‹ Dieu devant Paris dans la journée du 13 juilletChapitre 25 sur 27 · É II · texte numérisé non relu

É II

L’Angleterre,' enfin, qni a tant d’influence sur la France de 1830, est assez marquée au nombre Treize , à Paris :

Il est prouvé que ce fut un Anglais, M. Fox, de la famille du stérile orateur de ce nom (on a appris la mort de sa veuve dans les journaux du jour même de la catastrophe du Treize ), qui tira le premier sur la garde royale, de V Hôtel royal rue Saint-Honoré, n. 193, et qui tomba raide mort, par contre-coup.

Gela soit dit en passant, et en riant ou non, pour servir à la découverte de la Loi de la Providence sur les nombres, à la recherche de laquelle sont allés Pythagore et Platon, Copernic et Keppler, Leibnitz et Eiiler, et de nos jours, le comte de Maistre, et jusqu’à M. Lamennais lui-même (*).

On lit dans le même Journal les deux faits chevaleresques suivants .*

« Le Cheval de bataille qui précédait le char funèbre au convoi deM. le duc d’Orléans rappelait les souvenirs de la dernière campagne du prince en Afrique. Au combat de l’oued Jer dans la plaine de la Mitidja , des tirailleurs du deuxième régiment d’infanterie légère avaient devant eux un gros de cavaliers arabes. Le chef des Arabes s’était plusieurs fois porté seul en avant : il s’approchait à portée de son fusil, retournait au galop, remettait l’arme à ses cavaliers, qui la rechargeaient, et revenait la diriger contre les tirailleurs, au milieu desquels arrivaient ses balles , lancées par une arme de choix, tandis que celles de nos soldats ne paraissaient pas atteindre jusqu’à lui. Un sergent-fourrier se glissa dans un petit ravin, se cacha derrière un buisson, et,

(*) Un des amis intimes de celui-ci nous a raconté son effroi, un jour , pour s’être trouvé à une table de 13 couverts.

quand le chef arabe fut à portée, lui jeta une balle dans les reins. L’Arabe tomba mort. Le cheval, débarrassé de son cavalier, dirigea sa course du côté de nos troupes. Les Arabes, voyant cela, s'élancèrent au galop, et, désespérant de le rejoindre, voulurent le tuer pour qu’il ne tombât pas au pouvoir des Français. Plus de cinquante, coups de fusil furent thés sur lui ; deux balles 1 atteignirent : l’une à la cuisse, l’autre à l’épaule. Le cheval arriva ainsi couvert de sang cl d’écume. On avait remarqué la grâce, l’énergie cl la r apidité de ses mouvements sous le chef qui le montait ; on reconnut bientôt que c’était, en effet, un des plus beaux coursiers que l'on eût rencontrés en Afrique. Les grenadiers du 2e. léger s’empressèrent de Y offrir au duc d'Orléans, qu’ils avaient vu au milieu d'eux lorsqu’ils étaient en tirailleurs à l’avant-garde. Le prince montait souvent ce cheval lorsqu’il était en uniforme, quoiqu’une de ses blessures le fit toujours un peu boiter d'une jambe de devant, tic magnifique cheval avait été nommé Sidi-Moussa. »

L} Hebdomadaire ( de Vire) rapporte le fait contraire :

« M. Colin père se promenait dernièrement dans un de ses herbages, à Neuville; un bœuf sc précipita sur lui et , après l’avoir enlevé sur ses cornes à une certaine hauteur, il le terrassa et le foula aux pieds. M. Colin demeura trèslongtemps sans connaissance, "et i! dut peut-être la vie à un cheval qui était dans la prairie et qui sc tint continuellement entre lui et le bœuf, jusqu’au moment où ii reprit ses sens et put parvenir à échapper aux poursuites de cet animal. Depuis ce moment , M. Colin est indisposé; on espère cependant que cel accident n’aura pas de conséquences graves. »

Quoi qu’il en soit de ces éphémères symptômes d’un évé-

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nement immense, ils valent mieux que celui-ci des Débats mal avisés de ces jours-ci :

