L'ESPRIT ET LA MATIERE
est muelie. » 0 savants I Epîcure avait déjà dit que la nature d'une pierre est de tomber parce qu elle tombe... ce n'est plus de la science, c'est de la comédie. — Le galimatias qu'on donne comme nnedéfinition de Tâme, est pour nous une détestable plaisanterie. Passons. Chacun prend son plaisir où il le trouve.
Il n'y a de comparable à ces définitions que l'admirable proposition de Hegel sur l'identité de l'âme et du corps, admirable proposition que voici : « La matière est autre que l'esprit. L'esprit est autre que la matière. Donc ils sont autre tous les deux. Donc ils sont la même chose ! »
Ce digne raisonnement, qualifié d'irréfutable par Hegel, se trouve dans sa Grande Logique. Quelle fameuse logique, et que le pur matérialisme est bien effectivement pur de tout esprit!
Comme vous voyez, cher lecteur, ce ne sont pas les définitions qui manquent. Seulement nous sommes encore à nous demander ce qu'elles définissent. Elles nous prouvent du moins que ces messieurs n'en savent guère plus que nous sur la nature de Tâme.
Ainsi, nous venons de voir dans ce chapitre que si d'uncôté la constitution physique du cerveau est en harmonie avec l'âme et merveilleusement appropriée à ce que cette âme reçoive intégralement les impressions du monde extérieur, juge et transmette ses propres déterminations; d'un autre côté, l'anatomie ne peut en conclureque cette âme ne soit qu'un produit organique, et la philosophie démôle
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au contraire, au milieu des incertitudes etdes con- Iradictions du matérialisme, Taclion évidente de Vesprit sur la matière.
Nous avons vu que la folie n'est pas une affection organique, mais psychologique, et que Tâmea son monde de douleurs comme son monde de joies. La détermination est évidente. Croira-t-on cependant qu'après avoir considéré la folie comme una maladie physiologique on est allé jusqu'à traîner le génie sur le même rang, et qu'aujourd'hui un grand nombre de médecins considèrent le génie comme une névrose ?
Notre époque seule était capable de ces hardiesses. « La constitution de beaucoup d^hommes de génie, dit M. Moreau (de Tours) est bien réellement ]a même que celle des idiots*.» Développant démesurément une thèse du docteur Lélut, Tautèur tient à ce que le génie n'appartienne pas au domaine de l'esprit, mais à celui du corps! Et sur quelle base s'appuie-t-il? Sur ce que, dit-on, certains hommes de génie ont manifesté des bizarreries, des excentricités, des distractions, ou bien furent de constitution maladive, petits, rachitiques, boiteux, sourds, bègues, ou encore victimes de quelques hallucinations.
C'est à coup sûr se former une singulière idée du génie que de croire qu'il consiste dans la singularité des opinions, dans l'originalilé, dans l'enthousiasme ou dans le délire. Il nous semble qu'il con-
« La Psychologie morbide»