DIFFUSION DE LA VIE MICROSCOPIQUE
Tiavention du microscope, combien n'at-on pas trouvé de parasites — dans notre sang, — dans notre chair, — dans notre poitrine, — sur nos dents, — dans Toreille, — fOus le globe de l'œil, — sous les papilles nerveuses du nez? Nous nourrissons descapnassiers et des herbivores; nous avons des poissons d'eau douce qui circulent dans nos veines et des poissons d'eau salée qui nagent dstusTocéan des^rtères.Une espèce de fucus végète dans les poumons des phthisiques. Les endTuils de la langue dans l'état de fièvre sont composés d'une multitude d'irw fusoires. Un médecin célèbre de nos amis a souvent observé des éruptions soudaines de milliers de poux chez les malades atteints de fièvre typhoïde (V extraordinaire faculté génératrice de ces aptères suffirait peut-être à expliquer cette multiplication). Des Goléoplàres n'attendent pas notre mort pour s'échapper de leur monde habituel. D'imperceptibles inscietes pénètrent dans les poumons et s'y reproduisent de génération en génération. On a trouYé dans l'œsophage des bœufs des familles entières de sangsues avalées sans doute à l'état microscopique et qui y avaient élu domicile. L'estomac du cheval est l'insalubre atmosphère de la vie des œstres. Combien d'espèces vivent dans les corps animés, sans que ceux-ci s'en aperçoivent, en dehors du monde des parasites extérieurs, de la puce, du pou, de la punaise, de l'acarus, du sarcopte, etc. ? Un philosophe a dit que toutes les parties d'un être vivant sont personnellement vivantes, et ce n'est plus aujourd'hui une har-
dicsse trop téméraire de voir dans les animaux supérieurs un édifice cellulaire habité par une multitude indéchiffrable d'animaux élémentaires. Or, s'il en est ainsi, tout est -vivant dans la nature. Non-seulement Tair, mais les eaux, les corpuscules flottanis, les éléments organiques et inorganiques sont peuplés d'une vie invisible, d'espèces subissant les trois phases communes au monde des insectes, et se révélant sous Tune ou l'autre de ces métamorphoses, suivant les conditions de température, de chaleur et d'humidité qui les entourent. Envisagées sous cet aspect, les générations spontanées ne porteraient pas leur véritable nom ; elles devraient seulement nous représenter un aspect de la vie universelle qui s'agite sur chaque atome de matière. — Et cette manière d'envisager la ques- * tion est d'autant mieux fondée que chaque espèce apparaît constamment sur la substance particulière qui semble lui appartenir. L'infusoire dû foin ne se rencontre pas dans le son bouilli , et le ferment du vin n'est pas le même que celui du froment.
Quoiqu'il en soit, le mystère dérobé sous l'apparence de la génération spontanée est loin d'être éclairci. Un jour sans doute, et prochainement, on reprendra le débat au point où Lachésis vient de le clore. Mais au surplus, et dans l'état où demeure cette question , le sujet de la création de la vie garde son antique indépendance et n'est atteint par les armes ni de l'Hétérogénie ni de la Panspermie.
La lutte cessa par manque de moyens. Il est actuellement impossible de savoir si l'air le plus subtil