« Le duc d’Orléans, qui vient de périr d une manière si déplorable , fut baptisé dans la chapelle de Saint-Pierre du palazzo Nuovo, de Palerme, qui sert maintenant de chapelle sépulcrale, et où avait élé béni le mariage de Louis- Philippe, roi des Français, avec la princesse Marie-Amélie. Cette chapelle a été construite en 1170, et, si l’on en croit la tradition, sur l’emplacement même d’une maison dans laquelle saint Pierre aurait logé pendant son voyage de Jérusalem à Rome. Au moment où l’archevêque de Palerme allait verser l'eau baptismale sur le front de l’enfant, il dit aux assistants : « C’est peut-être un futur roi de France que je baptise aujourd’hui. » A cela le marquis de Gargallo, qui, au nom de la ville de Palerme, tenait le prince sur les fonts, répondit au prélat : Que Dieu veuille que ce soit ainsi!

« Depuis son avènement au trône, le roi Louis-Philippe n'a pas oublié la chapelle de Saint-Pierre, et dernièrement encore M. le prince de Joinville a offert à cette chapelle , au nom de son auguste père, un magnifique ostensoir en argent garni de topazes. »

Ce signe-là du moins est innocent, en voici un criminel, et qu’on lit dans le plus lâche des journaux (celui qui a appelé salutaire la Saint-Bar thélemi).

C’est, dans un journal politique et même religieux , le Coup de pied de V Ane au Lion mort ; — c’est le Dard du Serpent sur un cadavre sacré :

« Un des plus spirituels hommes d’Etat du Charivari , M. Albert Cler, vient de publier un petit livre des plus curieux. Ce piquant ouvrage, intitulé la Comédie à cheval , ou Manies et travers du monde équestre, peut être mis à côté de

tout ce quel’/iwmowr de Swift, d’Addisson et de Steele a produit de plus original et de plus malin. C’est unehistoire complète et passablement critique de la vie et des usages du cheval, au point de vue de nos goûts et de notre société actuelle, dans lesquels le cheval et le cigarre de la Havane jouent un si grand rôle. Dans ce petit livre l’auteur a groupé, dans des scènes piquantes, tout ce qui se rattache au sport, aux sporlmen , aux gcntlcmcn-ridcrs, à l'équitation fashionable , aux horse-races , aux stceple-chassc et à tout ce qui touche de près ou de loin aux usages et aux exercices hippiques , depuis l’écurie jusqu’au turf des courses, depuis le timon du fiacre jusqu’à la flèche de la voiture royale , depuis le cheval du Cirque-Olympique jusqu’au cheval de bataille et de l’attelage à la Daumont, jusqu’à l’attelage du corbillard. Dans le nombre des chose curieuses que contient ce livre, qui fournirailla matière de plusieurs feuilletons, nous choisirons, comme citation, des détails peu connus sur cei établissement de la fashion moderne qu’on appelle le Jockey- Club.

« Le Jockey-Club est presque devenu un pouvoir de l’Etat 5 il tient à la fois à la Cour, à la banque, à la Chambre des Pairs, à la Chambre des Députés, à la presse, à tous les boudoirs de la capitale, à la diplomatie, aux bureaux de tous les ministères et aux rats de l’Opéra. Ce club, aujourd’hui si célèbre et si influent, n’a pourtant que neuf années d’existence. Il fut fondé en 1833; les fondateurs sont MH. Pasquel, major Prazer, chevalier Machado, de Cambis, Uicussec et lord Henry Seymour. C’< st dans une mansarde d’une maisonnette située dans le parc de Tivoli, chez un nommé Brion, que se tinrent les premières séances de l’illustre aréopage. La société s’appelait alors Société pour V améliorai ion des races de chevaux en France, M. LE

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DIX D’OKLÉANS s’en déclara le proteclcur. Telle est l'origine de celle société qui, grâce au pur sang, ne pouvait manquer de faire rapidement son chemin.

