‹ Dieu dans la natureChapitre 80 sur 167 · CERVEAU. — GRAMDEUE, VOLUME, POIDS · texte numérisé non relu

CERVEAU. — GRAMDEUE, VOLUME, POIDS

toniie comparée nous montre sur toute réclicUe des animaux, jusqu'à Thooime , que l'énergie de l'inlelligence est en rapport constant et ascendant avec la constitution matérielle et la grandeur du cerveau. Les animaux sans cervelle occupent le dernier degré de l'échelle. L'homme a le plus grand cerveau réel, pense-t-on, car quoique l'ensemble du cerveau de certains grands animaux soit plus volumineux, les parties qui servent aux fonctions de la pensée sont les plus considérables chez l'homme. Le résultat général des opérations analomiques démontre que la diminution du cerveau des animaux augmente en descendant la série zoologique, et que les animaux des

a«4-on dit alors, c'est au moins le poids relatif. Le poids dn corps bumaio est en moyenne au poids de son cerveau comme 56 : 1 , tandis que chez les animaux les plus intelligents il dépasse rarement le rapport de i 00 : 1. Mais ti les géants s'opposaient à l'admission de la première proposition, ici ce sont les nains de la création qui infirment la seconde. La foule des petits oiseaux chanteurs offre pour rapport du cerreau au poids du corps des chiffres beaucoup plus favorables que le chifûre normal humain, et les petits singes américains offrent sous ce rapport un poids cérébral beaucoup plqs fort que le roi de la création, t

Vogt pense atec raison que si le poids du cerveau peut être comparé avec quelque autre facteur numérique à prendre dans le corps, ce facteur ne saurait être qu'une longueur qui, tout en étant sujette à des fluctuations, doit cependant l'être dans des limites très-étroites; peut-être la plus convenable à admettre serait-elle la longueur de la colonne épinière, à laquelle on rapporterait le poids du cerveau.

Des hommes paraissant être sur le môme niveau comme intelligence peuvent certainement avoir des cerveaux de poidsdifférents, des hommes distingués peuvent offrir des poids plus faibles que d'autres qui ne se sont en aucune façon distingués de la foule ; mais cela n'empêche pas qu'en général il existe un rapport approximatif entre le poids du cerveau et le degré d'intelligence, et que la détermination de ce rapport est un facteur qui ne doit ea aucune iaçon être négligé.

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derniers échelons, tels que l'amphibie et le poisson, ont le moins de cerveau.

Ces faits généraux ne sont pas sans exception, comme nous le verrons tout à Theure, mais nous devons les exposer consciencieusement avant de les discuter ou de les expliquer.

La conviction de l'immense importance de la conformation cérébrale chez les mammifères a même donné lieu à la proposition d'une nouvelle classification uniquement basée sur cette conformation. Mais il nous semble que ce n*est pas tantlc poids absolu du cerveau, que le poids r^Ia/i/* à celui du corps, qu'il importe de considérer. Que le cerveau d'un éléphant ou d'un hippopotame soit plus lourd que celui d'une jeune fille, ce n'est certainement pas là un caractère distinctif en faveur des premiers. Il est plus juste de considérer les rapportSy sans aller pour cela jusqu'à penser qu'un même cerveau penserait mieux dans un homme maigre que dans un corps gras. Sous cet aspect les singes et les oiseaux occupent le premier rang. Le cerveau de l'âne ne pèse que le 250* de son corps, tandis que celui de la souris des champs en pèse le 31*; aussi la souris a-t-elle une petite mine assez spirituelle, comme disait Andrieux.

Les circonvolutions, le poids absolu, le poids

relatif, laissant encore de grandes incertitudes sur

les rapports du cerveau à la pensée, on a supposé

que la supériorité de l'être est en rapport avec la

nantilé dégraisse quele cerveau contient. L'homme

lans son cerveau plus de graisse que les mammi-

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fères, et ceux-ci plus que les oiseaux. La masse du cerveau du bœuf ne s'élève pas au sixième de celle du cerveau humain*.

Ce qui caractérise le cerveau du fœtus pendant la gestation, c'est qu*il ne contient qu'une faible quantitéde graisse, etsurtoutdegraissephosphorée. Chez les enfants, la quantité de graisse a déjà considérablement augmenté au moment de leur naissance, et elle augmente encore d'une manière assez rapide avec les progrès de Tâge. La distinction des races n'est pas marquée sur le crâne des enfants, européens ou nègres ; ces crânes offrent entre eux les plus grandes ressemblances.

