouches étaient appelées de loin par l'odeur de la chair corrompue, voltigeaient autour, s'y posant fréquemment, et

cependant ne semblant pas se repaître de cette matière ; il pensa que les vers, que Ton supposai! avoir été formés spontanément parla matière seule, pourraient bien être la progéniture des mouches en question ; il remarqua en outre que ces prétendus vers, en se développant, cessaient d'avoir cette forme, et devenaient mouches. Ce sont donc en réalité de jeunes mouches. Cette vérité ne pouvait suffire à Tesprit de ce naturaliste. Il fît des expériences pour résoudre la question en ce qui concerne Porigine de ces vers. Il prit de la chair et la plaça dans différents vases : les uns avaient l'accès libre ; les autres furent recouverts d'une feuille de papier percée de trous assez fins pour ne pas permettre aux mouches d'entrer, mais suffisants pour donner accès à l'air ; il vit des mouches arriver sur le papier et chercher à faire entrer leur abdomen par les trous ; dans le vase recouvert, il n'y eut pas un seul corps vermiforme. Dans une autre expérience, il mit également un couvercle de toile qui pouvait, cette fois, par quelques trous, permettre à la mouche d'introduire seulement son abdomen; Redi vit sur la chair corrompue un certain nombre d'œufs. »

La présence d'êtres vivants, soit dans l'intérieur du corps, soit dans le sein d'un fruit, soit dans les parties les moins accessibles du cadavre d'un animal fut également attribuée à la génération spontanée. On supposait que, dans les intestins, des matières organiques en putréfaction donnaient naissance à des vers. Les observations de Vallisnieri

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