« Aujourd'hui le Jockey-Club est composé de plus de trois cent s jeunes gens appartenant pour la plupart à l'aristocratie ancienne, impériale, financière, ralliée à la dynastie actuel le. »

Nous ne sachons pas , après cet outrage à la tombe, de plus digne des Lois de Septembre que celte parole horrible et régicide que Jules Janin et la Presse prêtent à Louis-Philippe :

« Dans celle France qui a si grand peur de la réaction religieuse, j'ai trouvé le moyen d'être regardé comme un des derniers V oltairiens sur lesquels on puisse compter ! »

Tu quoque , Brute!... peut dire Lou s- Philippe à ces gens-là.

Note (4) de la page 47.

« La France, dit le Constitutionnel du 1.4 juillet, a foi dans la dynastie quelle s’est donnée. L’épouvantable catastrophe qui la prive du prince royal ne fera que fortifier ses sentiments. Elle reportera sur le jeune fils du duc d’Orléans l’affection qu’elle avait vouée au père, et elle veillera, tendre et empressée, sur le berceau du comte de Paris.

« Uien n'est changé en France par la mort du prince royal, il faut que tous ceux qui, au dedans ou au dehors , voudraient exploiter nos malheurs publics, le sachent bien. Notre dynastie nationale a désormais ses racines dans le sol, et rien ne pourra l’en arracher. Lo trône où Louis-Philippe s’est assis , cl qu'il doit conserver longtemps encore pour le

DEVANT PA 1US

bonheur Je la France, demeurera à ses héritiers. La France le veut ainsi, car elle veut avant tout l’ordre et la sécurité, sans lesquels il n’y a pas de prospérité pour les nations.»

Fl Y Institut l’a dit avec bien autrement d’énergie par l'organe de Victor Hugo :

« Sire, votre sang est le sang même du pays ; votre famille et la France ont le même cœur. Ce qui frappe l’une blesse l'autre. C’est avec une inexprimable sympathie que le peuple français fixe en ce moment ses regards sur votre famille, sur vous, Sire, qui vivrez longtemps encore, car Dieu et la France ont besoin de vous.

« Que, du moins, celle afliictionuniversellesoitpoiir Votre Majesté une sorte de consolation! Sire, c’est aussi là une acclamation. La mort fatale du prince a pu ébranler le trône, ce deuil public et national consolide la dynastie. La France qui vous consacrait il y a douze ans par l'unanimité de son adhésion, vous consacre aujourd'hui une seconde fois par l'unanimité de sa douleur. »

Il est un Sacre dont Louis-Philippe est bien autrement jaloux, et dont il sent bien autrement le besoin , que de la consécration académique...

Quant au besoin que Dieu a du Roi, je ne le nie pas, moi ; car, en un sens, Dieu a besoin de tous les hommes, sans excepter un académicien; et il a comme besoin, tant il est bon , de leurs talents divers, s'ils ont pour objet , non le théâtre , mais la vérin.

Note (5) de la page 47.

Ft voilà même pourquoi les Emigrés, l’armée de Coudé, et jusqu'à l’armée descoalisés, étaient toujours en arrière à une année , d'une armée et d'une idée ; — ce qui arriva conslain-

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ment à Bonaparte, sur la voiture duquel vinrent s’émousser toutes les Machines de Georges, pires, à nos yeux, que celles de Fieschi • — ce qui arriva, depuis 1830, à l’intrépide duchesse de Berry j — ce qui arriva, dès le 1er siècle du christianisme, lorsque la Providence faisait même, et surtout, de Tibère son enfant gâté :

« Dieu, dit Tillc-mont, a marqué visiblement que c’était lui qui faisait régner cet homme hypocrite pour punir les péchés des peuples. ïi te sauva dans son enfance de toutes sortes de périls , des ennemis , de la mer , d'un feu qui s'alluma tout d'un coup dans une foret lorsqu'il y passait , et qui brûla même les habits cl les cheveux de sa mère. »

C’est que Dieu seul s'est réservé le jugement, même temporel, des rois.

Note (6) de la. page 48.

