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mais elle se proportionne aux différentes questions et se présente sous plusieurs aspects. A tous les degrés, c'est Tobservation de conscience qui en est le procédé essentiel; mais elle est tantôt accompagnée de comparaison, d'abstraction et de classification, tantôt interprétée par Tinduction ou secourue par le raisonnement, toujours contrôlée par le langage et par le sens commun sous toutes ses formes ; c'est la même observation qui, en se résunmnt dans une dernière abstraction, conduira enfin le philosophe à connaître la nature de l'âme humaine en général.
J'ai essayé d'expliquer ailleurs le rôle des divers procédés dans l'ensemble de la science psychologique, et de montrer à cet égard les mérites de l'auteur du Traité des facultés de l'âme *. Ici je dois me borner à constater la grande et juste part qu'il a faite à l'observation et à tous les procédés qui doivent concourir à une description fidèle et complète des faits de notre nature. Il est permis de croire que, sur quelques points, M. Garnier n'a peutêtre pas donné l'idée la plus exacte de la manière dont la méthode de Bacon doit être appropriée à la psychologie; mais ce qu'on ne saurait méconnaître, c'est que M. Garnier, par l'énergie de sa conviction autant que par la délicatesse de ses analyses, a contribué plus qu'aucun autre à démontrer, par l'importance des résultats obtenus, la valeur de la méthode qui l'y avait conduit, et qui avait sur celles de ses devanciers l'immense avantage de commencer la psychologie par l'étude qui
i. Voir dans nos £J««atô de logique (Paris, Ladrange, 1857, in -8^), le morceau intitulé : De la méthode en psychologie.