U ÏHÊOLOGIE NATURELLE N'EST PAS EN CAUSE
recueilli au somnoet des montagnes neigeuses, ne renferme pas de germes. Il est également impossible de savoir si ces germes ne résistent pas à une chaleur de plus de cent degrés. Il nous a semblé
parfois que les expérimentateurs craignaient de ne pas réussir (crainte bien naturelle, du reste), et n'agissaient pas avec autant de rigueur que s'ils eussent été étrangers ou adversaires. Dans tous les cas, le problème est de nouveau irrésolu. Ce qui nous a frappé le plus vivement dans cette lutte, c'est de remarquer un parti pris dans les deux camps, surtout dans l'un. On voulait absolument voir là une question de théologie naturelle, tandis que celte théologie n'est pas même intéressée au résultat des expériences. Voilà une déclaration qui surprendra sans doute quelques lecteurs. Cependant en allant au fond du sujet, on peut se rendre compte que le reproche d'athéisme jeté à la face de ceux qui soutiennent la génération spontanée, n'est pas mérité par ceux qui, à l'exemple de M. Poûchet, n'interprètent pas théologiquement ces expériences ; et que ceux qui les interprètent théologiquement sont dans Terreur la plus vaine lorsqu'ils en concluent contre l'existence de Dieu \ Croire que des êtres vivants, végétaux ou ani-
^ On a eu tort de transposer de la sorte le sujet de la question. M. Pasteur se laissa aller en pleine Sorbonne aux accusations suivantes : a Quelle conquête pour le matérialisme, s'il pouvait protester qu'il s'appuie sur le fait avéré de la matière s'ei^ganisant d'elle-même! La mutière, qui a en elle-même déjà toutes les forces connues! Ah I si nous pouvions lui ajouter encore cette autre force qui s'appelle la vie, et la vie variable duos ses manifestations avec
ISe LIVRE II. — U VIE.
maux, peuvent naître spontanément de ia combinaison de certains éléments, ce n'est pas plus parler contre le vrai Dieu, que de croire que les planètes sont sorties du soleil ou que la levrette est cousine du chien des Pyrénées. L'Être suprême n'est pas mêlé à ces interprétations superficielles dont Tépiderme sert de champ de carnage aux mites pensantes. Les micrographes ont mutuellement discrédité leur cause en faisant descendre les puissances créatrices dans leurs bocaux. Croient-ils donc qu'en supposant que la matière inerte puisse devenir semi-orgamêée^ puis organisée, sous Tintluence de certaines forces, ils exilent la cause souveraine de Tempire de la nature? Il n'en est rien. Ce à quoi aboutissent leurs expériences, à Tinsu de la plupait d entre eux, c'est simplement à protester contre le Dieu humain, et à élever Tesprit vers une conception plus pure et plus grandiose du mystérieux Créateur.
Est-ce abaisser la notion de Dieu que de considérer l'univers comme le déroulement gigantesque
les conditions de nos expériences I Quoi de plus naturel que de la déifier, cette maiière? A quoi bon recourir à l'idée d'une création primordiale devant le mystère de laquelle il faut s'incliner? » M. Pouchet, alarmé de cette accusation, répliqua judicieusement (voyez le Mouvement scientifique en 1861, par M&I. Menault et Boillot) : « Revêtir le masque de la religion pour triompher de ses adversaires est un fait inouï dans la chaire scientifique; leur prêter dés opinions qu'on sait qu'ils n'ont pas est indigne. » On a dit que c'était par suite d'une illusion théologique de ce genre que l'Académie des sciences ne voulait pas de génération spontanée, n paraît, au surplus, qu'il y a une soixantaine d'aimées im quidam demandant à Cuvier, chancelier de l'Université, s'il croyait à la génération spontanée : — L'Empereur ne veut pas I aurait répon«ï 1 l'illustre naturaliste. 0 liber tas libertaluml