M. Laurentie , dans une Histoire prétendue des ducs d'Orléans , a calomnié (* *), entre autres, le plus malheureux de ces princes :

C’est horrible de la part d’un homme religieux.

Suivant lui, Louis-Philippe s'en alla éi la mort avec une impassibilité désespérée qu'on put prendre pour de la fermeté ; il ne parut pas se souvenir qu'il y avait un autre

(*) Si M. Laurentie ignorait, en composant son livre, un fait de cette gravité, il l’a appris depuis par Y Ami de la Religion, qui a reproduit, en toutes lettres, te document historique avec de nouvelles preuves à l’appui. Et il n’a point ajouté de carton à son ouvrage ! et il n’a point cherché, et il n’a point saisi l’occasion qui s’est présentée mille fois de le publier dans son journal ! — Et il ne le publiera même point, dans sa prétendue Histoire de France , sur le reproche immortel que nous lui faisons de son dernier silence... cent fois plus coupable que le premier!

jugement plus formidable que celui des bourreaux , toute pensée grande et immortelle avait disparu de cette intelligence déchue.

Rien de plus faux. L'abbé Lothringer, vicaire épiscopal de Gobe!, publiant en 1797 une rétractation de son serment, déclara avoir confessé à la Conciergerie, en 1793, le duc d’Orléans , Custincs , Gorsas, Gardien , Viger et plusieurs autres. Sa lettre fut insérée dans les Annales catholiques de M. de Boulogne. Madame la duchesse d’Orléans, qui était encore en France, désira des renseignements plus précis sur les derniers moments de son époux. File lit écrire à M. Lothringer, alors en Alsace, qui lui fit de Thann, le 27 juillet 1797, la réponse suivante publiée aussi dans les Annales catholiques : .

« Je reçus, dit M. Lothringer, une lettre de la part de Fouquier-Tinville, ci-devant accusateur publice du tribunal révolutionnaire, pour donner les derniers secours de la religion à M. le duc d’Orléans. Arrivé à la Conciergerie, je le trouve tout disposé à se confesser ; mais un homme ivre, dont je ne sais pas le nom, nous a déroutés par d’horribles blasphèmes, que dans son ivresse et son désespoir il vomissait contre la religion et ses ministres. Cet homme a tout fait pour empêcher le duc de se confesser et d’avoir confiance à un prêtre. Inutilement les gendarmes présents lui imposaient silence. Tout à coup, par une providence spéciale, l’homme ivre commence à s’endormir jusqu’à l’arrivée des exécuteurs. Le duc d’Orléans me demande si j’étais le prêtre allemand duquel lui avait parlé la femme Richard (femme du concierge de la Conciergerie) , et si j’étais dans les bons principes de la religion. Je lui ai dit que, séduit par l’évêque de Lydda, j’avais prêté le serment, qu’il y avait

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longtemps que je ra’cn repentais, que je if attendais que le moment favorable de m’en défaire.

« ]\I. le due d’Orléans, se mettant à genoux, me demanda s'il avait encore assez de temps pour faire une confession générale ; je lui ai dit qu’oui, el qire personne n’était en droit de S’interrompre ; et il lit une confession générale de toute sa vie. Après sa confession, il me demandait, avec un repentir vraiment surnaturel , si je croyais que Dieu le recevrait dans le nombre de ses Elus. Je lui ai prouvé, par des passai.es et des exemples de la sainte Ccrilure, que son noble repentir, sa foi on la miséricorde infinie de Dieu, sa résignation à la mort le sauveraient infailliblement. « Oui, répondit-il, je meurs innocent de ce dont on m’accuse; que Dieu leur pardonne comme je leur pardonne. J’ai mérité la mort pour l’expiation de mes péchés; j'ai contribué à la mort d’un Innocent , cl voilà ma mort : mais il était trop bon pour ne me point pardonner. Dieu nous unira tous deux

avec Saint-Louis . » Jve ne peux assez exprimer combien

jetais édifié dosa noble résignation, de ses gémissements el de ses désirs surnaturels de tout souffrir dans ce monde et dans l’autre pour l’expiation de ses péchés , desquels il me demandait une seconde et dernière absolution au pied de l’échafaud. Voilà de quoi vous pouvez assurer sa respectable et pieuse épouse pour la tranquilliser à tous égards. »

Noi e (7) de la cage 50.

