‹ Dieu et diableChapitre 2 sur 17 · SB · texte numérisé non relu

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Par boBbeor, il j aviîl do terrain derrière la el il y avait des pierres daos les champs : c*éUieot ànmc quelques sacs de plâtre à ztheUr, voilà loot.

Le père Cadet, sans rien dire à personney se nit à rœttvre : eo effet, cette écurie qu'il bâtissait d'avance, elle o'avait qu'à faire rencbérir Pierrot! C'était an Imve bomme que le voisin Matbieu; mais il n'est si brave faodinie que le diable ne lente au moins sept fois par jour, et nous mettons la chose au plus bas, puisque sept fois c'est le compte des saints.

Seulement, par un calcul qui répondait sans doute chez lui à une ambition cachée, il fit le plan de l'écu* rie assez grand pour que cette écurie pût contenir deuz animaux.

Cet attelage d'un bœuf et d'un âne était reztréme limite de ses désirs; mais enfin, dans les horizons du possible, ses désirs allaient jusque-là.

Au bout de trois mois l'écurie était bâtie, crépie en dedans et en dehors, meublée en dehors d'an contrevent, en dedans d'un râtelier.

Le lendemain dn jour où l'écurie était achevée, il lui sembla entendre hennir un âne dans son écurie.

Il se leva tout étonoé et alla voir.

Pierrot était établi dans son nouveau domicile et mangeait à même une botte d'herbe fraîche jetée dans le ratelitT.

// se gratté VonïWe et rentra dans la maison. Il y

trouva le voisin Mathieu, qui y était eatré |Mf ose porte tandis qu'il en sortait par l'autre.

Le voisin Mathieu Tattendait et le saloa d*un air narquois.

— Dites donc, lui demanda le père Cadet, c'est vons qui m'avez conduit Pierrot? — Eh! sans doute, répondit €elui-ei« -^ Mais je ne vous Tavais pas demandé, voisin. — Non pas, c'est vrai; mais je vous at vu bâtir Pécirrie. et je me suis dit comme cela : 11* parait que déddéiMnt le père €adet veut acheter Pierrot, et donc, comiM j'avais acheté un second bœuf hier, et que je n'avais pas de place pour trois bêles dans l'étable, je me suis dit : Voilà le moment de placer Pierrot. Alors je l'ai emmené dans l'écurie. — Pour le même prix, toujours? demanda le père Cadet avec inquiétude. — Ob! un honnête homme n'a que sa parole; c'est soixante francs que vous me devez : vingt francs à la Saint-Martin d'hiver prochain, vingt francs, et ainsi de suite tous les ans.

Le père Cadet réfléchit un instant : il était facile de voir qu'il tournait et retournait une grande idée daâs sa tête.

Enfin, au bout de quelques secondes, prenant son parti :

— Eh! si Ton vous payait comptant, estn^e que vous ne feriez pas une petite remise? dit-il? — Ahl dit le voi'siu Mathieu, teroeur que vous èted^ je saNrâ \ft«^ ^s^ fûus aviez un trésor. — Il ne s'agit pas 4^ ç^\ <itiN^^^

— aurait une demande, il s'agit d'y répondre en homme. Feriez-vous ou ne feriez-voas pas une remise? — Si fait, il y aurait une remise de six livres el Ton payerait la bouteille. — J'aimerais mieux une remise de dix livres et pas une bouteille, dit le père Cadet. — Ah! c'est vrai, répliqua en riant le voisin Mathieu, j'oubliais que vous êtes un buveur d'eau, vous. — Le vin me fait mal, dit le père Cadet. — Eh bient donnez cinquante livres, reprit le voisin Mathieu, et comme on n'est pas un vieux ladre comme vous, on payera bouteille tout de même. — C'est bien! dit le père Cadet, allez m'attendre chez vous et l'on va vous y porter les cinquante livres. — Oui, répliqua le voisin Mathieu, afln que je ne voie pas la cachette d'où vous les tirez; ahi père Cadet, vous êtes fin comme l'ambre.

Le voisin Mathieu était aussi fin que le père Cadet, car il avait deviné juste.

Le père Cadet nia que ce fût là la cause du retard qu'il mettait dans son payement; mais ses protestations ne firent point revenir le voisin Mathieu de son opinion. Il sortit en secouant la tête et répétant :

— Fin comme l'ambre, le père Cadet, fin comme l'ambre!

A peine le voisin Mathieu fut-il sorti, que le père Cadet

ferma la f)orte derrière lui, alla écouter au premier pas

de l'escalier si Madeleine, qui était dans sa chambre,

n'ivait pas quelque veWéilé tfeu A^stet^^tv^ v^\&^ ^^^-

procbaht sans brait de son lit, tout en jetant un regard inquiet autour de lui, ii tira d'une cacbette pratiquée dans la muraille une boiteen fer qu'il ouvrilavecune petite clef retenue à la boutonnière du gousset de sa culotte par une mince lanière de euir, l'ouvrit, souleva doucement et d*ane main le couvercle, comme s'il eût craint que les quinze louis d'or qu'elle contenait n'eussent des ailes et ne tentassent de s'envoler, introduisit dans la boîte rindex et le pouce de l'autre main, en tira deux beaux louis d'or, la referma, la remit à sa place, compléta les cinquante livres avec^ une pièce de trente sous qu'il tira d'un sac de cuir et dix sous qu'il parvint à assembler en fouillant dans ses huit poches; avec quoi, regardant avec un soupir ses deux pauvres louis d'or qui allaient changer de maître, il s'achemina vers la maison du voisin Mathieu, en passant par la cour, afin que la vue de Pierrot le consolât du sacrifice qu'il faisait pour luis

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