DE LÀ SCIENCE DE L'AME
nières d'être et d*agir, nous connaissons avec certitude des faits tout aussi positifs que les faits sensibles ; que par conséquent on doit admettre, en dehors des sens et de Tobservation extérieure, une autre espèce d'observation, l'observation intime ou de conscience ; qu'enfin il est possible et même facile au philosophe de transmettre au public les résultats de ses réflexions sur lui-même, c'està-dire sur son âme. Cela posé, un instrument de science nous est donné, savoir la conscience sous la forme de la réflexion, et si ce n'est pas encore une méthode, suivant l'excellente remarque de M. Garnier *, au moins en est-ce le point de départ assuré. En effet, une fois qu'on accorde au philosophe qu'il peut observer, analyser et décrire les faits de notre nature intellectuelle et morale, comment lui contester la légitimité des comparaisons et des classifications, des inductions, des définitions et des raisonnements par lesquels il mettra en œuvre les matériaux fournis par une expérience certaine ? Tous ces procédés ont leurs règles connues : il ne s'agit plus que de les appliquer avec exactitude soit à la description des actes et des facultés de l'âme humaine, soit à la découverte des lois qui président à son développement, soit enfin à la détermination de sa nature intime ou de son essence. C'est à la logique, c'est au bon sens des hommes spéciaux que reviendra le droit de contrôler l'usage de ces divers procédés, qui ne sont en quelque sorte que des suppléments de l'expérience. En effet, la méthode à suivre en psychologie est essentiellement expérimentale,