« M. le duc d'Orléans semblait avoir le pressentiment de sa mort prochaine ; il disait, il y a deux jours, à sa sœur, la princesse Clémentine qui lui parlait des chances glorieuses de son avenir : Je mourrai jeune, ma sœur, el je dois mourir bientôt. » (Débats. )

¥*¥ « On a trouvé , dans les papiers de M. le duc d'Orléans, cette indication précise : — Si je meurs par accident, je désire qu’on m’enterre sans pompe. — Pour se conformer à cette intention, Louis-Philippe voulait que les obsèques fussent célébrées à Ncuilly, d’où le corps aurait été transporté directement à Dreux, dans les caveaux destinés à la sépulture de la famille d’Orléans. »

{Ami de la Religion, journal dynastique.)

¥*¥ « Le cruel accident qui a coûté la vie à M. le duc d’Orléans semblait avoir été, en quelque sorte, annoncé par plusieurs événements de ce genre. C’est ainsi que peu de temps après son mariage, ses chevaux s’étant emportés, faillirent précipiter sa voiture dans la Garonne, que dans un de ses voyages de Toulon il fut sur le point d’être versé dans la rivière del’Huveaune du haut du pont de Roquevaire, et qu’en 1839 un accident survenu près d’Alberlas fit périr un de ses postillons.

( Gazelle du Midi.)

La Gazelle du Midi a oublié une chute dernière, et bien autrement extraordinaire par le Lieu, et rapportée ainsi dans les journaux du mois de Mai :

« Au retour de Chantilly , il est arrivé plusieurs accidents qui pouvaient être très-graves, et qui cependant n’ont pas eu de suites fâcheuses. L’essieu de la voiture de M. le duc d’Orléans s’est brisé en route ) mais la voiture n’a pas versé, et le prince en a été quitte pour une violente secousse. Quelques instants après, le char à banc à quatre chevaux que le colonel Thorn, fastueux Anglais, conduisait lui-même à grandes guides, a versé et est allé se briser contre un des arbres de la route ) les dames qui étaient dans la voiture ont

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été jetées sur les contre-allées, et sont allées rouler dans la poussière : elles n’ont éprouvé que de très-légères contusions et un grand désordre dans leurs élégantes toilettes. M. Thorn n’a pas été blessé. »

On lit dans l’Espérance de Nancy :

« Nous avons annoncé que M. le préfet de la Meurt he avait reçu, le jour de la mort de monseigneur le duc d’Orléans , une lettre dans laquelle le prince acceptait la fête qui lui était offerte par la ville de Nancy. Une copie de celte lettre nous ayant été communiquée, nous nous empressons de la mettre sous les yeux de nos lecteurs. Ils remarqueront que ces lignes sont datées du 12 juillet : elles sont les dernières peut-être que le prince ait écrites avant l’événement du 13. Leur Conditionnel est frappant :

« L’aimable invitation que vous m'avez transmise au nom de la ville de Nancy, m’a mis dans l’embarras, mon cher préfet > mais je suis cependant arrivé à concilier mon désir de répondre à cette politesse avec l’obligation de remplir mes engagements militaires. Voici le seul arrangement possible pour atteindre ce but :

« Le 21 juillet, je traverserai Nancy, sans m’y arrêter, pour arriver de bonne heure à Lunéville. J’inspecterais la division de dragons le 22 et le 23 au matin. Le 23 juillet , entre deux et trois heures, je reviendrais à Nancy, où la duchesse d’Orléans arriverait de son côté, venant d’Epinal. — Je passerais la revue de la garde nationale et de la garnison ) je recevrais ensuite les autorités ; je leur donnerais à dîner j puis, le soir, la duchesse d’Orléans et moi, nous irions au bal que la ville veut bien nous donner. Le 24 au malin, nous repartirions pour aller coucher à Phalsbourg,

car le 25, dans la matinée, nous sommes attendus à Strasbourg, cl je suis obligé de faire voyager la duchesse à Irèspelilcs journées.

