L'AME
Hoe prtnclpinm qoo primo intelligimos, intellectus est corporis actus.
Anima eontinet eorpus.
LC CCAVEAU
erreur des psychologues et des métaphysiciens qui dédaîjrncnt te^^ ti^avaux de la physiologie. — Physiologie anatomiquc du cer< veau. — Rapports du cerveau et de la pensée. — Ces rapports ne prouvent pas que la pensée soit une qualité de la substance cérébrale. — Discussion et preuves contraires. — Que Tesprit règne sur le corps. — Erreur d'assimiler la pensée à une sécrétion ou à une combinaison chimique. — Quelques définitions naïves des matérialistes. — Absurdité de leur hypothèse et de ses oonséqrcnces. *
le géologue Agassiz a formulé, il y a longtemps déjà, cetti3 rëllcxion fréquemment applicable : « Toutes les fois qu^un fait nouveau et saisissant se produit au jour dans la science, les gens disent d'abord : — Ce n'est pas vrai. Ensuite : — C'est contraire à là religion. Et à la fin : - Il y a longtemps que tout le monde le savait. »
En effet, la vérité a deux sortes d'adversaires : les sceptiques du matérialisme et les sceptiques du dogme.
Si l'on s'étonne 5 bon droit que les physioîo-
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gîstes adorateurs de la matière osent proclamer avec l'accent de Fautorilé et de la certitude que riiomme, aussi bien que le chœur tout entier de la vie terrestre, n'est qu'un produit aveugle de la matière, on peut s'étonner à meilleur droit encore qu'il y ait à notre époque des esprits cultivés et même célèbres, qui soient restés si complètement en dehors du mouvement des sciences chimiques et physiques, qu'ils ignorent jusqu'aux plus banales objections que ces sciences présentent à ridéalisme, et qu'il» ne se doutent pas le moins du monde des modifications nécessaires apportées pat ce mouvement dans toutes les conceptions de la pensée humaine.
Ainsi, nous avons encore aujourd'hui des savants, philosophes, théologiens, métaphysiciens, penseurs (dont les noms plus ou moins illustres pourraient être alignés ici si nous en sentions l'opportunité), qui parlent de Dieu, de la providence, de la prière, de Tâme, de la vie future et présente, des rapports de la Divinité avec le monde, des causes finales, de la marche des événements, de rindépendance de l'esprit, des formules de l'adoration, des entités spirituelles, etc., dans les mêmes termes et dans le même sens qu'en parlait la scolastique au seizième siècle. Ces sortes de parleurs immobiles sont plus curieux et plus inexplicables encore que les précédents. A les entendre affirmer, sur leur ton magistral, les propositions les plus contestables, è les voir ignorer les difficultés si rudes que des
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âmes plus clairvoyantes ont lant de peine à surmonter, à les obsenrer exposant dans leur Terve intarissable et dans leur sécurité naïve leurs prétendues inattaquables vérités, on croirait vraiment qu'ils se sont endormis en cette année mémorable, où Copernic, mourant, recevait le premier exemplaire de son livre De revolutionibus ^ et qu'ils se réveillent seulement aujourd'hui dans Tinconscience des révolutions opérées. Comme ces esprits, hélas! sont très-nombreux, et qu'ils rallient encore autour d'eux un nombre considérable de partisans, il est bon de donner à tous une idée des faits dont ils devraient tenir compte, et de leur montrer que ce n'est pas à eux qu'il appartient de garder le dépôt grossissant du Irésor humain s'ils persistent ainsi à dormir de leur triste sommeil.
Ceux-là qui décrivent minutieusement la nature et les fonctions del'âme; qui expliquent parfaitement en quel moment, par quel moyen elle prend possession du corps de l'enfant au sein de la mère, el semblablement par quelle porte elle s'échappe au dernier soupir; qui racontent sous quelle forme elle parait devant Dieu et reçoit dans l'autre monde la récompense oula punition, temporaires ou éternelles, de ses actions pendant la vie; qui mettent en évidence son mode de communion avec son Créateur; qui prétendent qu'elle est complètement indépendante de Porganisme, qu elle règne sur la matière d'aprèsles idées mnées qu'elle apporte en s'incarnant, qu'elle peut dominer cette matière comme une chose étrangère, persécuter son corps en lui refusant, par
le jeûne, les macérations et rabstinencc, la salisfaction de ses besoins; qui exposent en détail l'histoire de Tâme, pur esprit descendu sur la terre comme en une vallée d'épreuves; — en un mot ceux-là qui, à quelque religion, à quelque croyance, à quelquesystème, à quelque pays qu'ils appartiennent, perdent leur éloquence et leur temps à expliquer longuement des solutions qui ne résolvent rien et des signes qui ne signifient rien \ ceux-là, dis-je, doivent être invités à méditer les observations apportées d'année en année par le progrès des sciences positives. Et comme ces observations constituent précisément la base des conclusions matérialistes, notre double devoirest de les exposer d'abord, afin de juger ensuite si les conclusions sont légitimement conclues.
Les hommes qui traitent les questions avec le plus de dédain et les jugent avec le plus d'assurance sont ordinairement ceux qui les connaissent le moins, par cette raison bien simple que ne les ayant pas approfondies ils ne se doutent pas des difficultés qu'elles présentent au scrutateur. Nous avons encore aujourd'hui des métaphysiciens qui ferment les yeux pour mieux se voir en eux-mêmes et qui n'ont aucune idée de la méthode expérimen-
* « U faut que je l'avoue, disait assez franchement Voltaire (Z)/c/. phil., art. Ame) lorsque j'ai examiné l'infaillible Aristote, le docteur évangélque, le divin Platon, j'ai pris toutes ces épithètes pour des sobri({uets. Je n'ai vu dans tous les philosophes qui ont parlé de l'àme humaine, que des aveugles pleins de témérité et de babil, qui s'efforcent de persuader qu'ils ont une vue d'aigle, et d'autres curieux et fous qui les croient sur leur parole, et qui s'imaginent aussi de voir quelque chose, t