‹ Dieu dans la natureChapitre 64 sur 167 · LA CRÉATION · texte numérisé non relu

LA CRÉATION

d'une œuvre unique, dont les états se manifestent sous des formes différentes, dont les puissances se traduisent en forces particulières distinctes ? La substance primitive occupe les espaces sans bornes. Le plan de Dieu est que cette substance soit un jour condensée en mondes où la vie et l'intelligence déploieront leurs splendeurs. La lumière, la chaleur, Télectricité, le magnétisme, Tattraction, le mouvement sous tous ces modes inconnus, traverse cette substance primordiale, comme le vent d'Ionie qui faisait, sous le règne de Pan, vibrer les harpes suspendues pendant la nuit. Quel maintient Tarchet et dirige ce prélude au plus magnifique des chœurs? Ce n'est pas à la pensée humaine à chercher à la définir. Prétons une oreille attentive au lointain concert de la création.

Au matin de la nature terrestre, les isoleils de Tespace resplendissaient depuis longtemps dans le ciel, gravitant dans leurs cours har* monieux sous la direction de Tutiiverselle loi qui les régit encore. Notre Terre s'éveillait à son premier jour. Les solitudes des océans primitifs, des tempêtes embrasées, des déchirements formidables des eaux et des nues, virent un jour une paix inconnue descendre au milieu d'elles. Des rayons d'or traversèrent les nuages ; un ciel bleu azura l'atmosphère ; un beau lit de pourpre se prépara le soir de cette journée pour le soleil. Déjà ce n'étaient plus des jours ni des années que comptait cette terre; car d'immenses et insondables périodes séculaires avaient passé sur son front. Les astres

sont jeunes lorsque des myriades de générations ont succombé. Alors des îles s'élevèrent au-dessus des flots et la première verdure jeta sur leur rive son \oile virginal. Longtemps après, des fleurs brillantes apparurent sur leurs tiges, et de leurs lèvres entr'ouvertes s'exhalèrent de doux parfums. Plus lard, les verdoyantes profondeurs des forêts furent égayées par le chant des oiseaux, et les hôles fabuleux des mers primitives se croisèrent dansTondoyant royaume. Successivement la terre s'ouvrit aux ravissements de la vie; animée du souffle immortel, elle vit la lumière et les ombres des existences se succéder sur son front. Supposons un instant que la force organique qui se transmet aujourd'hui de générations en générations soit apparue comme une résultante naturelle et inévitable des conditions fécondes dans lesquelles se trouvait la terre quand sonna l'ère de la vie ; supposons que les premières cellules organiques diversement constituées, formant des types primordiaux distincts, quoique simples, pauvres, grossiers, soient la souche des variétés successives ; supposons enfin que toutes les espèces végétales et animales,'y compris le genre humain, soient le résultat de transfor- J mations lentes opérées sous les conditions progres- ( sives du globe ; en quoi cette théorie renverse-t-elle ! la nécessité d'un créateur primitif et d'un organi- 1 sateurV Qui a donné ces lois à l'univers? qui a organisé cette fécondité ? Qui a imprimé à la nai ture une perpétuelle tendance au progrès? Qui I ft donné aux éléments de I9 matière la puissance

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