Balzac (Recherche de Taft^o/u) avait déjà eu l'idée de considérer le phosphore comme Télément le plus important pour la pensée. Feuerbach amplifiant sur l'importance de ce corps et sur le rôle qu'un mémoire de Couerbe lui fit jouer dans le système nerveux, le donna comme principe de l'esprit.Huartes'imaginequeceltesubstance s'illumine des feux du cerveau comme de ceux d'un réverbère. Nous verrons plusloin jusqu'où Moleschott poussera Texagérafion. Quant à présent terminons l'obseiTation spéciale du cerveau par quelques comparaisons particulières dignes d'intérêt pour notre race»

Les crânes masculin et féminin présentent, dans beaucoup d'espèces, de telles différences entre eux, que Ton serait porté à les classer en deux espèces différentes. Dans l'espèce humaine, ils s'écartent

• Von WihvB, Vergleichende UnterèuchutigenuberdoêGehirnée Bknschen und d^r Wirbetihiere, 129,

également sensiblement Tun de l'aulre. Le trâne féminin est plus petit, soit dans sa circonférence horizontale, soit dans sa capacité interne, et le cerveau moins lourd de la femme jse rapproche de l'enfant. Un autre fait remarquable, c'^t que la distance qui règne entre les deux sexes, relativement à la capacité crânienne, augmente avec la perfection de la race, de sorte que l'Européen s'élève plus au-dessus de TEuropéenne que le nègre au-dessus de la négresse. Cari Vogt commenta ces expériences de Welcker en faisant observer qu'il est plus facile de changer la forme d'un gouvemen^ent que de modifier le pot-au-feu traditionnel.

La cervelle féminine pèse en moyenne deux onces de moins que le cerveau masculin. Aristote l'avait prévu depuis longtemps, et la science expë^ rimentale a constaté que le sexe intéressant a la cervelle plus légère que le nôtre ! Peut-être est4l utile d'ajouter que les mesures n'ont pas été faites par des femmes S

Nous ajouterons aussi que la taille et le poids moyens de la femme étant inférieurs à la taille et au poids de Thomme, il serait bonde tenir compte de cette différence. Ce serait à leur avantage. Mais au surplus les dames ont une telle supériorité sur nous par les qualités généreuses du cœur, qu'elles doivent nous laisser sans regret la froide. supériorité de Tentendement.

* Le docteur Boyd, après avoir pesé les cerveaux de 2086 corps d'hommes et de 1061 femmes, a conclu 1285 à 1366 grammes pour les prcmiei^» 1127 k 1258 pour les seconds.

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Une autre distinction réside également dans la grandeur du lobe frontal, la circonférence horizon* taie du crâne est en moyenne de 546 mill. pour les intelligences ordinaires, de 544 pour les imbéciles en général, de 541 pour ceux du 1** degré. Mais ces mesures sont loin d'être significatives. Un caractère anatomîque plus général consiste en ce que le cerveau recouvre d'autant plus complètement le cervelet que Tanîmal est plus élevé dans la sérié zoologique. Déjà chez les singes un bord étroit du cervelet dépasse en arrière et en bas les hémisphères cérébraux. Chez les autres animaux il le dépasse de plus en plus. On peut faire la même remarque au point de vue embryologique. Dans le fœtus, le cervelet n'est recouvert par le cerveau qu'au septième mois *.

Nous sommes donc loin de nier qu'un rapport constant paraisse lier la structure du cerveau à Tintelligence. Les têtes de Vesalc, Shakespeare, Hegel, Goethe, sont un exemple de la supériorité manifestée par le développement du lobe frontal. Nous voulons bien que certaines exceptions soient dues à ce que ce développement apparent ne correspond pas toujours au poids du cerveau, et qu'en certain cas d'idiotisme l'eau remplace la substance cérébrale. En général, ce n'est pas un caractère particulier du cerveau qui manifeste la supériorité de la pen*

^ Tiedemann, Anatomie und Bildungsgeschichte des Gehirns it» Fœtus des Menschen, etc., p. 142. Pour la mesure du cràue, V. Lélut, Physiologie de la penséetU Ut P- ^^^*

séc, mais Tensemble de toutes sesparties. Enfinon peut admettre avec certains anatomistes qu'il augmente de poids jusqu'à la vingt-cinquième année, et se maintient au même niveau jusqu'à la cinquantième environ, pour diminuer de nouveau d'une manière considérable dans l'âge avancé *.