« Veuillez exprimer au maire et au conseil municipal de Nancy mon empressement à me rendre à leur invitation, et recevez, mon cher préfet, l’assurance de tous mes sentiments.

« Votre affectionné,

« Ferdinand-Philippe d’Orléans.

« Tuileries, le 12 juillet 1842.

« P. S. Veuillez prévenir officieusement le général Villatte de ces changements. »

Note (8) de la page 51.

Lisez les Actes de la naissance du faible enfant sur le berceau duquel repose à présent l’espérance de la monarchie nouvelle, et ceux des félicitations parisiennes dont elle a été l’occasion. C’est aujourd’hui, et à toujours, la plus belle page, peut-être, de 1 Histoire de France !

La voici écrite par le Constitutionnel du lendemain du jour heureux ou malheureux, le Vendredi du mois Auguste par excellence :

« Et de suite, nous chancelier de France, assisté comme dessus, avons, en vertu des pouvoirs à nous conférés par Y ordonnance royale du 23 mars 181G, procédé à la rédaction de l’acte de naissance ci-après :

« Du Vendredi vingt-quatrième jour du mois d’août 1838.

« Acte de naissance de très-haut et très-puissant Prince Louis- P liilippe- Albert d'Orléans , Comte de Paris, né aujourd’hui, à trois heures de l’après-midi, au palais des Tuileries, à Paris, fils de très-haut et très-puissant Prince Fer-

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dinand-Philippe-Louis-Charles-Hénri d’Orléans, Duc d’Orléans, Prince royal, et de très-haute et très-puissante Princesse Hélène-Louise-Élisabeth, Princesse de Mecklenbourg Schvverin, Duchesse d’Orléans, Princesse royale, son épouse, demeurant audit palais j

« Le présent acte reçu, 'd’après les ordres du Roi, parnous Étienne-Denis, baron Pasquier, chancelier de France, pair de France, président delà Chambre des Pairs, grand’croix de l’Ordre royal delà Légion-d’Honneur remplissant, aux termes de l’ordonnance royale du 23 mars 1816, les fonctions d’officier de l’état civil de la Maison royale avec Élie, duc Decazes, pair de France, grand-référendaire de la Chambre des Pairs, commandeur de l’Ordre royal de là Légion-d’Honneur, accompagné de Eugène-François Cauchy, gardes des archives de la Chambre des Pairs, chevalier de l'Ordre royal de la Légion-d’Honneur ;

« En présence de très-haut, très-puissant et très-excellent Prince Louis-Philippe, premier du nom, Roi des Français, et de très-haute, très-puissante et très-excellente Princesse Marie-Amélie, Reine des Français j

« En présence aussi de très-haute et très-puissante Princesse Auguste-Frédérique de Hesse- Homhourg, Grande- Duchesse hérédi taire douairi ère de Mecklenhourg-Schwerin,, belle-mère de Son Altesse royale Madame la Duchesse d’Orléans ;

« En présence également de très-hauts et très-puissants Princes, Henri-Eugène-Philippe- Louis d’Orléans, Duc d’Aumale, et Antoine-Marie-Philippe-Louis d’Orléans, Duc de Monlpensier, fils de Leurs Majestés (Leurs Altesses Royales le Duc de Nemours et le Prince de Joinville étant absents pour le service du Roi) j de très-haute et très-puissante Princesse Marie -Clémentine-Caroline-Léopoldine-

Clotilde, Princesse d’Orléans, fille de Leurs Majestés; de très-haute et très-puissante Princesse Eugène-Adélaïde- Louise, Princesse d’Orléans, sœur du Roi, et de très-haut et très-puissant Prince Frédéric-Guillaume-Alexandre, Duc de Wurtemberg, gendre de Leurs Majestés. »

24 août.

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