PROFESSION DE FOI DE LA SCIENCE
leté et dépendantes les unes des autres par une série de rapports compliqués, ont toutes été produites par des lois qui agissent continuellement autour de nous ! Ces lois, prises dans leur sens le plus large, nous les énumérerons ici : c'est la loi de croissance et de reproduction ; c'est la loi d'hérédité, presque impliquée dans les précédentes ; c'est la loi de variabilité sous Taclion directe ou indirecte des conditions extérieures de la vie et de l'usage ou du défaut d'exercice des organes ; c'est la loi de multiplication des espèces en raison géométrique, qui a pour conséquence la concurrence vitale et l'élection naturelle, d'où suivent la divergence des caractères et Textinction des formes spécifiques. C'est ainsi que de la guerre naturelle de la famine et de la mort, résulte directement l'effet le plus admirable que nous puissions concevoir : la formation lente des êtres supérieurs. Il y a de la grandeur dans une telle manière d'envisager la vie et ses diverses puissances, animant à lorigine quelques formes ou une forme unique sous un souffle du Créateur. Et tandis que notre planète a conti^ nué de décrire ses cercles perpétuels, d'après les lois fixes de la gravitation, des formes sans nombre, do plus en plus belles, de plus en plus merveilleuses, se sont développées, et se développeront par une évolution sans fin*. »
Il est nécessaire de remarquer ces déclarations et il est curieux de les opposer à nos matérialistes.
* De l'Origine des espèces. Dernières remarques.
Ceux-ci prétendent que la doctrine soutenue par M. Pouchetsur la génération spontanée, et la doctrine soufenue par M. Darwin sur l'origine des espèces, renversent Tune et l'autre l'idée de Dieu; et voilà que ni lun ni Vautre ne consentent à une telle accusation, que tous deux ont soin de la prévenir, et protestent contre l'illusion de nos adversaires. Ici comme partout, ceux-ci restent les dupes de leur singulier mirage. Enregistrons donc comme nouvelles données ce double fait important. En pre* mier lieu, les matérialistes n'ont pas le droit de s'appuyer sur la génération spontanée pourconclure à la non-existence de Dieu : 1° parce que cette génération n'est pas prouvée ; 2** parce que si elle était prouvée, elle n'aurait pas cette conséquence. En second lieu, ils n'ont 'pas le droit de faire servir à leurs vues le système de la transformation des espèces, 1" parce que ce système n'est pas prouvé-; 2** parce qu'il ne touche pas à la question dominante des origines de la vie.
S'il était prouvé que les végétaux et les animaux inférieurs sont formés par voie de générations spontanées au sein de la matière inorganique, il y aurait de grandes probabilités à croire qu'il en fût ainsi, à plus forte raison, à Torigine des espèces. Les partisans du système des transformations spécifiques se sont même appuyés sur la doctrine des générations spontanées pour expliquer comment il se fait que, malgré la tendance des espèces primitives à se perfectionner, il y ait encore aujourd'hui une multitude de formes inférieures. Us