‹ Dieu dans la natureChapitre 91 sur 167 · IDENTITÉ PERMANENTE DE L'ÂME · texte numérisé non relu

IDENTITÉ PERMANENTE DE L'ÂME

cnt ce feuillet de vos doigts aimés, ladite mole*

lie de phosphore qai, dans Thypothèse de nos

versaires, eut la fantaisie d'imaginer la phrase en

.est ion, peut être, dis-je, cette heureuse mole-

^e est-elle présentement emprisonnée sous l'épi-

/me sensible de voire index... peut-être tres-

aille-t-elle ardemment sous les palpitations de

otre cœur... (Il y aurait beaucoup à dire sur

't indiscret sujet des voyages d'une molécule,

tais je n'ose pas allonger ma parenthèse.) La

ueslion sérieuse est de rappeler celte vérité :

|ue la matière est en drculation perpétuelle dans

lOus les êlres, et que l'être humain corporel en

particulier ne demeure pas deux jours de suite

identique à lui-même.

Si la valeur de ce fait ne nous abuse pas, elle nous parait avoir son importance dans la question qui nous occupe, et nous nous faisons un véritable plaisir de l'adresser à nos adversaires et de les inviter à l'expliquer. Comme c'est aux champions mêmes du matérialisme que la science est redevable d'une partie de ces observations intéressantes, ils sont plus à même que personne de les inlerpréteren faveur de leur théorie, si toutefois celte sorte d'inlcrprclalion n'est pas un tour de force trop exagéré. Voyons.

d Le sang abandonne constamment ses propres parties constilutives aux organes des corps en qualité d'éléments histogènes. L'activité des tissus décompose ces éléments en acide carbonique, en urée et en eau. Les tissus et le sang subissent, par

la marche régulière de la vie, une déperdition de substance, qui ne trouve de compensation que dans le dédommagement fourni par les aliments. Cet échange de matières s'opère avec une rapidité remarquable. Les faits généraux indiquent que le corps renouvelle la plus grande partie de sa subtance dans un laps de temps de vingt à trente jours. Le colonel Lann, par le moyen de plusieurs pesées, a trouvé une perte moyenne d'un vingt-deuxième de son poids en vingt-quatre heures. Le renouvellement complet demanderait donc vingtdeux jours. Liebig déduit une rapidité de vingt-cinq jours d'une autre considération de l'échange des matières : la combustion du sang. Quelque surprenante que puisse paraître celte rapidité, les observations s'accordent sur tous les points*. »

Ainsi , c'est vous-mêmes qui l'enseignez , en quelques jours, en quelques semaines, notre corps est entièrement renouvelé. Notre être matériel a vu successivement toute son assemblée constituante dissoute et remplacée; il n'est pas resté une même molécule d'oxygène, d'hydrogène, de carbone, de fer, de phosphore, d'albumine...; ces molécules sontalliées à d'autres substances etsontactuellement bercées dans les nuages, charriées dans les flols, ensevelies dans le sol, recueillies par les plantes ou par les animaux, et notre propre substance a entièrement changé.

En appliquant môme votre ingénieuse théorie

• Jac Moloscholt, \a Circulation de la vie, 1. 1, p. iCO, 170, 17Î,

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