‹ Dieu dans la natureChapitre 82 sur 167 · ACTION DE L'ESPRIT SUR LE CERVEAU. TJO · texte numérisé non relu

ACTION DE L'ESPRIT SUR LE CERVEAU. TJO

caché au fond du cerveau, il ne fera pas que le nœud de la question ne soit précisément là. Ne faisons pas de cercles vicieux. C'est ici en vérité le premier point à examiner. L'âme est-elle une force personnelle animant le système nerveux ?

Une première réponse au problème est donnée par ce fait relaté plus haut, que les hémisphères cérébraux offrent d'autant plus de sinuosités et de méandres, et des circonvolutions d'autant plus irrégulières, que l'individu auquel appartient le cerveau est plus pensant ?

Ne semble-t-il pas que c'est précisément parce que la pensée, indépendante et active, a fortement travaillé dans cette tête; parce qu'elle s'est repliée maintes fois sur elle-même, qu'elle a tressailli sous les angoisses de l'anxiété, les serres de la crainte, les extases du bonheur; qu'elle a cherché, médité, creusé les problèmes ; qu'elle s'est tour à tour révoltée et soumise, en un mot, qu'elle a accompli de rudes labeurs sous ce crâne, que la substance qui lui servait à communiquer avec le monde extérieur a gardé les traces de ces mouvements et de ces veilles? — C'est du moins là notre opinion, et nous pensons qu'il serait difficile de nous démontrer le contraire.

Un anatomiste de Bonn, Albert, a disséqué le cerveau de quelques personnes qui s'étaient livrées à un travail intellectuel pendant plusieurs années; il a trouvé que la substance de tous ces cerveaux était très-ferme, la substance grise etles anfractuosités très-sensiblement développées. Si nous obser-

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vonsd'unautrecôtéavecGall, Spurzheîm el Lavatcr, que la culture des facultés supérieures de notre esprit fait éclater son témoignage sur notre visage et notre tête; si nous visitons le musée d'anthropologie de Paris et que nous remarquions sur la riche coUeclîon de crânes due aux recherches de Tabbé Frère, que les progrès de la civilisation ont eu pour résultat d'élever la partie antérieure du crâne et d'aplatirla partie occipitale, nous pourrons tirerde ces faits une conclusion diamétralement opposée à celle qu'en tirent nos adversaires, et affirmer que la pensée régit la substance cérébrale.

Le travail de l'esprit sur la matière n'est-il pas évident comme le jour? et les conclusions ne descendent-elles pas d'elles-mêmes ouvrir le passage triomphal à notre doctrine?

A propos de conclusions, nous ne pouvons nous empêcher d'admirer combien il est facile de tirer des mêmes faits des conclusions tout à fait contraires : le tout dépend de notre disposition d'esprit, et il y aurait de quoi désespérer des progrès de la théorie, si la majorité des hommes avait le caractère mal fait. Par exemple, on a fait l'expérience que des aliénés avaient parfois recouvré la conscience et la raison peu de temps avant leur mort. Les spiritualistes en avaient conclu que les âmes de ces malheureux revenaient après un long isolement à la connaissance d'elles-mêmes et à la liberté d'action sur le corps, et qu'à ce moment suprême, il leur était permis d'ouvrir le regard de leur conscience, sur le passage de cette vie a

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