PHYSIOLOGIE DU CERVEAU
liile. Ceux-là donc qui répètent depuis cinq cents anS) sans se douter de la difficulté qu'il y a à soutenir cette proposition, que Tâme est un être incamé dans le corps et indépendant de ce corps, feront bien de réfléchir sur la succession des faits que nous allons développer ici.
Quelque opinion que Von ait sur la nature do l'esprit, on ne peut douter que le cerveau ne soit Torgane des facultés intellectuelles. Examinons sa structure. Celte structure, dit CarlVogt*, est extrêmement compliquée; il n'y a dans le corps humain aucun organe qui, avec un nombre proportionnellement aussi petit d'éléments anatomiques constituant sa substance, possède une si grande quantité de parties différemment conformées et prouvant évidemment, par leur forme extérieure, leur structure interne, leur position et leurs rapports mutuels, qu'elles président à des fonctions spéciales, à la fixation desquelles on n'est pas encore arrivé.
Quant aux parties élémentaires qui composent la substance cérébrale de l'homme et des animaux, elle forme deux groupes principaux : une substance grise, tantôt plus ou moins noirâtre ou jaunâtre, qui offre à Tœil nu une apparence assez homogène, et une substance blanche, dans laquelle Tœil nu peut distinguer des faisceaux plus ou moins apparents, courant dans des directions déterminées. La substance grise forme certainement le foyer prin*
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cipal de Tactivité nerveuse ; la blanche, par contre, parait être la partie conduclrice.
S'il s'agit de concevoir les rapports de la structure cérébrale avec le développement intellectuel, c'est surtout sur la substance grise et sur les points qui sont en grande partie formée par elle, qu'il faut porter de préférence son attention.
Le cerveau est partagé en deux hémisphères latéraux, par un sillon profond qui suit sa ligne médiane, eldans lequel pénètre un repli de la dure-mère nommé la faux du cerveau. Un second repli de la même membrane, nommé tente du cervelet^ est tendu horizontalement dans la région postérieure de la tête, et sépare le cervelet des lobes postérieurs du cerveau qu'elle supporte. Le cerveau proprement dit forme donc ainsi un tout complet qui, d'après le témoignage du développement embryologique et de Panatomie comparée, s'étend et finit par dominer et comprimer sous lui toutes les autres parties. Cette extension augmente dans la série des animaux à mesure que ceux-ci s'élèvent dans l'échelle, avec une tendance marquée vers le type du cerveau humain.
Examiné en dessus, chaque hémisphère semble former une masse distincte, présentant à sa surface une quantité de sillons contournés, séparant des bourrelets intesliniformes ou circonvolutions. Les deux hémisphères sont généralement semblables. Ils sont divisés en trois segments se suivant et qui sont d'avant en arrière • les lobes frontal, pariét? et occipital. Vu de côté, il y aurait à ajouter : le
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lobe inférieur temporal, et, en outre, un petit lobe caché qu'on a nommé l'île, ou lobe central.
Les anatomistes anciens n*ont accoi^é que peu d'attention auK circonvolutions, d'autant moins qu'ils n'avaient pas tardé à reconnaître que les deux hémisphères ne sont pas entièrement symétriques. On considérait donc la distribution des circonvolutions comme fortuite, ou, selon la remarque d'un observateur, comme « un tas d'intestins » jetés au hasard, de sorte que les dessinateurs avaient l'habitude de les représenter à leur fantaisie sur les planches anatomiques.
Lesobservationsplus approfondies de ces derniers temps ont cependant appris que ce beau désordre est un effet de Part de la nature, et qu'il existe un plan défini, un certaine loi, qui jusqu'alors n'avait pas été remarquée, parce qu'on avait trop exclusivement borné les recherches à l'homme seul. Il arriva aux naturalistes ce qui arrive aux hommes peu versés dans l'architecture, qui, au milieu de la profusion d'éléments qui surchargent un style, ne peuvent en déchiffrer le plan fondamental. D'après les dernières recherches, ces circonvolutions du cerveau seraient même d'une importance capitale, et nous en parlerons avant de nous occuper des rapports de volume et de poids.
Cette forme du cerveau, selon Gratiolet, est propre au singe et à l'homme, et il y a en même temps dans les replis du cerveau, quand ils apparaissent, un ordre général, une disposition dont le type est commun à tous ces êtres. « Celte uniformité
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dansla disposition des plis cérébraux, dans Thomme etdansles singes, dit ce physiologiste, est digne au plus haut point de l'attention des philosophes. De même il y a un typeparticulier de plissement cérébral dans les makis j les ourSj les felisj les chiens^ etc., et dans toutes les familles d'animaux enfin. Chacune d'elle a son caractère, sanorme, et danschacundeces groupes, les espèces peuvent être aisément réunies d'après la seule considération des plis cérébraux*.» Il parait que la pensée est en raison du nombre et.de rirrégularité des circonvolutions. L'homme, Torang-outang et le chimpanzé ont des circonvolutions sur le lobe moyen ; chez les autres espèces de singes et dans le reste des animaux, ce lobe est absolument lisse. La figure de ces sillons et de ceux qui décrivent des méandres irréguliers sur les autres lobes, est d'autant plus irrégulière que la pensée est plus caractérisée. Les animaux qui vivent en société, comme le phoque, les éléphants, les chevaux, les rennes, les moutons, les bœufs, les dauphins, offrent un dessin moins régulier que les autres. Ce qui, à ce point de vue, distingue surtout le cerveau humain de celui des singes, c'est que, parmi les circonvolutions qui se dirigent du lobe occipital vers le lobe temporal, il en est deux qui existent chez Thomme et n'existent pas chez le singe, et c'est Tun des plus grands contrastes q û séparent les deux cerveaux *.
* Gratiolet, Annales des Sciences natur., 3» série, t. XIV, p. 186.
• Tiedemann, das Him des Negers mit dem des Europders und OraurOtUang verglicheu.