L'IDÉE DE DIEU N'EST PAS EN CAUSE
et le plus grossier mécanisme révèlent à Voltaire (dont on connaît Taveu) Texistence d un ou plusieurs fabricants, à quoi se réduit la négation de ceux qui se refusent à reconnaître un architecte dans la sublime harmonie de l'édifice de l'univers?
y est ainsi que, quel que soit le cercle arbitraire que nous imaginions de tracer autour de l'action sensible du Créateur, et par lequel nous prétendions limiter sa présence, par une finesse singulière ridée de Dieu s'en échappe constamment par la tangente. Cette propriété particulière de l'idée de l'être incréé se manifeste à chaque conclusion de notre plaidoyer I
On nous a dit que M. Darwin avait à cèté de lui un théologien anglican qui se chargeait d^arranger les choses et de garder un perpétuel accord entre la conscience religieuse de l'éminent naturaliste et la prétendue conséquence de sa théorie de l'élection naturelle. Son traducteur féminin prend du reste le soin de nous avertir que « c'est en vain que M. Darwin proteste que son système n'est, en aucune feçon contraire à l'idée divine. » Pour nous, c'est avec un véritable contentement intérieur que nous ajouterons ici à nos sentiments personnels ceux de Fauteur de Y Origine des espèces : « Je ne vois aucune raison, dit-il, pour que les vues exposées dans cet ouvrage blessent les sentiments religieux de qui que ce soit. Il suffit d'ailleurs, pour montrer combien de telles impressions sont peu durables, de rappeler que la plus grande découverte qui ait jamais été faite par Thomme, la théo-
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rie de la gravitation, a été attaquée par Leibnîtz lui-même, comme subversive de la religion naturelle. Un auteur 'célèbre, a divine j m'écrivait un jour qu'il avait appris par degrés à reconnaître que c'est avoir une conception aussi juste et aussi grande de la Divinité, de croire qu'elle a créé seulement quelques formes originales, capables de se développer d'elles-mêmes en d'autres formes utiles, que de supposer qu'il faille un nouvel acte de création pour combler les vides causés par l'action de seslois. D'éminents auteurs semblent pleinement satisfaits de l'hypothèse que chaque espèce a été indépendamment créée. A mon avis, ce que nous connaissons des lois imposées à la matière par le Créateur s'accorde mieux avec la formation et Textinction des êtres présents et passés par des causes secondes, semblables à celles qui déterminent la naissance et la mort des individus. Quand je regarde tous les êtres, non plus comme des créations spéciales, mais comme la descendance en ligne directe d'êtres qui vécurent longtemps avant que les premières couches du système silurien fussent déposées, ils mesemblent tout à coup anoblis. ^ Le même naturaliste ajoute plus loin : « Quel intérêt ne trouve-t-on pas à contempler un rivage luxuriant, couvert de nombreuses plantes avec des oiseaux chantant dans les buissons, des insectes voltigeant à l'entour, des annélides ou des larves vermiformes rampant à travers le sol humide, si Ton songe en même temps que toutes ces formes élîJboréeç avec tant de soin , de patience, d'habi-