Introduction, p. lziyu et siut
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p))i^ 4^ P^fç^f to§ ; il n§ f^ut pa$ que sa brièveté fasse illusion ; t^t y ^ f ésumé et condensé, Tétude de Dieu et celle du monde physique, aussi bien que la science de Tâme, et celle-ci est mise à la base de tout le systènoe : non pas, qu'on te r^m^que bien, un seul fait pris au hasard dans son domaine, mais, je le répète, la science de Tâme tout entière. liC dessein de Descartes à cet égard n*a rien de douteux: ni d'obscur ; il Ta développé assez longuement dans les Méditations, dans les Réponses aux objections^ dans les Princi§ies de philosophie. Qu'on relise en particulier les MéditoÂions, et Ton verra qu'il ne se contente pas d'y établir le je pemc, donc je suis, mais qu'avant de s'élancer plus haut, il tient à se rendre compte de sa propre nature. Lit encore il ne donne qu'un résumé de sa doctrine de l'âme ; mais on peut juger du prix qu'il y attache par cette phrase admirable placée au début de la IIP Méditation : a Je fermerai maintenant les yeux, je boucherai mes oreilles, je détournerai tous mes sens, j'effacerai même de ma pensée toutes les images des choses corporelles, ou du moin3, parce qu'à peine cela se peut-il faire, je les réputei*ai comme vaines et comme fausses, et ainsi m' entrertenant seulement moi-même et considérant mon intéri§uir, Jq tâcherai de me rendre peu à peu plus connu et pl^s familier à mol-même. » Au reste, l'histoire nous pré- ^nto un magnifique commentaire de la pensée de De$çartes, dans le développement de son école, dans cette mVà d'écrits sur la connaissance de soi-même, sur la nature de l'homme et sur l'entendement humain, entre laïqpieh il suffit de rappeler les chefs-d'œuvre de Malel^ranche et de Locke. Avant d'arriver à M. de Qiran, il
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faut encore traverser Reid et Kant, pour ne point parler de Condillac, dont l'école a cependant fini par mettre toute la philosophie dans la psychologie, confondue, il est vrai, avec l'analyse des sensations.
M. de Bban partagea d'abord cette matière étroite d'envisager la philosophie ; plus tard ses vues s'étendirent, mais il demeura toujours dans les limites de la psychologie, et là même il ne fit pas à tous les éléments de la nature humaine leur part légitime. A la doctrine exclusive dePhomme-sensation, il opposa la doctrine presque aussi exclusive de Thomme-volonté, et, omettant la raison, Une sut comment expliquer la connaissance des vérités premières, ridée de l'infini et la notion même du devoir. Chose étrange et pourtant incontestable, M. de Biran laissa la morale en dehors de sa philosophie. On ne peut assez s'étonner qu'un esprit aussi pénétrant et aussi consciencieux soit demeuré si longtemps plongé dans l'étude de la volonté, sansjamais se préoccuper sérieusement delà loi de cette volonté. Rien de plus vrai cependant que cet apparent paradoxe. Nul écrit de M. de Biran n'est venu jusqu'ici le démentir, et les Fragments sur les fondements de la morale, que contient le troisième volume de la nouvelle publication, ainsi que l'intéressant avant- propos de M.Marc Debrit, ne prouvent eux-mêmes qu'une chose : l'attachement exclusif de l'auteur à l'analyse psychologique ; ils viennent confirmer une fois de plus les critiques que lui adressait son premier éditeur, M. Cousin, quand il signalait les lacunes de ce système : « La théorie de M. de Biran, disait-il, vraie en elle-même, est profonde, mais étroite. M. de Biran a retrouvé et remis à leur place un ordre réel
de faits entièrement méconnus et effacés ; il a séparé dé la sensation et rétabli dans son indépendance l'activité volontaire et libre qui caractérise la personne humaine. Mais comme épuisé dans ce travail, il ne lui est plus resté assez de force ni de lumière pour rechercher et discerner un autre ordre de phénomènes enfoui sous les deux premiers. »
M. Naville relève à son tour, avec non moins de force que M. Cousin, ce défaut si regrettable de la philosophie de la volonté. Il insiste sur cette double singularité d'une analyse profonde de l'activité humaine qui passe sous silence les motifs de nos actions , et d'une théorie de la connaissance qui rompt avec le sensualisme, sans mettre en lumière les idées et les notions irréductibles à Texpérience. Axiomes, principes de la raison, loi morale, existence de Dieu, vérités nécessaires, l'ordre rationnel tout entier est absent. Comment une philosophie aussi décidément empirique a-t-elle pu devenir chrétienne ?
L'empirisme de M. de Biran, ainsi que le remarque son éditeur, est d'une nature toute spéciale et ne se laisse confondre avec aucun autre. L'auteur de Y Essai appartient encore, il est vrai, à l'école de l'expérience, mais c'est « par les lacunes de sa méthode plus que par sa méthode elle-même. »
En effet, si M. de Biran ne fit pas d'abord à la pensée
une place convenable dans ses analyses, cela ne venait
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pas tant d'un parti pris de nier la raison que d'un sentiment profond de ractivito de Tàme, et du désir d'en établir la réalité au moyen de Texpérience. S'il eut longtemps le tort de rejeter toute distinction entre Tentendement et la volonté, ce n'était pas qu'il voulût supprimer ou atténuer les notions les plus élevées de l'esprit ; c'était plutôt l'exagération d'une vérité trop peu remarquée jusqu'alors, et que M. Naville développe avec une juste complaisance, savoir : que l'activité spontanée de l'àme ne suppose pas nécessairement la pensée, mais qu'au contraire l'intelligence a pour condition indispensable l'activité première dont elle-même n'est qu'une manifestation , soit qu'elle cherche la vérité, soit qu'elle y adhère avec plus ou moins d'énergie. Or, cette préoccupation du rôle de la volonté dans les actes de l'intelligence portait son remède avec elle. Précisément parce qu'il se demandait sans cesse : Que pouvons nous ? M. de Biran devait reconnaître tôt ou tard, comme autrefois les derniers stoïciens, mais d'une autre manière, les limites de notre puissance volontaire. Aussi le voit-on, dès 1813, s'avouer à lui-même que l'attention n'est pas la connaissance , et que Teffort ne crée pas plus les notions que le fait d'ouvrir les yeux ntî crée la lumière. « Ouvrir les yeux de l'esprit, dit-il, les diriger du côté d'où vient la lumière, les tenir fixés sur l'objet, voilà tout ce que nous pouvons, et en quoi consiste la liberté ^ » Dès lors il distingue de plus en plus nettement deux sortes de pensées : d'une part la connaissance proprement dite, qu'il persiste