Le cerveau est complètement insensible ; les pédoncules cérébraux et les couches optiques paraissent seuls être sensibles. Dans des blessures profondes de la têle, n'intéressant que cet organe, on peut toucher sa surface, et même en enlever des morceaux, sans que le sujet éprouve aucune douleur. Par contre, les recherches que l'on a faites à ce sujet sur les oiseaux, ont montré qu'il est évidemment le siège unique de rintelligence. On a conservé en vie pendant plus d'un an, en les nour. lissant artificiellement, des oiseaux, des pigeons après l'ablation du cerveau. Il en résulte qu'un animal privé ainsi de son cerveau, se trouve dans un . état de sommeil continu et profond. Il ne voit plus, n'entend plus, malgré ses yeux et ses oreilles. Les mouvements sont conservés, leur combinaison a encore lieu jusqu'à un certain point, la douleur est encore ressentie et suivie des mouvements nécessaires pour l'éviter, mais l'animal est stupide et indifférent, comme dans un élat de rêve qui exclut

* Pcacock, Archives générales de médecine ^ A* série, XXYIl, 212. On peut remorcjuei' ici avec Welckcr que ces apprécialions offrent un côté délicat, dans ce sens que les anthroj^ologistes à grosse tête et ceux à tête pointue auront de bonnes raisons pour conclure chacun de leur c6té

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la conscience. C'est un aulomale qui ne \iyra qu'à la condition qu'on lui introduise des alimenls par un procédé mécanique. Il pourrait mourir de faim devant son auge pleine de nourriture, parce qu'il lui est interdit de combiner Timage de la nourriture et le besoin qu'il éprouve de manger, avec les mouvcmenls nécessaires à accomplir.

Si i on enlève par couches les deux hémisphères d'un cerveau, l'activité intellectuelle diminue en raison du volume de la masse enlevée. Quand on parvient aux ventricules, l'animal perd toute connaissance. La sanguificalion et la formation des tissus reste encore possible. Mais ces animaux sont tout à fait fermés aux impressions du monde extérieur. La conscience a disparu sans laisser de traces. On a enlevé successivement et par couches les parties supérieures du cerveau et Ton a vu les facultés diminuer peu à peu. Les poules sur lesquelles on avait opéré continuèrent à mener une vie végétalive. Remarque contraire à la localisation des facultés, l'intelligence entière diminuait peu à peu suivant ces ablations, et non pas une fa* culte plutôt qu'une autre ; mais le fait observé sur Vintellect tVune poule peut -il être appliqué à l'homme : c'est ce dont il est permis de douter. Devant ces cxpérimenlalions de Flourens, de Valentin et d'autres physiologisles. Bùchner s'écrie : « Peufon demander une preuve plus éclatante pour démontrer la connexilô absolue de l'âme et du cereau, que celle que nous fournit le scalpel de IJapalomistc enlevant l'âme pièce 5 pièce? »

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Une altéralion dans le cerveau entraîne une altération correspondante dans la pensée, les maladies mentales sont marquées par certaines lésions. Sur trois cent dix-huit dissections de cadavres d aliénés on n'en a trouvé que trente-deux qui ne montrassent pas d'altérations pathologiques au cerveau et à ses membranes, et cinq seulement qui n'offraient aucun changement pathologique quelconque (Romain Fischer), Des lésions au cerveau produisent parfois des effets surprenants dans Tesprit. C'est ainsi que les annales de la physiologie rapportent de foi, qu'à l'hôpital Saint-Thomas, à Londres, un homme grièvement blessé à la tête, avait parlé après sa guérison une langue qu'il avait oubliée pendant son séjour de trente ans à Londres. S*il se produit dans les deux hémisphères une dégénérescence, elle donne lieu à la somnolence, à la faiblesse d'esprit et même à Tidiotie complète. — L'accroissement excessif du liquide encéphalo-rachidien entraine la faiblesse d'esprit et la stupeur. — Le déchirement d'un vaisseau sanguin dans le cerveau, et l'épanchement du sang amène cet état pathologique qu'on appelle apoplexie. Tout le monde sait que la perte de la conscience est une conséquence de cette altération morbide. — L'inflammation du cerveau causée par la réplélion des vaisseaux sanguins et une excessive exsudation plastique amène la fièvre cérébrale et le délire. — Quand les ballements de cœur s'affaiblissent au point de donner lieu à une syncope, le sang arrive en trop petite quantité au cerveau ; aussi la perte

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