‹ Dieu dans la natureChapitre 69 sur 167 · DE L'ORÎCINE DES ÊTRES · texte numérisé non relu

DE L'ORÎCINE DES ÊTRES

On ne peut donc actuellement se déclarer scîenlifiquemenl ni pour ni contre la génération spontanée. Or, cette indécision forcée est loin d'éclaircir la question de la génération primitive. Le mystère reste aussi profond, aussi complet qu'au temps de Pythagore.; II y a des êtres \ivanls sur la terre, voilà le fait? D'où viennent-ils? Nous connaissons des astrologues (car il en est encore) qui ont écrit de gros livres pour démontrer qu'ils nous sont arrivés des autres planètes, sur l'aile de quelque comète aventureuse ou dans le pied d'un lourd aérolithe. Nous connaissons des rêveurs qui prétendent que les êtres sont éclos à la surface du globe terrestre, sous la fécondation des effluves lancées par les planètes ou les étoiles. Mais ceci est du roman. D'où viennent donc les êtres? Répondra-t-on qu'ils ont toujours existé? Cette manière d'esquiver la difficulté aurait de plus Timpardonnable tort d'être fausse, puisque les couches géologiques rétrogrades nous montrent l'époque d'apparition des différentes espèces. Si tout être organique doit sa naissance à des parents, qui forma le premier couple de chaque espèce ? Dieu, répond la Bible. Fort bien. Mais comment? Est-ce un simple effet de sa parole? Mais d'abord parle-t-il? répondent les mauvais plaisants qui objectent que le son ne se propage pas dans le vide. Est-ce un effet subit de sa volonté? mais alors sous quelle forme? Les livres révélés ne sont pas explicites, et l'on peut les interpréter en faveur de la génération spontanée (n'en déplaise à messieurs les théolo-

giens) aussi bien qu'en faveur de l'opinion contraire : « Dieu dit : Que la terre produise de Therbe verte qui porte de la graine, et des arbres fruitiers qui portent du fruit, chacun selon son espèce, et qui renferment leur semence en eux-mêmes pour se reproduire sur la terre. Et cela se fit ainsi • La terre produisit donc de l'herbe verte qui portait de la graine selon son espèce, et des arbres fruitiers qui renfermaient leur semence en eux-mêmes, chacun selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon.

c< Et du soir et du matin se fit le troisième jour.

« Dieu dit encore : Que les eaux produisejit des animaux vivants qui nagent dans l'eau, et des oiseaux qui volent sur la terre, sous le firmament du ciel.

c( Et il les bénit, en disant : Croissez et multipliezvous, et remplissez les eaux de la mer ; et que les oiseaux se multiplient sur la terre.

« Et du soir et du matin se fit le cinquième jour.

« Dieu dit aussi : Que la terre produise des animaux vivants, chacun selon son espèce^ les animaux domestiques, les reptiles et les bêtes sauvages de la terre selon leurs différentes espèces. Et cela se fil ainsi*. »

Ceci ressemble fort à la génération spontanée. Au surplus, des Peines de TÉglise ont professé celte doctrine. A. de Humboldt trouve extrêmement remarquable que saint Augustin, en traitant celtequestion : Comment les îles ont-elles pu recevoir, après le déluge, de nouvelles plantes et de nouveaux animaux; ne se montre aucunement éloigné d'avoir

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